Simon Pierre ETOUNDI|29/10/2009 |Cameroun Tribune |
Le tissu économique camerounais se remet timidement des secousses subies suite à la crise financière internationale. Les stigmates sont bien perceptibles, aussi bien à l’échelle macro qu’au niveau micro-économique. Pour autant, si le choc subi a été important et les ravages conséquents, tout espoir n’est pas perdu de relancer la machine. Et depuis lors, gouvernants et acteurs économiques au quatre coins du monde cherchent les voies et moyens pour sortir du marasme. Au Cameroun en tout cas, les bases de l’économie ont été sérieusement bousculées, alors même que le pays était en train de se relever à la suite de la longue crise des années 80-90. A la suite de cette dernière, l’ensemble des mesures prises pour surnager, notamment l’encadrement par les institutions de Bretton Woods qui a culminé avec l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE, commençaient déjà à porter des fruits. Et puis patatras, un nouvel avis de tempête sur une économie fragile. Voilà le décor planté.
Et pour se donner des raisons de croire en un avenir radieux, l’économie camerounaise se démène tant bien que mal. L’un des ses combats majeurs étant de garantir un niveau acceptable du pouvoir d’achat des populations. La relance de la consommation étant en permanence la priorité. Il s’agit en effet, d’un élément important de stimulation de la production à travers l’accroissement des revenus des ménages, la création de l’épargne ou encore la stimulation des investissements. Comment faire pour réussir cette véritable croisade ? Le crédit est un instrument qui vaut son pesant d’or. C’est une source de financement des investissements et un instrument pour la création des richesses. Mais au Cameroun, les opportunités d’accès au crédit existent-elles ? Mais, existent-elles dans des proportions suffisantes pour relancer la machine ? Il n’est pas toujours certain que ce soit le cas. Du reste, la circonspection générale qui entoure la question est liée d’une part à la précarité de l’économie nationale et d’autre part à des expériences passées qui ont laissé de nombreux établissements financiers sur le carreau.
Toutefois, on observe une certaine effervescence dans les milieux financiers qui tendent à réinstaller la confiance entre les établissements financiers et les ménages. Il s’agit même d’une véritable opération de charme qui vise à réconcilier les citoyens avec le crédit. Et tous les moyens sont bons pour le convaincre. En tout cas, tout le monde y va de son pouvoir de persuasion aussi bien les banques classiques que les structures de micro-finance qui essaiment aux quatre coins du pays. Cette tendance générale est encouragée par un environnement institutionnel favorable. L’Etat est, en effet, conscient que les crédits à la consommation et au soutien à l’investissement jouent un rôle central au développement de l’activité économique. Toutes les réformes entreprises pendant la crise des années 80 et notamment en ce qui concerne le secteur financier et bancaire, visaient à rendre disponibles des ressources pour stimuler le crédit et dynamiser l’économie. Malheureusement, malgré la surliquidité des banques, elles s’engagent peu. A tout le moins s’engageaient peu. Car, petit à petit elles se montrent plus flexibles. Toute fois la faible pénétration du système bancaire demeure un obstacle au développement des crédits. Mais quoi qu’il est en soit tout le monde s’accorde à dire que quelque chose doit être fait pour changer cet état de choses. En tout cas, malgré tous les aléas possibles, le crédit est au centre de toutes les préoccupations. Particulièrement attentif à toutes mesures susceptibles de contribuer à la relance de la consommation, le gouvernement réfléchit à toutes les hypothèses et envisage même de créer une institution de centralisation des prêts risqués financée ou garantie par les avoirs de réserve de l’Etat à la banque centrale. Pas moins ! On n’y est pas encore et l’économie nationale se démène encore avec les moyens du bord.
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