jean.francois.channon | Le Messager | Jeudi 15 octobre 2009 |
Ce jeudi 15 octobre 2009, dès 9h, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, l’honorable Etong Hilarion reçoit en audience au nom du président de l’auguste chambre, madame Fatoumata Dembele Diarra, vice-présidente de la Cour pénale internationale (Cpi). En visite au Cameroun depuis le début de la semaine, Fatoumata Dembele Diarra a déjà rencontré assez brièvement mardi dernier le président de l’Assemblée nationale Cavaye Yeguié Djibril. Mais, ce dernier qui a justement quitté le Cameroun le même jour à destination de Genève en Suisse où va se tenir la 121e assemblée de l’Union interparlementaire n’a pas eu le temps de s’entretenir avec elle. Celle-ci a néanmoins été reçue en audience par le Premier ministre Yang Philémon avec qui elle a longuement échangé.
De sources bien introduites, la visite de Fatoumata Dembele Diarra, prévue depuis longtemps, pourrait s’apparenter à un véritable pèlerinage. En ce sens que la vice-présidente de la Cpi est venue au pays de Paul Biya formuler une prière : celle de voir le Cameroun devenir membre à part entière. On sait que le pays du regretté patriote Ruben Um Nyobe a signé les statuts de la Cpi mis en place en juillet 1998. Mais jusque-là, il n’a pas encore ratifié le texte qui met en place la compétence de cette instance judiciaire international sur notre pays. « Je suis venue exprimer le souhait de la Cour de voir le Cameroun devenir membre », a expliqué à la presse Fatoumata Dembele Diarra au sortir de l’audience que lui a accordée le Premier ministre camerounais. La vice-présidente de la Cpi a aussi, entre autres, expliqué ce que le Cameroun peut apporter à l’illustre juridiction. Notamment la participation des juristes camerounais au fonctionnement de la Cpi.
« Prudence diplomatique »
On sait que dans le domaine du droit pénal international, le Cameroun compte de nombreux spécialistes. Le fait que le pays que dirige depuis 27 ans Paul Biya ne soit pas encore membre à part entière de la Cpi prive le juristes camerounais d’une possibilité d’apporter leur expertise à l’auguste institution d’une part, et d’autre part à la Cpi de pouvoir en bénéficier. C’est le cas précisément de nombreux avocats camerounais, spécialistes du droit pénal international, qui n’auraient évidemment pas la possibilité d’aller plaider à la Cpi, du fait du manque d’engagement de leur pays vis-à-vis de cette juridiction. Avec le premier vice-président de l’Assemblée nationale, comme ce fut le cas mardi dernier avec le Premier ministre, la vice-présidente de la Cpi va reformuler le vœu de la justice internationale de voir le Cameroun prendre une place de choix en son sein.
Il s’agit donc d’une véritable supplication qu’adresse la Cpi à notre pays. En fait, on ignore jusque-là de manière officielle ce qui fonde les réticences du Cameroun vis-à-vis de la Cpi. Surtout quand on sait que le Cameroun fait partie des rares pays en Afrique qui se proclament comme étant démocratiques à n’avoir pas encore ratifié le texte qui met en place la compétence de la Cpi sur son territoire. Les adversaires du régime du président Paul Biya croient voir en cette attitude une certaine fébrilité des tenants du pouvoir au Cameroun qui craindraient dans un avenir proche ou lointain, de se retrouver devant cette juridiction du fait des différentes exactions qu’ils auraient commises sur le peuple à des niveaux divers.
Un politologue proche du sérail politique que Le Messager a joint au téléphone hier en fin d’après midi, explique : « Il ne faut pas faire des procès d’intention à nos dirigeants actuels. Si le Cameroun était opposé à la Cpi, non seulement il n’aurait pas participé à sa création, mais aussi n’aurait pas accepté de recevoir la vice-présidente qui est actuellement en visite dans notre pays. Dans l’attitude de nos dirigeants, il y a simplement une certaine prudence diplomatique. Le Cameroun est un pays dont les différentes institutions fonctionnent. Le système judiciaire sans être parfait fonctionne. Il y a un code de procédure pénale nouveau dont le pays est entrain d’expérimenter le fonctionnement. Maintenant en temps utile, et la volonté est déjà indiquée, le Cameroun prendra position nous en sommes sûr. »
You must be logged in to post a comment Login