Écrit par Claude Tadjon| Mercredi, 27 Janvier| Le Jour
Des poursuites annoncées contre les sociétés-écrans. Les enquêtes en cours sur les 19 milliards Fcfa détournés au bureau extérieur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Beac) à Paris ne devraient pas s’arrêter aux deux interpellations enregistrées jusqu’ici. A savoir, celles de Armand Brice Ndzamba, ancien comptable du bureau extérieur de Paris et Maurice Moutsinga,
ex-directeur de la comptabilité et du contrôle, tous détenus à Libreville dans la capitale gabonaise. Cité par l’hebdomadaire Jeune Afrique, Albert Besse, le ministre centrafricain des Finances et nouveau président du conseil d’administration de la Beac promet des jours sombres contre les personnes impliquées dans ces détournements : « Tous ceux qui seront impliqués dans les détournements seront poursuivis en justice. Ils ont détourné des fonds d’Etats gérés par la Banque centrale qu’ils devront rembourser. Leurs biens seront saisis et vendus dans ce but ». La chasse aux fugitifs s’annonce impitoyable. Interpol, organisation de police internationale comprenant 188 Etats membres est mise à contribution pour la traque des suspects en fuite.
Le nouveau président en exercice de la Cemac, le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou Nguesso, qui a reçu pour mission de veiller aux poursuites contre les personnes qui se sont enrichies frauduleusement dans les détournements à Beac, devra composer avec les enquêteurs de la brigade financière et le juge d’instruction français qui poursuivent les investigations à la suite des plaintes contre X déposées en 2009 auprès du parquet de Paris par l’ancien gouverneur de la Beac. Le nouveau président exécutif de la Cemac devra aussi suivre les opérations de saisies conservatoires annoncées dans le cadre de ces enquêtes.
La dernière édition de l’hebdomadaire Jeune Afrique annonce des audits et des enquêtes « additionnelles », bientôt lancées pour débusquer toutes les complicités dans ce scandale financier. Les investigations pourraient s’élargir aux membres du gouvernement de la banque centrale encore en fonction et même ceux qui ne le sont plus. Le même journal révèle que « les futures investigations pourraient s’intéresser à l’identité des véritables actionnaires des sociétés-écrans destinataires des fonds détournés ». Des noms de ces sociétés sont même avancés : Ruby export, Smar-trade Company, Tfce…Des comptes seront aussi demandés aux entreprises qui ont profité des marchés attribués par la Beac à des conditions plus que favorables.
Le communiqué final du sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale qui s’est tenu à Bangui en République centrafricaine du 15 au 17 janvier dernier n’exclue d’ailleurs pas des ennuis judiciaires contre l’ex-gouverneur, le Gabonais Philibert Andzembé et le vice-gouverneur, le Congolais Rigobert Roger Andely licenciés dans des conditions plus que désavantageuses : « sans indemnités et sans préjudice des autres poursuites ». Le Fonds monétaire international suit de près l’évolution de ces enquêtes.
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