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Médias : Pourquoi Le Messager a été scellé

28/9/09 – Sandrine Tonlio – Mutations

Mr. Pius Njawe Fondateur du Journal le Messager

Mr. Pius Njawe Fondateur du Journal le Messager

Son promoteur s’en est expliqué vendredi dernier à Douala lors d’un point de presse.

La salle de rédaction du siège du quotidien Le Messager sis à la Rue des écoles à Douala, est scellée depuis le 24 septembre 2009. Des scellés apposés par le service des Impôts, qui réclame plus de 1.400.000 Fcfa au promoteur de la Free Media Group. Lesquels frais représentent trois mois (avril, mai, juin) d’arriérés dus à ce service. C’est pour éclairer le public que Pius Njawe a organisé une conférence de presse vendredi dernier.
«Nous devons 1.401.440 Fcfa aux impôts. A ces frais, il faut ajouter les 19.890 Fcfa de pénalité de retard. C’est une dette que nous reconnaissons et que nous allons payer lorsque nous en aurons les moyens. Nous ne sommes pas des délinquants fiscaux», soutient-il. «Nous avons également des arriérés de salaire. Notre premier souci est de payer nos employés, mais cela ne nous dédouane pas», reconnaît Pius Njawe. Des arriérés de salaire du personnel qui s’élèvent, selon certains agents, à six mois.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette crise que vit actuellement Le messager, explique son directeur de la publication, Pius Njawe. «Les recettes publicitaires ont considérablement chuté dans les entreprises de presse. La presse écrite est devenu un parent pauvre parce que les entreprises trouvent plus d’intérêts à communiquer à la télévision ou à la radio», selon lui. Un calvaire qui est accentué par les exigences des imprimeurs et autres prestataires de services. «Nous sommes obligés de payer cash toutes les dépenses que nous engageons pour le journal», indique Pius Njawe. Les annonceurs ne sont pas en restes. «85 % de nos annonceurs nous font des misères aujourd’hui. Parmi ces mauvais payeurs, il y a l’Etat qui nous doit plus de 12.000.000 Fcfa. Nous avons pratiquement épuisé tous les moyens pour rentrer en possession de ce cachet, sans succès», affirme le patron du Messager.
Une somme que le ministère des Finances doit à la Free Media Group depuis plus de deux ans, selon Pius Njawe.

Ce qui amène ce dernier à penser qu’il est victime d’un acharnement. Car, dit-il, Le Messager a depuis le 1er janvier 2000 payé ses impôts et la somme de 100.000 Fcfa proposée aux agents du Fisc comme avance a été refusée. Et pourtant, Le Messager n’est pas, selon son patron, la seule entreprise camerounaise insolvable avec le fisc. «Alors pourquoi Le Messager ?», interroge-t-il.
Avant d’ajouter, «on a instrumentalisé le Fisc pour décourager Le Messager dans la célébration de ses 30 ans. Mais aucun acte d’intimidation ne nous fera reculer», affirme Pius Njawe. Lequel n’exclut d’ailleurs pas la possibilité de poursuivre les supposés agents des Impôts en justice ; puisque, explique-t-il, les cachets et documents déposés au Messager lors de la pose des scellés portent les mentions «ministère de l’Economie et des Finances» et «Direction des Impôts».




 

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