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Tentative d’assassinat de Lapiro: L’instruction soustrait le commissaire de la procédure

Par Mathieun Njog  | Mercredi 28 octobre 2009 | Le Messager|

Lapiro de Mbanga - Courtesy le Messager

Lapiro de Mbanga - Courtesy le Messager

L’audience du 8 octobre 2009 de la Chambre correctionnelle du Tribunal de première instance (Tpi) de Mbanga statuant sur l’affaire opposant le ministère public et Lambo Sandjo Pierre Roger à l’inspecteur de police Tchokwi Jean a été renvoyé au 5 novembre 2009 au motif de la constitution du tribunal. Lambo Sandjo Pierre Roger, de son nom d’artiste, Lapiro de Mbanga, entend dans un premier temps obtenir la requalification des faits en «tentative d’homicide volontaire et complicité» comme initialement portée dans la plainte du 24 mars 2008. Plainte dans laquelle Lapiro de Mbanga s’est  constitué partie civile. Les avocats de Lapiro de Mbanga entendent s’atteler à démontrer la différence qu’il y a entre une tentative d’homicide volontaire et une menace sous conditions. De même qu’ils vont démontrer que conformément à la loi, la description des faits correspond à la tentative d’homicide volontaire.

C’est que, dans son ordonnance de renvoi, le juge d’instruction, Mme Angono Sylvie épouse Biwolé indique que, des déclarations de l’inculpé et de tous les témoins entendus, il ressort des dépositions, la constance de l’infraction de menace sous conditions. L’inspecteur Tchokwi Jean, «dans le temps légal des poursuites, avec ordre ou condition, menacé Lambo Sandjo Pierre Roger, même implicitement de violences ou voies de fait», notamment de l’abattre avec son arme au cas où il continuerait de l’injurier. «Par ces motifs dit, les charges suffisantes pesant sur l’inculpé pour les faits spécifiques.», conclut-elle.

Témoignages contradictoires

Dans sa déposition, l’inspecteur Jean Tchokwi oppose aux accusations de Lapiro de Mbanga, l’argument de la provocation que semble soutenir le commissaire de police Assoua Martien, alors que les clients et la tenancière du débit de boissons corroborent les propos du plaignant. Mais l’information judiciaire estime que l’excuse de la provocation que semble évoquer l’inculpé ne saurait prospérer. L’article 302 du code pénal sur lequel s’appuie le juge d’instruction ne l’ayant pas prévu et la réaction de l’inculpé étant disproportionnée par rapport à la nature et l’ampleur de ladite provocation. Si provocation il y a eu.

Les faits remontent en début du mois de mars 2008, lorsque de passage au quartier 12 de Mbanga en compagnie de deux de ses éléments : l’inspecteur Tchokwi et la gardien de la paix Epanlo, le commissaire Essoua Martien s’arrêté dans une buvette où il a trouvé l’artiste en compagnie de plusieurs autres personnes. Pour le Commissaire de police, il s’est arrêté après avoir reconnu un de ses parents passablement saoûl dans une buvette, et voulait le ramener. Mais pour Tchokwi Jean, c’est le commissaire qui l’avait invité à y prendre un pot. Essoua affirme qu’après que Lapiro ait refusé d’offrir une bière à Tchokwi, ils se sont surpris de voir Lapiro vociférer des énormités à l’encontre de l’inspecteur. Ce dernier ayant perdu son sang froid, sort alors son arme et tient tout le monde en respect.

Pour Hélène Wagou, la tenancière du débit de boisson, Siewe Hilaire, l’un des clients et Tita Jéremie, propriétaire d’un garage de mécanique automobile voisin du bar, l’inspecteur Tchokwi a sorti son arme de service à la suite d’une dispute née du refus de Lapiro de Mbanga  d’offrir une bière au policier. Par ailleurs, Lapiro de Mbanga dans sa plainte, pousuivait aussi le commissaire pour complicité. Mais l’instruction  l’a extrait de la procédure pour en faire un simple témoin.




 

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