Georges Alain Boyomo | Lundi 22 février 2010| Mutations|

Le comité central du parti entérine sa «présidence à vie» et lui accorde des pouvoirs étendus.
Sur convocation du président national de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (Undp), les 200 membres du comité central de cette formation politique se sont réunis samedi dernier à Yaoundé.
Deux principaux points étaient inscrits à l’ordre du jour des travaux : la relecture des statuts et du règlement intérieur ainsi que l’évaluation des opérations de renouvellement des organes de base de ce parti, lesquelles ont démarré en 2008.
Lorsqu’on épluche les nouveaux statuts, adoptés par le Congrès de Bertoua, le 21 janvier 2007, modifiés dans un premier temps par le comité central à Yaoundé le 2 mars 2008 et dans un second temps par le même comité samedi dernier, il ressort que Bello Bouba Maïgari, le président national de ce parti a fait reconduire la disposition qui lui garantit quasiment un bail à vie à la tête de l’Undp.
Il est ainsi élu par le Congrès «pour un mandat de cinq ans, renouvelable». Au niveau de la communication du parti, l’on révèle que cela a toujours été ainsi, tout en précisant que le bail du président national court jusqu’en 2012, car il a été réélu en 2007 au congrès de Bertoua, mais des sources soutiennent que des réticences à cette disposition se sont toujours exprimées.
En outre, s’il est clairement indiqué dans les nouveaux statuts que «le congrès est l’instance suprême du parti» et qu’il est «souverain», on ne peut s’empêcher de remarquer que le président national s’en tire avec une marge de manœuvre plus qu’étendue. Il reviendra désormais à Bello Bouba Maïgari de nommer les coordonnateurs régionaux du parti, qui étaient jusque-là élus, pour un mandat d’un an renouvelable.
Décentralisation
«Le président national a constaté que certaines coordinations régionales étaient faibles et qu’elles ne tenaient pas régulièrement leurs réunions de coordination», invoque t-on.
Par ailleurs, l’alinéa 5 de l’article 10 des statuts adoptés dispose que le congrès élit, au scrutin de liste, sur proposition du président national, 170 membres du comité central. Le même président national est chargé de nommer les 30 autres membres de ce comité. A l’alinéa 6, il transparaît également que le congrès élit les 200 membres du conseil national, sur proposition du président national, pour un mandat de cinq ans renouvelables. C’est également le président national qui fixent la liste des délégués au congrès, nomme le secrétaire général et fixe ses attributions, nomme les secrétaires nationaux et le trésorier général du comité central ainsi que leurs adjoints et fixe leurs attributions.
Malgré l’ordre du jour déterminé par le président national, certains membres du comité central de l’Undp ont exigé au cours des travaux de samedi dernier qu’un point sur l’évaluation de la plate-forme entre l’Undp et le Rdpc y soit introduit. Ce à quoi, Bello Bouba Maïgari a opposé une fin de non recevoir. Prétextant que cet aspect sera débattu au mois de mai prochain à la faveur d’une réunion qui permettra également au «parti de l’unité, de la liberté et de la justice» d’arrêter sa position sur la prochaine élection présidentielle. «Le président national a dit qu’on ne peut pas encore discuter de la plate-forme avec le Rdpc tant que les opérations de renouvellement des organes de base ne sont pas terminées. Il a précisé que le parti doit d’abord renforcer sa structuration. Après quoi, nous pourrons parler de cette plate-forme et de la stratégie du parti pour les prochaines échéances électorales», fait savoir un participant aux travaux. Après la tenue de la réunion du comité central samedi, les 11 maires de l’Undp ont pris part à un séminaire hier au siège du parti. Il était question de les édifier sur le contexte et les enjeux de la décentralisation.
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