Jean Francis Belibi | Lundi, 01 Mars 2010| Mutations|
Les patients du centre d’hémodialyse ont protesté vendredi dernier contre la rupture de l’approvisionnement en eau.
Hôpital général de Yaoundé, le vendredi 26 février 2010, il est presque 13h. A l’entrée du centre d’Hémodialyse au sous-sol de l’immeuble, des patients, une dizaine à peu près, devisent joyeusement. Dans les différentes salles de soins, d’autres sont couchés sur les fauteuils réservés aux malades devant recevoir des soins. Mais aucune des machines ne fonctionne. “C’est ainsi depuis hier soir (jeudi 25 février 2010 ndlr)”, nous indiquera l’un des personnels soignants rencontrés ici. Pourtant l’ambiance joyeuse de tout à l’heure à notre arrivée contraste à la fois avec les mines presque déconfites des malades couchés dans les fauteuils et le mouvement d’humeur déclenché par ces malades tôt dans la matinée de vendredi pour protester contre la non alimentation de cette unité en eau depuis quelques jours.
Pour cela, ils ont organisé un sit-in dans le hall principal de l’établissement hospitalier, obligeant ainsi le directeur général, Elie Claude Njitoyap Ndam, à engager des négociations pour trouver une solution à cette cruciale question d’eau. En effet, et comme la plupart des quartiers de la capitale Yaoundé depuis quelques semaines, l’Hôpital général de Yaoundé connaît de graves perturbations dans son approvisionnement en eau potable. Cette denrée, de l’avis même du directeur général de l’établissement hospitalier que nous avons pu rencontrer lors de notre descente sur les lieux, est l’un des trois éléments fondamentaux (avec l’énergie électrique et les consommables au rang desquels l’héparine qui tend aussi à devenir une denrée rare), qui rentrent dans les soins aux malades sous dialyse. Cette pénurie d’eau a ainsi contraint les malades à un quasi abandon, d’où le mouvement d’humeur de la matinée “Un malade sous dialyse qui passe trois jours sans soins est condamné à mourir”, nous confiera l’un des membres de l’équipe médicale.
Soins
Face à l’urgence de la situation, le directeur général de l’Hôpital général fera appel aux Sapeurs pompiers. C’est sans doute fort du caractère sensible des lieux, que le général Baba Soulé, commandant de cette unité décidera d’alimenter en priorité l’Hôpital général de Yaoundé, au détriment des populations de l’un des quartiers de la capitale, qui attendaient cette désormais précieuse denrée.
C’est vers 15 heures que les Sapeurs pompiers vont finalement approvisionner cette formation hospitalière, permettant ainsi aux patients, dont certains comme nous l’indiquions plus haut étaient là depuis la veille, de commencer à recevoir des soins.
Des soins qui, de l’avis de certains patients rencontrés ici, ont été considérablement réduits, ramenés ainsi de 4 heures par séance à moins de 3 heures. Des restrictions qui s’expliqueraient, selon direction de l’Hôpital, par l’accroissement du nombre de malades du fait de la fermeture du centre d’hémodialyse qui se trouvait au Chu de Yaoundé. Pourtant le Pr Elie Claude Njitoyap Ndam va tout de même reconnaître que la solution de l’approvisionnement par les Sapeurs pompiers ne résout pas le problème de façon définitive, l’hôpital ne disposant pas d’autonomie en matière d’approvisionnement en eau, comme c’est déjà le cas pour l’énergie électrique. D’où le recours à la Camerounaise des eaux (Cde) pour la recherche d’une solution définitive à ce problème.
You must be logged in to post a comment Login