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Bousculades à l’Ecole de police de Yaoundé

Par christian.tchapmi | Jeudi 28 janvier 2010 | Le Message

« Gars tu sors du four ? Tu transpires comme un sprinteur. Que se passe- t-il là bas dedans ? On te poursuivait seulement  ou alors tu livrais un combat ?» Série de question posée par un jeune homme à son ami qui sort de l’Ecole nationale supérieure de police, le torse trempé de sueur et une égratignure à la paume de la main. Et ce dernier de répondre le sourire aux lèvres, « J’ai réussi certes. Mais pour voir mon nom, j’ai vu le feu. Je préfère que toi-même tu ailles y jeter un coup d’œil, si jamais tu as la chance d’en ressortir indemne ». C’est que quelques minutes seulement après avoir affiché les listes des candidats admis au concours de police hier mercredi 27 janvier 2010, une marée humaine a investi l’enceinte de cette école tant « convoitée » ; bloquant ainsi l’accès principal qui conduit aux bureaux des autorités de ladite école.  Même les usagers qui souhaitaient stationner au parking situé à l’arrière de la place des fêtes, ont du rebrousser chemin devant une telle affluence. Environ 1000, 2000 personnes, voire un peu plus. Tous des candidats qui ont présenté aux mois de mars, avril et mai 2009, le concours direct de la police dans les catégories de commissaire de police, et officier de police, inspecteur, gardien de la paix

Malheureusement, ces candidats ont peiné pour voir si leurs noms figuraient bel et bien sur les listes affichées. Surtout celles des inspecteurs de police qui visiblement présentaient le plus grand nombre d’admis (plus de 300 Ndlr). Il fallait avoir une stature physique imposante pour avoir la chance de lorgner deux ou trois noms inscrits sur ces listes. La preuve, bousculades, engueulades, piétinements et prises de becs ont aussitôt gagné les débats. Pendant de longues heures, les candidats ont sué à grosses gouttes, subjugués par la chaleur suffocante qu’il faisait et le pressing houspillant que leur infligeait ceux restés dans les derniers rangs. Dans l’espoir que les personnes qui étaient à bonne distance des listes leur offriraient le « salut », certains candidats lançaient des phrases du genre « tu as vu mon nom ? Pardon regarde bien. Ça commence par S». Dans la mêlée, d’aucuns ont malencontreusement reçu des coups de coudes au visage, d’autres à la tête. La bataille était rude. Il s’en est fallu de peu pour qu’on frôle la catastrophe. Car beaucoup ont dû grimper sur le dos de leurs camarades pour avoir une bonne vue des listes. Blasés par le spectacle qui se déroulait devant eux, certains candidats ont préféré prendre une sieste sous les palétuviers.

Inculpations

Pourtant, cette situation aurait pu être évitée si les responsables chargés de l’affichage avaient multiplié les listes. Cela aurait, estiment les candidats, rendu les choses plus faciles. Ces derniers pensent comme beaucoup d’autres observateurs, qu’en faisant des photocopies de ces listes, ils n’auraient pas passé toute la matinée sous cette canicule, à attendre en vain que la foule qui prenait du volume au fur et à mesure que le temps passait diminue. Une accusation qui semble fondée au regard de tous les écarts de comportements que ces listes ont drainés.  Malgré tout cela, on a pu quand même voir des candidats qui célébraient la joie de pouvoir bientôt porter des galons, pendant que d’autres coulaient des larmes et maudissaient le Cameroun et le corps de la police dont ils disent gangrenés par la corruption. « Ce pays est vraiment pourri. Des gens dont je sais qu’ils n’ont jamais composé, leurs noms sont marqués là en noir sur blanc. C’est dire à quel point la corruption dont ont dit combattre avec la dernière énergie ne finira jamais dans ce pays », s’indigne un candidat choqué d’avoir consenti tant d’efforts pour rien.




 

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