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Justin Blaise Akono | 21 Octobre 2009 | Mutations
Cet acte lui demandant de se présenter devant le juge lui a été servi hier en prison.
«Nous avons aperçu l’ancien ministre Jean Marie Atangana ce matin vers le bureau du régisseur. Il disait qu’il vient de recevoir un mandat d’arrêt. Mais, il n’est pas sorti de la prison aujourd’hui», confie une source à l’intérieur de la prison centrale de Yaoundé Kondengui. Information requise après une autre information selon laquelle l’ancien ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence de la République (Sgpr), arrêté et écroué pour détournement des deniers publics le 1er août 2008 dans le cadre de l’affaire Albatros du nom de l’avion du chef de l’Etat qui devait être acquis, devait «se présenter dans les minutes qui suivent devant le juge d’instruction». Il est alors 9h hier.
Selon l’un des avocats de Jean Marie Atangana Mebara, cet acte fait suite au sixième chef d’inculpation notifié au concerné en fin du mois dernier et dont votre Mutations a fait échos dans sa Une de lundi dernier. En effet, en fin septembre dernier, le juge d’instruction signifie à l’ancien Sgpr un sixième chef d’inculpation. Il s’agit de l’utilisation des fonds destinés à d’autres fins. Sommes estimées à 5 millions de dollars américains, 2,5 milliards Fcfa à l’époque des faits. Argent destiné à l’achat de l’Albatros. Il est accusé d’avoir distrait cet argent avec la complicité de l’ancien ambassadeur du Cameroun à Washington, Jérôme Mendouga en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé Kondengui.
Me Assira, un des avocats de Jean Marie Atangana Mebara est surpris par cette décision. Lorsqu’il sait que celui à qui un huissier de justice a servi hier aux premières heures de la matinée un mandat d’arrêt est à la disposition de la justice.
Rappel
Jean Marie Atangana Mebara qui était attendu dans les bureaux du juge d’instruction n’a pas fait le déplacement. «Ce n’est pas lui qui doit exécuter le mandat. Il y a dû avoir un problème de coordination entre la police, le juge d’instruction et les responsables de la prison qui n’aurait pas été informé puisque le mandat a été servi au concerné lui-même», a expliqué un gardien de prison, le régisseur ayant déjà quitté son bureau.
La semaine dernière déjà, les avocats de Jean-Marie Atangana Mebara avaient créé un incident au bureau du juge d’instruction Pascal Magnanguemabé. Ils avaient estimé que la signification d’un sixième chef d’accusation était une «atteinte aux droits de la défense. Notre client a été piégé. Cette inculpation aurait pu être initiée à l’origine. C’est la goutte d’eau qui déborde le vase. C’est la preuve que ce procès n’est pas équitable», avait alors martelé Me Claude Assira.
En guise de rappel, Les cinq chefs d’accusation avaient déjà été retenus contre Jean-Marie Atangana Mebara. Parmi lesquels un qui concernait la somme de 29 millions de dollars américains, environ 15 milliards Fcfa, versée en août 2001 à Gia International pour l’acquisition en faveur de l’Etat du Cameroun d’un aéronef neuf de marque Boeing Business Jet de deuxième génération (Bbj-2). L’ancien ministre d’Etat est accusé, d’une part, d’avoir fait rompre le “contrat” liant la Camair, qui menait l’opération pour le compte de l’Etat, et la société Gia International, le partenaire de la Camair ; et, d’autre part, d’avoir essayé de recouvrer la somme mise en jeu, “à des fins inavouées”, par le truchement d’Assett Portfolio Management (Apm).
Le second chef d’accusation porte sur une somme de 4 milliards Fcfa appartenant à l’Etat. Il est ici reproché à l’ancien secrétaire général de la Présidence et à “d’autres individus non encore identifiés” d’avoir essayé d’accaparer frauduleusement ladite somme en enjoignant la Société nationale des Hydrocarbures (Snh) de la transférer à la «Standard Chartered Bank Cameroun de New-York en remboursement des créances de Ansett sur la Camair». La troisième affaire met en cause, une nouvelle fois, Jean Marie Atangana Mebara, Patrick Marie Otele Essomba et “d’autres individus” et porte sur 1,5 milliard Fcfa. Cette fois, les prévenus sont accusés d’avoir “obtenu frauduleusement” cette somme virée par la Snh dans le compte de la société Apm. Il est indiqué qu’aucune trace de ce montant n’apparaît dans les livres comptables de la Camair, alors que son déblocage devait servir à payer des loyers de la Camair à Ansett.

© 2009, ↑ Cameroonwebnews.com
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