Propos recueillis par Michel Ferdinand |26/10/09 | Mutations |
Le président de la branche camerounaise de l’association ‘‘Soleil d’espoir’’ parle également de l’assistance aux familles démunies.
Vous avez initié depuis quelques années l’opération dite de la bourse des livres à Bafoussam. En quoi consiste-t-elle ?
La bourse des livres a trois composantes, à savoir l’aide à l’inscription, le don en fournitures scolaires et des consultations médicales en début d’année scolaire. Les deux premières composantes sont réservées aux enfants des familles démunies, sans aucune considération ethnique ou confessionnelle. Ils sont sélectionnés sur la base d’une enquête sociologique. La visite médicale gratuite est ouverte à tous. Elle bénéficie du soutien du centre médico-scolaire. Dans sa nouvelle formulation, la bourse des livres 2009 a adopté le principe de la participation responsable. Désormais, les élèves aidés s’engagent à réussir et à ramener les livres reçus en fin d’année scolaire.
Pourquoi en êtes-vous arrivé là ?
Dans le cadre de l’accompagnement que l’aumônerie des lycées et collèges de Bafoussam propose aux jeunes, l’abbé Etienne Hubert Momo, en écoutant les élèves par rapport à leurs difficultés, avait constaté le manque récurent de fournitures scolaires était souvent évoqué comme cause des échecs scolaires. Une enquête conduite en 2006 à ce sujet révéla, pour le confirmer, que trois cas d’échec sur cinq étaient dus au manque de livres, et parfois de cahiers au lycée bilingue de Bafoussam. Sur un échantillon de 100 élèves 20 seulement avaient tous les livres inscrits au programme. Ceci s’explique par la pauvreté ambiante, accentuée par la baisse des salaires des fonctionnaires et la mévente des produits de rente comme le café, principale source de revenus pour de nombreux parents. Cette explication tient également pour la déperdition scolaire. Sur 100 enfants de moins de 16 ans qui officient dans la vente à la sauvette dans nos rues, 30 n’ont jamais été à l’école et les 70 autres ont interrompu leur scolarité avant ou au Cm2. C’est fort de ce constat que l’abbé Etienne Hubert Momo a sollicité le concours de l’association ‘‘Soleil d’espoir’’ d’Abbeville en France. Elle nous appuie dans les différents volets de nos actions. Le partenariat avec l’aumônerie concerne aussi la salle multimédia, connectée sur Internet pour réduire la fracture numérique qui frappe les pays du Sud.
Votre association a-t-elle les capacités de suivre les élèves bénéficiaires tout au long d’une année scolaire ?
Nous cultivons chez les élèves le culte de l’effort. L’élève qui reçoit un don s’engage à réussir, sinon il s’exclue de lui-même en cas d’échec. En ce moment, nous étudions avec l’aumônier des jeunes la possibilité d’un cours de soutien pour les élèves en difficulté.
Votre appui a-t-il une incidence quant à la réduction du taux de sous-scolarisation à Bafoussam ?
A l’échelle où nous nous trouvons, notre action est comme un grain de sable dans la mer des problèmes scolaires à Bafoussam. Notre présidente, François Duflos [basée en France, Ndlr], souhaite que d’autres bonnes volontés nous emboîtent le pas pour former une chaîne de solidarité autour des enfants démunis en quête de scolarisation. En trois ans de présence au Cameroun, nous avons déjà aidé 300 élèves.
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