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Cacao: l’embellie se fête au Cameroun

Par marie.noelle.guichi  | Jeudi 3 décembre 2009 | Le Messager

cacao_produces
Pourquoi tant d’agitation autour du cacao ? S’est interrogé un journaliste qui, dix jours plus tôt, avait assisté à la célébration de la première édition de la journée nationale du Cacao. Cette fois-là, c’était le ministre du commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, entouré de plusieurs autres membres du gouvernement ou de leurs représentants, qui fêtait le cacao, en présence des certains acteurs de la filière. Dimanche dernier, à Kolbiyeng, c’est le ministre des finances, Essimi Menye, assisté du ministre délégué auprès du vice premier ministre, ministre de l’agriculture et du développement rural, Clémentine Ananga Massina, et tout le gratin politico administratif de la région qui célébraient les vertus du cacao. C’est que, selon tout ce beau monde, le Cameroun a atteint et a même dépassé ses objectifs de production. Ceci, grâce aux mesures de restructuration mises en place et à l’embellie des cours mondiaux. « Et cela se fête », avancent les uns et les autres. Après une longue période noire, caractérisée par la chute drastique des volumes produits et par la baisse de la qualité entraînant une décote sur les marchés internationaux, le cacao camerounais, une des principales mamelles nourricières du pays pendant les années fastes, reprend donc de la saveur. Les chiffres définitifs de la campagne écoulée indiquent que la production de cacao a atteint 205 032 tonnes en cette année 2009, en hausse de 8% par rapport à la campagne 2007/08. C’est la meilleure campagne réalisée depuis le début des années 90 où le secteur a été libéralisé, apprend-on. Dimanche dernier, face aux invités à la fête du cacao dans la Lékié, Ekali Menounga, délégué de la SOCOOPRAV, société coopérative des producteurs de ce département, a reconnu que cette  augmentation de la production cacaoyère du Cameroun a été possible grâce à l’assistance et à la formation des producteurs. Avec une année d’avance, souligne Gérôme Mvondo, le directeur général de la SODECAO le Cameroun a atteint et a dépassé légèrement l’objectif de 200 000 tonnes qu’il s’était fixé pour 2010. Du coup, le pays conforte sa place de cinquième producteur mondial, avec une nouvelle ambition : atteindre une production de 300 000 tonnes en 2015, dira le ministre des finances qui avoue être ce qu’il est aujourd’hui, grâce au cacao dont les retombées sont énormes pour les producteurs qu’étaient ses parents et l’Etat qui a bien voulu lui accorder une bourse d’étude.

Encourager davantage

L’année dernière déjà, des signes de vitalité retrouvée étaient manifestes. SIC Cacao, l’entreprise de transformation de cacao au Cameroun, avait acheté 24 425 tonnes de fèves sur les six premiers mois de la campagne 2008/09, soit une hausse record (31%) par rapport à la même période de l’année précédente.  Pendant ce temps, les exportations de fèves de cacao avaient  progressé de 11,2% d’août à janvier, par rapport à cette même période sur 2007/08, à 147 966 t contre 133 071 tonnes. Avec ces statistiques de production redevenues avantageuses, le Cameroun revient de loin. La production actuelle de 200 000 tonnes est celle que le Cameroun réalisait déjà en 1980 (le Cameroun était alors 4ième producteur mondial). Par la suite, la production cacaoyère avait chuté à 120 000 tonnes pendant ses pires années. Cette embellie, après Clémentine Ananga Messina, est le fuit de mesures de relance prises depuis quelques années dans la filière, tant par les organes faîtiers que par le gouvernement : l’envoi des conseillers agricoles sur le terrain pour encadrer les planteurs, la fourniture gratuite des semences sélectionnées, la relance de la Société de développement de la cacaoculture, les facilités accordées aux fournisseurs d’engrais, la défiscalisation des intrants agricoles pour les rendre accessibles aux paysans, le renforcement du contrôle des opérateurs du segment commercial, la création d’un Fonds de développement financé par les prélèvements à l’exportation, l’incitation des jeunes à la création de nouvelles plantations, la fourniture de plants sélectionnés capables d’offrir des rendements d’une tonne à l’hectare, la protection du verger. Pour encourager davantage les cacaoculteurs de la Lekié, le gouvernement leur a offert du matériel agricole constitué d’atomiseur, de brouettes, de machettes, de pulvérisateurs etc. Un don d’une valeur de 1,5 millions de francs Cfa. Les cinq meilleurs planteurs de la localité ont également été primés par le MINADER et le MINFI. De même que cinq élèves, lauréats de la meilleure dissertation sur les atouts du Cacao dans la Lekié ont reçu de l’argent de Essimi Menye et de la boisson non alcoolisée d’une société brassicole du pays.

Cette année 2009 les prix aux producteurs de cacao au Cameroun sont à leur plus haut niveau en). Ils sont compris entre 1 020 et 1050 F Cfa le kilo, en hausse d’environ 10% par rapport à l’année dernière. Autre indicateur de l’embellie de la filière, l’amélioration progressive de la qualité. La proportion de cacao estampillé hors standard dans la production camerounaise est passée de 71 à 64%. Pourtant, les acteurs de la filière ne se sont toujours pas approprié les exigences de qualité dans la collecte, le traitement et la commercialisation du cacao.




 

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