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Lutte contre la pauvreté: Le gouvernement avoue son échec

Par leopold.chendjou | Lundi 30 novembre 2009 | Le Messager

Yang_Philemon

Exit le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), bonjour le Document de stratégie pour l’emploi et la croissance (DSCE). Le gouvernement de Yang Philémon vient d’adopter un nouveau cadre de lutte contre la pauvreté au Cameroun. Il s’agit du Document de stratégie pour l’emploi et la croissance applicable dès le mois de janvier 2010.  L’ancien plan, élaboré en 2005 a montré ses limites. Selon le gouvernement, le profil général de croissance contenu dans le DSRP est resté en retrait du niveau espéré pour résorber substantiellement la pauvreté. Le nouveau cadre de lutte fait de la création de la richesse c’est-à-dire de l’emploi, un véritable levier pour une croissance économique forte et durable. « Les autorités comptent d’ailleurs s’appuyer sur la création d’emplois pour s’assurer une bonne redistribution des fruits de la croissance ». Le principal reproche fait au DSRP était celui de privilégier les investissements à caractère social, très souvent sans véritable lien avec la croissance économique. Des milliers de salles de classes ont été construites, de même que des dispensaires à coup de milliards, alors même qu’il n’y avait ni instituteurs, ni infirmiers recrutés. Au plan économique, les performances sont restées en deçà des espoirs du gouvernement. Les dépenses qui devaient stimuler les investissements et la création de richesses n’ont pas été effectuées. Avec le nouveau Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE) la priorité est à l’investissement privé, susceptible de créer les emplois et lutter contre le chômage. Cela passe d’abord par la concentration de gros investissements publics dans les secteurs pouvant stimuler les investissements et améliorer la rentabilité des entreprises. Pour le seul secteur énergétique, l’Etat prévoit des investissements de 5853 milliards Fcfa dans les dix prochaines années, en vue de satisfaire la demande nationale et celle des pays voisins tels que le Tchad, la Guinée segments de la filière et le développement des exportations à travers la relance de l’investissement privé. Il s’agit en fait d’une nouvelle stratégie de développement ciblée, visant à améliorer la compétitivité des filières à fort potentiel telles que les hydrocarbures, mines, filières agricole et autres  équatoriale et l’est du Nigeria.

Critiques sur le DSCE

Autres axes choisis, l’attraction des investissements privés étrangers et nationaux. « Pour ce qui est de la politique de promotion de l’investissement privé national, son plan de développement vise en particulier à promouvoir l’accroissement et la diversification de la production, l’amélioration de la compétitivité, l’intégration des différents» peut-on lire dans le document. De la même source, l’on apprend que cette stratégie passe par la mise en œuvre d’une masse critique d’interventions sur les filières identifiées. Pour ce qui est des investissements privés étrangers, il sera question de renforcer les cadres juridiques et fiscaux pour favoriser plus d’incitations.

Pour aussi pertinent qu’il soit, le Document de stratégie pour l’emploi et la croissance (DSCE) présente quelques limites. Si le gouvernement compte faire des grands projets structurants un véritable gisement de création de la richesse, les observateurs ne cachent leurs craintes. De l’avis de ces derniers, ce type d’investissements lourds n’aurait été profitable pour la croissance, que s’il était supporté et pris en charge par des PME locales. Soutenu comme c’est le cas aujourd’hui par le financement extérieur, ils ne seront d’aucun impact réel sur la croissance. Tout comme la question de l’endettement du Cameroun qui est encore bien pendant dans le DSCE.




 

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