Par alain.noah.awana | Jeudi 17 décembre 2009 | Le Messager
L’édition d’octobre 2009 de Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, document produit par le Fonds monétaire internationale (FMI), a été présenté à Yaoundé hier, 16 décembre 2009, par le représentant résident de cette institution au Cameroun. Ce rapport tient compte des développements intervenus jusqu’en septembre 2009. Mais, il projette déjà une croissance économique de l’ordre de 4,1% pour ce qui est de l’année prochaine. De manière globale, le produit intérieur brut (PIB) réel des pays exportateurs de pétroles (Angola, Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, Nigeria et Tchad) connaîtra une croissance de 5,5% tandis que celui des autres pays sera à 3,3%. Ces chiffres sont en augmentation par rapport aux projections de 2009 qui annoncent une variation du PIB de l’ordre de 1,1% seulement. Ce qui veut dire que dès l’année prochaine, la croissance devrait redémarrer en Afrique subsaharienne, à l’image de ce qui est prévu à l’échelle mondiale.
Ce serait en quelque sorte un retour à la normale dans la mesure où l’Afrique subsaharienne, de 2005 à 2008, avait connu une croissance économique de 6% en moyenne (6,2 en 2005 ; 6,4 en 2006 ; 6,9 en 2007 et 5,5 en 2008). Le représentant résident du FMI à Yaoundé, M. Ekué G. Kpodar, explique que cette reprise devrait s’appuyer sur trois principaux facteurs : la reprise du commerce mondiale incluant une reprise des exportations des pays africains au Sud du Sahara, le redressement des cours mondiaux des matières premières et l’augmentation du flux de capitaux de l’étranger vers l’Afrique. Surtout qu’en ce moment, les risques baissiers s’estompent progressivement, même s’ils restent préoccupants.
Cameroun : respecter certains préalables
Pour le cas spécifique du Cameroun, où la récente crise a eu un impact très négatif (le taux de croissance ne devrait pas atteindre les 2%), le représentant résident du FMI estime qu’une économie plus forte est possible si certains préalables sont respectés. Il cite, entre autre : le maintien de la stabilité macro économique, l’amélioration de la gouvernance, l’amélioration de l’environnement des affaires, le renforcement de la qualité de la dépense publique, l’investissement dans le capital humain et la réduction du déficit structurel et énergétique. Ce sont là des recommandations que le FMI émet d’ailleurs à l’encontre des gouvernants camerounais depuis de longues années. Mais, on a l’impression que rien n’est véritablement fait pour booster la croissance dans le pays.
Et M. Ekué G. Kpodar l’a reconnu : « il est vrai que nous le disons depuis des années. Ce n’est pas qu’on ne sait pas. Mais, cela donne l’impression qu’on n’arrive pas à le faire ou alors on ne veut pas le faire ». Les autorités camerounaises en sont également conscientes. Du moins si l’on s’en tient aux justifications de ceux présents autour du représentant résident du FMI hier, en l’occurrence le directeur général de l’économie au MINEPAT, Dieudonné Bondoma Yokono, et le président du comité technique de suivi des programmes économiques, Jean Tchoffo. « Nous sommes tout à fait d’accord avec cela. Mais, il faut observer l’immensité de la tâche », ont-ils expliqué en chœur. Les responsables camerounais présentent par ailleurs les « grands projets » structurants engagés par le Cameroun et les différents programmes mis en place pour atteindre ces objectifs.
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