Par Pierre Célestin Atangana| 03 mars 2010 | Mutations |
Le Mindaf promet de les poursuivre au pénal ;
Ils sont accusés d’avoir molesté des populations et détruit des biens dans la cité balnéaire le 23 février dernier.
Arrivé au Mindef le 30 juin, il a importé les méthodes imposées au bon fonctionnement de la police dans les forces de défense.
Dans les couloirs du ministère de la Défense, le sentiment sur les mesures du ministre de la Défense est partagé entre satisfaction et réserve. Pour les premiers, c’est l’unique moyen pour le retour de la discipline dans les forces de défense; tandis que pour les seconds, la grande muette s’accommode mal des mesures disciplinaires populaires. Soit. Toujours est-il, que lors de sa tournée dans les différentes régions militaires du pays, déroulée du 9 au 14 novembre 2009, le ministre de la Défense avait annoncé des couleurs, en fustigeant les mauvaises pratiques et l’indiscipline dont l’armée se rendait de plus en plus coupable.
L’on se souvient ainsi qu’à Edea, au régiment d’artillerie sol air, après avoir transmis aux militaires le message de satisfaction du chef suprême des forces armées, et fait l’annonce de la résolution imminente des problèmes d’intendance et de logistique, Mebe Ngo’o a clairement indiqué à ses hommes que si toutes ces choses pouvaient attendre, la lutte contre l’indiscipline ne pouvait pas longtemps rester en attente. “Ce qui ne peut pas attendre, c’est le retour de la discipline. Je dois vous dire tout de suite que les plus résistants à cette éradication vont être mis hors des rangs sans autre forme de procès. Car, comme on le dit, une dent cariée a fini par pourrir toute la bouche. Nous allons lutter sans relâche contre l’indiscipline d’où qu’elle vienne “, avait-il prévenu.
Cette sévère mise en garde adressée aux hommes troupe et aux gradés, n’a pas refroidi les ardeurs des uns et des autres. Arnaques, escroqueries, bastonnades des populations, exactions diverses se sont allègrement poursuivies. C’est ainsi que, des mois plus tard, les premiers bastions de la résistance à la discipline tombent. Diverses enquêtes sur des affaires ayant mis en cause des militaires sont ouvertes. Hauts gradés et hommes de rangs sont sanctionnés. L’indiscipline a vécu. Pour les cadres de l’armée, c’est une révolution qui risque d’entraîner beaucoup de personnes si elle dure. “Il y a des affaires classées sur lesquelles on ne se faisait plus de souci, aujourd’hui elles sont à nouveau sur la table”, s’inquiètent des militaires au quartier général.
Partout où il est arrivé, il annoncé la restauration de la discipline. A la police en 2003, on l’a présenté comme le redresseur des torts de tout le corps. Bavures policières, arnaques, escroquerie et autres actes d’indiscipline, ont reçu le même traitement : la suspension. La transposition dans l’armée de cette méthode qui a fait recette à la police, fait de cet administrateur civil principal rompu aux rouages du commandement, l’acteur qui traque les bandits et les méchants, comme dans un film d’actions Ce qui inquiète sérieusement les hommes de la grande muette, inhabitués des méthodes importées de la police, où la suspension des rebelles reste encore employée comme arme de dissuasion massive.
Des éléments du Bir aux arrêts
Ils ont été placés en détention à la prison militaire de Yaoundé suite aux évènements du 23 février de Limbe.
Des éléments du Bataillon d’intervention rapide, basé à Man’o War Bay (Bir Delta), n’auront pas eu la chance, comme certains de leurs frères d’armes, de participer à la présentation de l’étendard, qui s’est déroulée hier dans leur base en présence du général Philippe Mpay, commandant des écoles et centres d’instruction interarmées. Cette absence face au drapeau de la République se justifie par les exactions perpétrées par un commando de cette unité d’élite dans la nuit du 23 au 24 février à Church Street, un quartier chaud de Limbe.
Après le passage de l’expédition punitive d’une partie des éléments du colonel Syvan, dont les conséquences se mesurent au nombre de personnes frappées d’incapacité physique, le ministre de la Défense, Edgar Alain Mebe Ngo’o, a exigé que le commandant du Bir Delta, présente des excuses aux populations de la ville, et promis que des mesures draconiennes seraient prises contre les assaillants qui, de sources officielles, ont fait 23 blessés et de nombreux dégâts matériels dans leur folie dévastatrice.
Dans la foulée, les éléments incriminés ont été conduits à la prison militaire de Yaoundé où ils séjournent depuis quelques jours. La plupart d’entre eux sont des recrues qui aspiraient au galon de caporal. Pour les responsables du ministère de la Défense, l’ampleur de la faute est tellement grave qu’ils écoperont de sanctions à la fois pénales et administratives. “Le problème, c’est que le Mindef a pris le problème sur lui, et les populations demandent que justice soit faite pour tout ce qu’ils ont subi”, indique un cadre du ministère de la Défense qui a requis l’anonymat.
Formation
D’autres cadres du Mindef pointent un doigt accusateur sur la formation transmise aux éléments de cette unité d’élite. “On leur fait croire qu’ils sont au-dessus de tout et qu’ils sont des intouchables. Or, tous ceux qui assurent leur formation sont sortis des centres d’instructions de Djoum, Ngaoundal, Minkama ou encore de l’Emia. A aucun moment, on ne demande à un soldat de molester les populations civiles dont il est sensé assurer la sécurité, tout en protégeant la nation”, tranche une source proche du dossier. Elle indique par ailleurs qu’il n’y a pas adéquation entre la dimension humaine de l’armée et la formation reçue par les hommes de cette unité d’élite. “L’accent est mis sur les performances au combat, et non sur la psychologie des hommes, déconnectés de l’évolution actuelle du monde”, indique encore notre cadre, l’œil sévère: “La vieille armée où les soldats commettaient des exactions est révolue.
Aujourd’hui, avec le Droit international humanitaire et les organisations de défense des droits de l’Homme qui guettent à tout moment sans oublier les médias, les militaires doivent comprendre qu’ils ne sont plus au-dessus de la loi, même s’ils sont des commandos”, précise un autre responsable de l’armée.
Au sein de l’Armée, l’on assure que la carrière des recrues incriminées dans les exactions de Limbe, risque d’être plombée à tout jamais. “Ces gens n’étaient pas en mission commandée, ils sont sortis de leur propre chef de la base, et ont sauvagement passé à tabac des populations d’un quartier sans raison apparente, et détruit des biens. C’est plus tard, quand ils auront quelques années de service, qu’ils se rendront compte de la bêtise qu’ils ont commise”.
Le Bir Delta, assure-t-on dans l’Armée, est coutumier de ce genre d’opérations. Les soldats de cette unité d’élite s’étaient déjà illustrés par des actes similaires il y a quelques temps dans la même ville sans être inquiétés. La faute, selon les cadres de l’armée, au “fait qu’on leur fait croire qu’ils sont une force supra armée”. Pour mémoire, les éléments du Bir Delta ont, dans la nuit du 23 au 24 février 2010, donné un assaut sur la ville de Limbe, pour venger la séquestration de leur frère d’arme. Une première expédition punitive arrivée le 21 février pour réparer le tort causé à l’homme en tenue, a emporté des téléphones portables appartenant aux populations de Down Beach. Deux jours plus tard, une autre escouade d’hommes en tenue fait irruption dans la ville, et, tabasse, piétine, saccage, casse, dépouille des populations autour de 2h. A coups de machettes, de poignards et de gourdins, affirment des témoins ayant vécu ces évènements macabres, une dizaine d’éléments dicte et fait la loi pendant plusieurs minutes.
Pierre Célestin Atangana
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Dame jo
March 5, 2010 at 6:00 AM
Bravo, monsieur le Mindef. Le Cameroun c’est le Cameroun! Le Cameroun c’est pas la Guinée. Prévenir vaut mieux que guérir, c’est ainsi qu’on parviendra à éviter des icidents déplorables comme ce qui s’est passé à Conakry.
vicky
March 4, 2010 at 11:43 PM
Congratulations Mr. Minister of Def. We need poeple like you to serve the cameroonian nation, not the other way round. Indeed, nobody is above the law. Let the culprits be punished. Others should learn from their punishment.
livo
March 4, 2010 at 3:23 AM
voilà une décision courageuse prise par le mindef ! nul n’est au dessus de la loi : à bon entendeur salut !
LANDZE GABRIEL NJOLAH
March 3, 2010 at 10:41 PM
This is a great move by the minister of defence. They are exagerating. Being a victim to extortion of money by a high ranking officer I hope he too will soon be punished. We are always falling victims to those we respect for we beleive they protect us from any prey. They should not be preys to us.
Admin
March 3, 2010 at 10:50 PM
Your point is right on. I hope is not limited to Limbe, these officer’s behaviors take place every single day in our cities and villages. They deserve to be punished to the fullest extent of the law.