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Port autonome de Douala : Les nationaux veulent des actions dans les concessions

Jeanine FANKAM| Lundi 22 février 2010| CAmeroun Tribune|

Le besoin a été exprimé la semaine dernière au cours d’une rencontre entre l’Autorité portuaire nationale et les transitaires.

Les échanges entre les transitaires (un maillon important du secteur portuaire) et une mission de l’Autorité portuaire nationale, conduite par Josué Youmba, ont pris mercredi dernier dans les locaux du Port autonome de Douala (PAD), les allures du déballage. Les premiers avaient visiblement un ras-le-bol à exprimer et ils ne sont pas passé par quatre chemins pour dénoncer les tracasseries et les abus qu’ils vivent au quotidien. D’abord les pillages. Les transitaires affirment que la situation est telle que personne n’y échappe. Plus grave, ils soutiennent que les administrations chargées de garantir la sécurité des personnes et des biens se rendent complices. Fouda, l’un des transitaires raconte le manège : « les cambrioleurs s’introduisent dans les navires, opèrent, puis sécurisent le butin dans un sac ou carton. Le signe est fait aux forces de l’ordre de service (leurs acolytes), lesquelles arrivent avec leurs voitures, enlèvent le butin, mettent les voleurs torse nu et les embarquent au poste ». Un jeu de dupe, explique l’orateur. Une manœuvre bien conçue pour faciliter la sortie des produits volés avec la complicité de ceux qui sont chargés de faire régner la sécurité !

Un autre concessionnaire raconte son cas : il a organisé l’arrestation d’une bande qui a dépouillé son camion de son module, une pièce qui fait fonctionner le moteur. Les voleurs sont conduits au poste de sécurité. C’est là que l’opérateur portuaire se rend compte que c’est lui qui est ridicule. « Pour me protéger, dit-il, je suis obligé d’offrir le pot à tout le monde, y compris à ceux qui viennent de me causer du tort ». « Le port ? Le même voleur y est arrêté mille fois », conclut le transitaire avant d’implorer Josué Youmba, le DG de l’APN de faire quelque chose dans le sens de mieux le sécuriser.

Autre sujet où les acteurs portuaires demandent la justice, c’est l’ouverture du capital des concessions aux nationaux au Port autonome de Douala. Jusqu’ici, seuls les étrangers y ont droit par des traités taxés d’illégaux. Tout le monde a reconnu que c’est une revendication légitime et Josué Youmba a promis que des réflexions seront faites dans ce sens.

Douala International Transit (DIT) a été cité par les transitaires comme une source d’ennuis et de désagréments à l’infini. Difficile de sortir un conteneur au port dans un délai acceptable. Des subterfuges sont multipliés, décrie-t-on, pour faire payer des pénalités. D’ailleurs, les transitaires dénoncent les coûts de la manutention ici, lesquels sont le double du prix de transport de la marchandise de son pays d’embarquement jusqu’à Douala. La DIT, une muraille infranchissable au PAD. Ce qui est scandaleux, c’est que tout se passe comme s’il n’y a personne pour ramener ses responsables à l’ordre et lui rappeler son cahier de charges, lance encore Fouda. Le DIT est le concessionnaire qui gère les débarquements et les embarquements des navires au PAD. Il est reconnu néanmoins que ce concessionnaire a apporté des techniques modernes au port, par exemple celles de repérage du navire. Josué Youmba pense l’une des solutions aux problèmes posés serait d’envisager l’audit des concessions, corriger ce qu’il y a lieu d’être en considérant le nouvel environnement économique.
 

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