Patricia Ngo Ngouem | Mardi, 16 Février 2010| Mutations
Ce site est dédié à l’ancien Minsanté, en détention provisoire pour détournement de deniers publics.
Seule la justice camerounaise dira si l’ancien ministre de la Santé publique (Minsanté) Urbain Olanguena Awono – poursuivi avec certains de ses anciens collaborateurs dans le cadre du détournement de deniers public alloués à la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose – s’il est coupable ou innocent. Mais sans attendre le verdict de la cour, le site Internet www.justicecameroun.com a tranché. Pour ce site Web, l’ancien Minsanté n’est plus ni moins que «victime d’une injustice». Initié par «un groupe de partisans de la manifestation de la vérité et à l’expression de la justice» dans le cadre du procès opposant le ministère public à Urbain Olanguena et autres, comme on peut le lire dans la rubrique «Qui sommes-nous ?», cette plateforme numérique qui a su marier les couleurs (vert et orange) dit voir dans ce procès, «l’abus de fonction qui se manifeste à travers» cette affaire.
Toutefois, impossible d’identifier lesdits «partisans», aucune information n’ayant été mise en ligne à cet effet. En lisant «La lettre de l’éditeur», l’on serait tenté d’imputer les propos qui sont rapportés dans ce site à l’ancien Minsanté quand on lit : «Mes collaborateurs accusés, ni moi-même, nous ne sommes coupables de rien. Aucun dollar, aucun euro, aucun centime de franc Cfa, mis à notre disposition par les partenaires internationaux ou par notre gouvernement, n’a été détourné. Tout a été géré dans la transparence requise, dans l’intérêt de santé publique». Seulement, faute de signature à la fin du texte, l’on peut émettre des doutes quant à l’authenticité de ces propos.
Mais, selon les auteurs, justicecameroun.com a été créé pour «informer» le public sur cette affaire, question de parer à tout «risque que la justice ne soit instrumentalisée, ou au pire, intimidée, et que les médias soient manipulés dans le cadre» de ce procès. Raison pour laquelle, écrivent-ils, il fallait «mettre en place un instrument d’information au service d’un public avide de la bonne et de la juste information sur le déroulement de ce procès», afin de «prendre l’opinion publique nationale et internationale». Mais surtout, pour que justice soit rendue aux innocents. C’est cette phrase, «Justice aux innocents du Cameroun», qui accueille le visiteur une fois qu’il ouvre le site.
Même si certains pourront voir à travers ce site, un instrument à la solde de l’ancien Minsanté, reste que justicecameroun.com regorge d’informations sur ce procès et sur les protagonistes. En effet, à travers la rubrique «Bibliographie», l’internaute peut apprendre sur la vie d’Urbain Olanguena Awono et celle de certains de ses coaccusés, notamment Maurice Fezeu, l’ancien secrétaire permanent du Comité national de lutte contre le sida (Cnls) ou encore le Dr Hubert Wang, l’ancien secrétaire permanent du Comité national de lutte contre la tuberculose. En outre, l’on peut suivre le procès étape par étape sans se rendre au tribunal, le site exposant «tout au long du procès (où les débats, en principe, seront publics), les arguments de l’accusation et les contre arguments de la défense».
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