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Le Togo avertit Paris

cameroonwebnews.com| 8 Décembre 2009| Lejdd.com

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Le Togo a expulsé mardi un diplomate français. Celui-ci est accusé d’avoir noué des liens avec l’opposition au président Gnassingbé, lequel briguera un second mandat en 2010.

Stupeur au Quai d’Orsay. Mardi, le Togo a fait savoir qu’il expulsait de son territoire national le premier secrétaire de l’ambassade de France à Lomé, la capitale du pays. Motif invoqué: des “activités incompatibles avec son statut”. Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères s’étonne de cette accusation, Eric Bosc, le diplomate évincé, n’ayant “jamais outrepassé sa mission faisant preuve d’un grand professionnalisme dans ses contacts avec tous les partis légaux”.

Ce n’est donc pas l’avis des autorités locales. Il faut dire qu’Eric Bosc était chargé par la France, ancienne puissance coloniale de ce pays d’Afrique de l’Ouest, du “suivi de la politique intérieure” au Togo. Or, dans l’optique de l’élection présidentielle de 2010, il était reproché au diplomate d’avoir noué des liens trop étroits avec l’opposition, incarnée par l’ancien ministre de François Mitterrand, Kofi Yamgnane.

“Ça n’a aucun sens”

Le Franco-Togolais, également député socialiste du Finistère de 1997 à 2000, fait figure de challenger numéro 1 au sortant Faure Gnassingbé. Fils de Gnassingbé Eyadema, lui-même au pouvoir depuis 1967, le chef de l’Etat togolais a pris le relais en 2005, à l’issue d’un scrutin présidentiel jugé acceptable par Paris et l’Union européenne, malgré de fortes suspicions de fraudes, et, surtout, des émeutes ayant entraîné la mort d’au moins 500 personnes.

Quoi qu’il en soit, réagissant à cette affaire mardi soir au micro de France Info, Kofi Yamgnane en a conclu que, du côté du pouvoir, “on est passé du ricanement à la prise de conscience du danger et on est passé ensuite à la peur, et de le peur à la panique aujourd’hui”. “Franchement, a-t-il ajouté, aller accuser un diplomate français d’être ami avec un homme politique franco-togolais, ça n’a aucun sens.” De son côté, le Quai d’Orsay a tenté de calmer le jeu: “Nous sommes attachés, comme la communauté internationale, à la stabilité et à la consolidation de la démocratie du Togo, dans la perspective des élections présidentielles de 2010″, a réagi un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.




 

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