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Affaire chantier naval : Zacchaeüs Forjindam accusé de fabrication de fausses pièces

Écrit par Théodore Tchopa| Jeudi, 04 Février 2010| Le Jour

Une pièce de banque et un protocole d’accord signé entre le Chantier naval et industriel du Cameroun et la société Jene Gray ont alimenté une vive polémique lors de l’audience d’hier.
Zacchaeüs Mungwe Forjindam s’est-il fait délivrer de fausses pièces pour soutenir sa défense dans le procès…

qui l’oppose actuellement à l’Etat du Cameroun et au Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic)? Les avocats du Chantier naval qui s’est constitué partie civile dans cette affaire, ont répondu par l’affirmative lors de l’audience d’hier à l’annexe du Tribunal de grande instance (Tgi) du Wouri à Bonanjo. Du coup, il s’en est suivi une vive polémique, les différentes parties ne parvenant pas à s’entendre sur l’authenticité et le caractère légal de ces documents. Les pièces remises en cause sont une pièce de banque ainsi que le protocole d’accord signé entre la société Jene Gray Sarl et le Chantier naval et certifiés conformes en date du 16 juin 2009. A ce moment, l’ex Dg du Cnic, Zacchaeüs Forjindam était déjà privé de sa liberté, s’est étonnée l’accusation qui semble ne pas comprendre comment la certification de telles pièces a été possible. Surtout que, argue le ministère public, « celle-ci est censée être une pièce du Cnic (…) C’est le Cnic qui détient cette pièce qui plus est certifiée le 16 juin 2009 par Timothée Zang Ze, officier de police 2ème grade en service au commissariat central N° 1 à Bonanjo ».

Le 06 mai 2009, le sieur Nouhala Julius directeur de la société Jene Gray spécialisée dans les prestations de services relevant du commerce général, requiert les offices d’un expert en fiscalité pour le compte du Cnic. A l’époque, le Chantier naval est redevable à la Direction générale des impôts et sa dette est évaluée à environ 4 milliards de francs Cfa. Le travail entrepris par le prestataire au cours des exercices 1998/1999, 1999/2000 et 2000/2001 permettra au Cnic d’éponger les trois quarts de la dette qui sera réduite à un milliard de francs Cfa, à en croire la défense. Me Ebah de la partie civile s’étonne de ce que ce Nouhala qui devrait percevoir les 2% du montant sus évoqué, réside à Bamenda et non à Douala. Il doute également que ce conseil fiscal soit agréé. Le représentant de l’Etat du Cameroun pour sa part, observe que le N° du commissariat où a été certifiée la pièce querellée n’apparaît pas sur le document. Me Ebah en conclut que « cette pièce a été fabriquée pour les besoins de la cause ».

Aussi l’accusation demande-t-elle au tribunal d’ordonner que la défense produise les originaux de ces pièces. Car « cette pièce a été faite sur la base d’un faux, c’est un apocryphe », note le ministère public. En face, la défense soutient mordicus que « cette pièce a été faite au vu des originaux et nous n’avons jamais requis le Chantier naval pour la production desdits originaux », argue Me Baombe. Lundi 8 février prochain, les débats risquent d’être encore plus houleux voire corsés si tant est que la défense est attendue ce jour-là avec les originaux requis et au besoin, les noms de ceux ayant facilité l’obtention des originaux ayant servi à la fabrication des copies certifiés conformes.




 

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