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Cancer : En Afrique, 26% de cas sont dus aux infections chroniques

Écrit par Rosine Nana Motio| Lundi, 08 Février 2010| Le  Jour

Luis G. Sambo, le directeur régional de l’Oms pour l’Afrique en a fait la révélation à l’occasion de la journée mondiale de cette pathologie. Prévenir le cancer, c’est aussi possible ». C’est sous ce thème qu’a été célébrée la  journée mondiale du cancer le 04 février dernier. Cette année, l’Organisation mondiale de la santé (Oms)…

a choisi de délivrer un message sur l es causes du cancer et la prévalence de cette maladie en Afrique. Selon le Dr Luis G. Sambo, directeur pour l’Afrique de cette institution, « le tabac est la plus grande cause évitable  de cancer connue de l’homme et est responsable de près de 30% de décès par cancer dans le monde ». Selon les estimations de l’Oms, « à l’échelle mondiale, environ 30% à 40% de tous les cancers sont liés à une alimentation peu saine, à l’inactivité physique et aux affections associées à l’obésité ». Il est précisé par ailleurs que « l’usage nocif de l’alcool est un autre grand facteur de risque du cancer. Ainsi, de nombreux cancers humains sont causés par des infections virales, bactériennes ou parasitaires persistantes. La mise en œuvre de mesures préventives appropriées, dont la prévention du Vih, la vaccination contre l’hépatite B et contre le virus du papillome humain (Vph) réduisent respectivement les risques de cancer du foie et du col de l’utérus. Autre part, le traitement précoce et efficace à hélicobacter pylori et de la schistosomiase contribue à réduire les cancers de l’estomac et de la vessie».

Le cancer est une maladie  caractérisée par une prolifération cellulaire  anormale et anomique au sein d’un tissu  normal de l’organisme. Ces cellules dérivent toutes d’un même clone, cellule initiatrice du cancer, qui a acquis certaines caractéristiques lui permettant de se diviser indéfiniment. Au cours de l’évolution de la maladie, certaines cellules peuvent migrer de leur lieu de production et former des métastases. Du fait d’une image négative sur le pronostic auprès du public, le cancer a de nombreux synonymes employés par les médecins : tumeur maligne, néoplasie, néoplasme, polymitose, carcinome. Certains termes sont plus répandus dans la langue populaire : tumeur, crabe…

Dr Paul Ndom : « Au Cameroun, 95% de femmes dépistées sont atteintes de cancer »

En marge de la journée mondiale du cancer célébrée le 04 février dernier, l’oncologue   et président de l’Ong Sochimio, une association nationale de lutte contre le cancer,  dresse l’état des lieux de la maladie au Cameroun.

Pouvez-vous nous parler de la prévalence du cancer au Cameroun ?
Le cancer au Cameroun est un problème de santé public. D’après les études que nous avons menées, nous enregistrons 12000 nouveaux cas par an dans notre pays. Il se présente comme une pathologie qui n’épargne personne. S’il est vrai que 26% des cancers en Afrique sont causés par des infections chroniques, il faut aussi dire que les prédispositions génétiques y jouent un rôle important. D’ailleurs, c’est même la tendance la plus répandue. Si une femme a le cancer du sein, les chances que ses descendants le développent aussi plus tard sont très élevées. Il faut donc toujours consulter lorsqu’on ressent un mal inhabituel car plus de 80% des malades viennent tard à nous, au stade où nous ne pouvons plus guérir la maladie. Au Cameroun, les 2/3 des cancers que nous enregistrons surviennent chez les femmes. On enregistre 3 à 5% des cancers chez les hommes contre 95% chez la femme. Elles sont les seules à  souffrir du cancer du sein, du col de l’utérus et de l’ovaire. Au niveau de notre Ong (Sochimio), nous avons mené une étude où nous avons énuméré les différents cancers que l’on retrouve à Yaoundé. En un an, c’est-à-dire en 2008, nous avons enregistré 587 cancers. Le service d’oncologie médicale dans la même année a enregistré 745 cas. En tant que spécialiste de cette maladie, je pense que c’est énorme pour une ville comme Yaoundé et un pays comme le nôtre.  A cette allure, on annonce 16 millions de cas de cancer dans le monde avec  65% de cas dans les pays sous-développés en 2020.

Comment se fait la sensibilisation?
Dans le comité de lutte contre le cancer, nous essayons de faire comprendre aux gens les risques et les dangers de cette maladie. Au sein de notre Ong, la sensibilisation commence par l’éducation. Nous invitons les  personnes apparemment bien portantes ainsi que les malades à passer dans notre centre d’écoute, d’information et d’éducation. Là-bas, il s’agit de les mettre au courant des signes qui permettent de reconnaître, prévenir la maladie, de savoir quelles sont les différentes  causes du cancer,  le genre de traitement qu’il faut suivre. Ces séances de communication ont lieu tous les derniers mercredis du mois. Nous nous rapprochons également des présidents d’association afin de sensibiliser les malades qui ne peuvent pas se déplacer. Nous utilisons également les médias pour passer nos messages. Nous sommes convaincus qu’un cancer dépisté tôt peut faire l’objet d’un meilleur traitement

Quelles est la conduite à tenir pour éviter le cancer ?
La lutte contre le cancer consiste d’abord à combattre l’ignorance, car lorsqu’on ne sait pas ce que c’est que le cancer, comment on le soigne, où aller lorsqu’on en est atteint, lorsqu’on n’a pas les moyens de se soigner, c’est encore plus difficile. Le gouvernement devrait donner des moyens aux associations qui luttent contre le cancer pour limiter ce taux de prévalence  dans les localités où il n’y a pas de centre de dépistage et de spécialistes, à l’exemple du grand nord. Nous invitons les Camerounais à se rendre aux séances d’éducation, d’information et de communication.




 

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