Par lemessager | Jeudi 14 janvier 2010 | Le Messager

Le match a vidé les rues de la capitale économique.
Hier mercredi, 16h45mn, Akwa, le centre commercial de Douala grouille de monde, le trafic est important dans toutes les artères même celles habituellement calmes. A 15 minutes du début de la rencontre opposant la sélection nationale à son homologue gabonaise, c’est le branle-bas. Les retradataires espèrent rallier leur domicile pour ne rien rater du duel. « Excusez-moi, j’étais à la bourre, je ne veux pas rater un seul instant de ce match », explique Emmanuel Mode qui descend à peine d’un bus en provenance de Yaoundé. Le trafic est tellement intense que les feux de signalisation sont débordés par des automobilistes de plus en plus pressés. Même ceux qui snobent habituellement les « cargos » n’hésitent pas à s’y ruer. « Je n’y peux rien maintenant, je dois voir le match chez moi », avoue une dame apparemment dépassée par les événements.
17h00, les rues de Douala se vident progressivement, les véhicules jaunes et les klaxons deviennent de plus en plus rares, les grandes surfaces désemplissent. Inexorablement. Les axes routiers, encombrés il y a un instant, sont maintenant vides. Les décibels tonitruants il y a quelques minutes se font discrets, et, bientôt réduits au silence. « On dirait que la ville est morte », lance une dame face à ce spectacle inhabituel. Les étalages du marché aux puces toujours achalandés à cette heure, sont simplement vides. Où sont partis les occupants ? ceux qui n’ont pas pu trouver un moyen de locomotion se résolvent à trouver un téléviseur pour ne rien louper de la confrontation de Lubango.
Au carrefour Ancien Dalip, dans une grande gargote, plus d’une soixantaine de personnes installées chacune devant une bouteille de bière ou de jus, attendent anxieusement le coup d’envoi. Ceux qui ne peuvent se trouver de l’espace dans les bars et snacks optent pour les vitrines de grandes surfaces pendant que les employés abandonnent (le temps d’un match) leurs rayons pour se regrouper autour d’un poste de télévision. Ici, malgré le manque de convivialité, de confort et au travers des vitrines de grandes enseignes, le public est à l’affût des précieuses images. Toutes les postures sont bonnes, chacun y va de son cru. Les laboratoires de traitement d’images et de photographie sont transformés en de véritables gradins, avec cette ambiance bon enfant, on croirait un virage de stade lors de grandes rencontres.
18h45mn, inopportunément pour les Camerounais de Douala, cette mobilisation et tout ce remue-ménage ont vite cédé à la désillusion, à la déception et au questionnement. Au vu de la réalité qui ne fut hélas ! pas à l’avantage des Lions indomptables du Cameroun dès la 17è minute. Fort heureusement pour ces inconditionnels des Lions, le souvenir de la CAN 2008 est encore frais dans la mémoire collective camerounaise. Pourront-ils réaliser le même sursaut comme il y a deux ans au Ghana ?
Jacques Willy Ntoual
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