Pierre Célestin Atangana | Jeudi 25 février 2010| Mutations|
La qualité de l’eau distribuée par les sapeurs pompiers inquiète des populations résignées.
Ce matin, la caravane est stationnée au point de ravitaillement de Nlongkak. A 11 heures, le capitaine des sapeurs pompiers, chargé de conduire les opérations de distribution d’eau sur le terrain, commence à s’impatienter. “Il est déjà 11 heures et on a encore rien fait”, s’inquiète-t-il. A 11 heures 10, l’équipe de la communauté urbaine de Yaoundé arrive, suivie quelques temps après de celle de la police.
Le capitaine pousse un ouf de soulagement, mais reste inquiet quant au retard pris par les opérations en ce jour. “Nous avons des contraintes dans nos différents services en matinée, c’est pourquoi nous arrivons avec quelques instants de retard”, explique Alain OPono de la Communauté urbaine.
L’agent de la Camerounaise des eaux (Cde), présent sur les lieux, s’active pour désinfecter les citernes avant leur chargement. Conciliabules, apartés, explications, derniers réglages, la caravane de distribution peut enfin s’ébranler vers le quartier Carrière. Sur la route, le capitaine, chef des opérations, se rassure de la présence de tous les acteurs du cortège.
Arrivés sur les lieux, le déploiement des camions de distribution s’effectue rapidement. Avant qu’ils ne se mettent à leurs postes, les populations accourent, les mains chargées de tout type de récipients. Marmites, bidons, seaux, fûts et bouteilles plastiques, etc. Bref, tout est bon pour l’approvisionnement, surtout que cela faisait deux semaines que le rationnement n’était pas arrivé dans le quartier. “Ils nous surprennent chaque fois”, lance une résidente du quartier. Cet effet de surprise est la résultante de l’absence de chronogramme de distribution, liée selon l’agent de Cde présent sur les lieux, à divers aléas. “Pour l’instant on ne peut pas arrêter un calendrier définitif de distribution de l’eau, parce que la production maximale de la station d’Akomnyada n’est pas garantie. Nous ne pouvons distribuer que ce que nous avons; et il faut savoir que le niveau d’eau du Nyong ne permet d’approvisionner tous les quartiers de la ville. Le calendrier que nous avons actuellement est un calendrier que nous exploitons pour nos besoins”, indique l’agent du contrôle et de la qualité de Cde. La disponibilité du produit est aussi rendue difficile à cause de l’insuffisance des véhicules de distribution.
Pour l’instant, la ville est couverte par deux véhicules de la Communauté urbaine de Yaoundé de 10 et 15m3, trois des sapeurs pompiers soit deux de 6m3 et un 13m3, et deux citernes de la police de 6m3 chacune. “En dehors des citernes de la police, nous avons une capacité quotidienne de 63 m3. Malheureusement, un de nos camions a fait un accident lundi à Messassi, ce qui réduit la contenance globale de nos citernes à 57 m3″, souligne le capitaine des sapeurs pompiers. Il poursuit en indiquant qu’une ville doit disposer d’un réseau d’eau courante qui alimente les ménages, et d’un réseau d’incendie. “Yaoundé n’a qu’un seul réseau, c’est pourquoi les bouches d’incendie sont branchés sur le réseau eau courante”.
Si la disponibilité du produit suscite des inquiétudes, sa qualité reste cependant une source de préoccupation. Les populations mettent à l’index l’état des camions de la Communauté urbaine, dont l’un présente une allure physique qui déconcerte.
“Les remarques des populations sont pertinentes. Mais elles doivent savoir que les camions ont été désinfectés aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Avant le début du rationnement, nous avons désinfecté les véhicules pendant 24 heures, et, tous les matins, on les désinfecte avant leur chargement avec du chlore”, explique l’agent du service du contrôle et de la qualité de Cde. Pour lui, la qualité de l’eau ne devrait pas poser de problème dans la mesure où, les récipients qui servent à recueillir la denrée sont insalubres. “Le chlore que nous mettons dans l’eau limite les risques de maladie, prolonge la durée de vie de l’eau, et neutralise les poussières, parce qu’on fait la distribution en plein air. Nous donnons aussi des conseils aux populations pour leur indiquer la manière de conserver l’eau”. Le service de rationnement de l’eau pourrait connaître des améliorations si l’on en croit les responsables de la communauté urbaine. D’après eux, de nouveaux véhicules de distribution seront mis en service pour densifier les opérations. Ce qui permettra à tous les quartiers d’être approvisionnés au moins deux ou trois fois par semaine.
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