Par lemessager | Mercredi 13 janvier 2010 | Le Messager

A la question de savoir s’il a hâte de disputer sa première CAN, en Angola?
Oui! C’est une compétition que je vais découvrir pour la première fois de l’intérieur. Plus qu’ailleurs, il y a là une part d’incertitude. Par exemle, on ne sait pas si la logistique sera à la hauteur…On se demande aussi dans quelles conditions seront organisées les rencontres…Mais bon, ça a toujours fait le charme de la CAN.
Ce que Paul Le Guen craint le plus?
Rien en particulier. Je veux surtout que mes joueurs vivent bien ensemble durant le tournoi. J’espère qu’on répondra présent le jour J. J’espère que le stage que nous avons organisé au Kenya depuis le 4 janvier (jusqu’au 10 janvier à Nairobi, ndlr) portera très vite ses fruits.
Ses favoris pour cette CAN?
Je dirais le Ghana, le Gabon…Il y a quatre-cinq équipes favorites pour la victoire finale. C’est vrai que les Ivoiriens possèdent peut-être le meilleur potentiel. Mais c’est vrai aussi que le Cameroun est sur une belle dynamique, après une fin d’éliminatoires du Mondial 2010 réussie. Nous sommes en progression et je sens une réelle volonté de la part des joueurs de faire quelque chose d’intéressant. Je sens mon groupe ambiteux!
L’Afrique, un continent vraiment à part?
Ah oui! La pression du public est différente de ce qui se pratique en Europe. Les gens n’ont pas les moyens financiers de suivre les matchs devant une télévision. Ils sont donc plus nombreux dans le stade, sur la route qui mène au stade, autour de notre bus…La sélection nationale, les « Lions Indomptables », c’est la passion de tout un peuple. Je dirais même qu’elle se situe au-dessus de tout. C’est vraiment une marque à part.
Le football au Cameroun?
Comme partout en Afrique, c’est le sport le plus accessible. Pas besoin d’infrastructures. Un simple terrain vague, un semblant de ballon de foot, et c’est parti! A ce titre, le peuple camerounais est un peu comme le peuple brésilien. tout le monde joue dans la rue, petits et grands. C’est le point de départ de l’identité du football camerounais.
Le temps qu’il a fallu pour s’adapter aux us et coutumes locales?
Pas longtemps. Et puis, je n’avais pas trop le choix non plus. Ceci dit, malgré tout le folklore et les clichés qui collent à la peau de l’Afrique, j’ai dû aussi apporter quelques éléments propres au football pratiqué en Europe. La rigueur, la discipline…Mais sur ces points précis, le plus dur a déjà été fait puisque tous mes joueurs sélectionnés pour cette CAN évoluent dans un championnat européen. Le Cameroun est un fabuleux vivier pour les nombreux recruteurs qui sillonnent le pays. Il y a ainsi au moins un joueur camerounais dans n’importe quel championnat en Europe. A l’Ouest bien évidemment, mais aussi à l’Est de l’Europe, dans des endroits qu’on ne soupçonnerait même pas.
Le Guen croit-il aux pouvoirs des marabouts?
Non! Mais je ne suis pas non plus hermétique à ce genre de coutume. Je sais que de nombreux joueurs africains y sont attachés. Ils y croient. Moi, j’avoue que je n’ai pas été confronté à l’un d’entre eux. Mais ces clichés sont incontournables en Afrique.
Ses rapports avec Samuel Eto’o?
Je ne vais pas détailler mes rapports avec lui dans les médias. C’est entre lui et moi.
Les chances du Cameroun de passer le premier tour de la prochaine Coupe du monde?
Il est encore trop tôt pour en parler. La CAN doit nous servir à nous étalonner, à nous prouver à nous-mêmes que nous avons un réel potentiel.
La CAN, un « laboratoire » pour l’objectif principal, la Coupe du monde en Afrique du Sud…
Je le dis et je le répète, plus qu’une éventuelle victoire en Angola, c’est le comportement de l’équipe qui m’importe le plus. Faisons le maximum durant la CAN, nous aurons alors des repères que nous pourrons utiliser lors du Mondial sud-africain. Pour la CAN, la préparation a été très courte. Avant le premier match contre le Gabon, le 13 janvier, nous n’aurons passé qu’une dizaine de jours ensemble. C’est vraiment très peu…
Le Cameroun, à la Coupe du monde, a-t-il les moyens de passer l’écueil du premier tour?
Les Pays-Bas sont les favoris incontestables. Une fois la CAN achevée, j’étudierai plus en profondeur le jeu du Danemark où il y a beaucoup de talents, mais j’avoue que le Japon reste encore une grande inconnue pour moi. Même si j’ai récolté pas mal d’infos depuis le tirage au sort…En fait, tout dépendra de nous. L’état d’esprit est excellent. Depuis ma prise de fonction, l’équipe est en progrès constant.
Professionnellement parlant, la France vous manque-t-elle?
Non. Je me sens bien ici. Tellement bien, que j’ai prolongé de huit mois mon contrat avec les Lions. Il n’ y a aucun problème!
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