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Bamenda : Abel Ndeh devant le juge d’instruction

Robert Nkaké (stagiaire) à Bamenda | Lundi, 01 Mars 2010| Mutations |

L’ex délégué du gouvernement y a passé près d’une heure, vendredi dernier avec son complice.

L’affaire dite Abel Ndeh, du nom de l’ancien délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Bamenda, était toujours dans la phase de l’instruction judiciaire. C’est ainsi que, le vendredi 26 février dernier, l’on a noté une affluence au palais de justice de la même ville, avec notamment Abel Ndeh et son coaccusé et ancien receveur municipal, Félix Elad Elad . Les deux accusés étaient accompagnés de leurs avocats. Ils ont mis pas moins d’une heure dans une salle d’audience, fermée au public. Avant de ressortir pour regagner leur lit d’hôpital où ils sont internés depuis quelques jours.

Une instruction qui s’est déroulée à huis-clos, dans l’une des deux salles annexes du Tribunal de grande instance (Tgi) de la Mezam, perchée sur les hauteurs du quartier ”Up Station”. Elle est la cinquième du genre dans une affaire où Abel Ndeh et Félix Elad Elad ont été interpellés et placés en détention préventive à la prison centrale de Bamenda depuis le 4 février 2010. Bien avant, les accusés ont eu tout leur temps pour échanger avec des membres de famille. Sur un banc arrière de cette salle d’audience, Abel Ndeh converse en langue vernaculaire avec l’un de ses proches. Il est habillé d’un costume tailleur noir et d’une chemise blanche. Il a également des cheveux grisonnants et courts. A côté de lui, l’on reconnaît son coaccusé, Félix Elad Elad, avec un teint clair. Il arbore une chemisette en tissu pagne fleuri et un pantalon noir. Ce dernier échange avec son épouse.

Ils le font jusqu’au moment où l’on demande aux ”intrus” de quitter les lieux. Afin que commence l’instruction qui a duré environ une heure, en présence du quatrième juge d’instruction, Theresia Justice Bikelle et les avocats des accusés, maîtres Antony Amazy et Caroline Lukong. Toutes les parties ont brillé par leur mutisme. Le secret de l’instruction les y oblige. Cependant, des sources proches du monde judiciaire à Bamenda, indiquent que le principal chef d’accusation porterait sur un détournement de deniers publics, estimé à près de 185 millions de FCFA. D’après les mêmes sources, ce montant serait lié au financement des projets du Programme d’appui aux capacités décentralisées du développement urbain (Pacddu) et à la gestion des communes. Il semble que depuis le début de l’instruction, ce montant a été revu à la baisse, à 30 millions de FCFA. Et que, parallèlement, la justice reprocherait aux présumés un détournement d’une centaine de millions de francs, relatif à des marchés fictifs.

D’autres sources évoquent que des soupçons seraient nés à la suite d’un contrôle effectué dans les services de ladite communauté. Au bout du compte, ces rapports auraient fait état d’un chef d’accusation contre les deux présumés que sont Abel Ndeh et Félix Elad Elad. Alors que les quatre autres motifs seraient réservés à la trésorerie. Plus loin, on pense que cet argent aurait transité par trois comptes bancaires, lors des opérations effectuées à la Béac, la Bicec et Afriland First Bank. Nos informateurs soutiennent que la somme qui fait problème serait celle qui aurait été logée à dernière banque citée. En attendant d’y voir plus clair, les nouveaux locataires de la prison de Bamenda prennent des soins à l’hôpital régional du coin. Ils partiront de là pour répondre aux différents chefs d’accusation dans un procès où la première audience publique est annoncée pour le 4 mars prochain.




 

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