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Raphaël Chenuil-Hazan : « Le cas Ahmadou Ahidjo est assez inédit»

Écrit par Fabien Essiane à Genève| Vendredi, 26 Février 2010 Le Jour

Le secrétaire exécutif de la coalition contre la peine de mort parle du cas du premier président de la République du Cameroun.

Le secrétaire exécutif de la coalition contre la peine de mort parle du cas du premier président de la République du Cameroun.

Croyez-vous en votre combat contre la peine de mort ?

Il le faut. Je ne serai pas à la tête de cette organisation si je n’y croyais pas à ce combat.  Ce combat juste pour l’humanité. Juste pour le monde entier et juste pour l’Afrique.

Que fait votre organisation face à ce qui se passe aux Etats Unis d’Amérique ?

Pour nous c’est un combat important, bien que ce ne soit pas le pays qui condamne et exécute le plus au monde. Son exemple est d’autant plus patent, parce que c’est un des pays les plus démocratiques au monde. Contrairement aux autres pays qui ne sont pas démocratique et qui pratiquent la peine de mort comme en Asie et au Proche Orient. Ce qui paraît curieux c’est le faite qu’on puisse encore dire aujourd’hui, qu’il y a des démocraties qui exécutent des personnes. C’est intolérable. Donc, le combat américain va dans ce sens c’est-à-dire de la démocratie pour plus d’humanité. Mais les débats sur la peine de mort ont évolué ces cent dernières années.

En Afrique, la peine de mort est encore pratiquée par plusieurs pays. Cette situation vous paraît-elle préoccupante ?

Bien sûr. L’Afrique est un continent moteur pour nous sur la thématique de l’abolition de la peine de mort.  De plus en plus de pays africain abolissent la peine de mort. Nombreux d’entre eux sont des abolitionnistes de fait, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas changé leur constitution mais ils n’exécutent plus. Et pour nous, c’est un succès important. Malgré tout, il reste quelques exceptions, et c’est exceptions, on les trouve aujourd’hui principalement, en Ouganda et au Soudan, mais pour le reste de l’Afrique, on a espoir. En termes de droits de l’homme l’Afrique travail de plus en plus. Ç’a été un continent meurtri par l’esclavage, la colonisation et la néo colonisation. Je suis fier de ce qui est fait là-bas. Au niveau de l’Union Africaine, les questions de la peine de mort sont régulièrement discutées.

Au Cameroun, un cas assez particuliers reste sans réponse. Le cas de l’ex chef de l’Etat Ahmadou Ahidjo condamné à mort par contumace, décédé au Sénégal et dont les restes n’ont jamais été rapatriés au Cameroun. Que fait votre ONG face à ce genre de situation?

Pour nous c’est un cas assez inédit je dois vous l’avouer. J’aurais tendance à dire une chose c’est que, dans ce cas, il s’agit d’une double peine de mort. Il a été condamné à mort une première fois et il s’est exilé. Je pense qu’à un moment, il faut savoir pardonner quel que soit ce qu’ont fait des personnes, que ce soit des chefs d’Etats ou des hommes de rue. Le pardon fait partie de l’humanité aussi. La vengeance est naturelle. Je sais qu’on a tous en sois des sentiments qui ne sont toujours les meilleurs et qui peuvent parfois être justifiés. Mais je crois que la vengeance ne doit pas être le moteur de la société. La société n’est pas là pour appliquer la vengeance. Je pense que quand quelqu’un est mort, la vengeance n’a plus de sens.

Avez-vous approchez les autorités camerounaises sur ce sujet ?

Malheureusement, on n’a pas encore eu l’occasion de rencontrer le président camerounais qui séjourne régulièrement ici à Genève. On approche par contre régulièrement les missions permanentes des pays et notamment du Cameroun. On est très souvent en relation avec la représentation du Cameroun ici. On essaye de les mobiliser autour des cas particuliers. Il va falloir qu’on se mette en relation avec des Ong camerounaises pour étudier le cas Ahmadou Ahidjo. Je pense que ça doit venir aussi par un collectif camerounais. De plus en plus d’Ong camerounaise rejoignent la coalition mondiale contre la peine de mort. De nombreux avocats sont intéressés, parce qu’ils connaissent le droit et ils savent ce que c’est qu’être condamné à mort.




 

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