D.E. | Vendredi, 05 Mars 2010 | Mutations|
Ces produits ont été interceptés à l’aéroport français de Roissy dans des colis en provenance du Cameroun.
C’est hier, jeudi 04 mars que la direction générale des douanes françaises a rendu publique l’information aussitôt relayée par le Journal du dimanche (Jdd): deux défenses en ivoire pesant au total 43 kgs, deux pieds et une queue d’éléphant ont été saisis. Ces pièces étaient présentées comme des trophées de chasse envoyés à un particulier français. Seulement, estiment les autorités douanières françaises; cette prise viole la Convention de Washington sur les espèces menacées d’extinction et remet au goût du jour la difficulté qu’ont les services de la faune camerounaise à lutter contre le braconnage des espèces protégées.
On se souvient en effet qu’au mois de septembre 2009, une tonne d’ivoire a été saisie et deux trafiquants ont été arrêtés à Douala, la capitale économique du Cameroun. A cette époque en effet, M. Issola Dipanda, le délégué régional des Forêts et de la faune pour le Littoral affirmait alors à l’Afp : “La police a mis la main sur un camion chargé de colis divers dont des pointes d’ivoire d’éléphants”. Deux trafiquants ont été arrêtés lors de la saisie, a-t-il indiqué. Selon M. Dipanda, les deux trafiquants qui travaillaient pour d’autres personnes ont été placées en détention préventive. Ils encouraient une peine d’un à trois ans de prison, selon la législation camerounaise. Une sanction qui fait suite à celle infligée à trois vendeurs d’ivoire sculptée qui ont été condamnés à trois ans de prison ferme pour “commerce illégal” de produits fauniques au mois d’août de la même année.
Quelques semaines plus tard, au mois d’octobre 2009, c’est un total de 98 pointes d’ivoire (500 kg et correspondant à quarante-neuf éléphants abattus illégalement par des braconniers) qui ont été saisies au Port autonome de Limbe (Pal) selon la Pana. Selon le délégué régional des Forêts et de la faune pour le Littoral, François Issola Dipanda, cette importante cargaison de défenses d’éléphants a été saisie par les éléments de la douane camerounaise à Limbe, à bord du “Monica Express”, un bateau battant pavillon nigérian, au cours d’un ultime contrôle engagé par les éléments de la douane camerounaise au moment où le navire effectuait les dernières manœuvres pour quitter le quai en direction de Calabar, au Nigeria.
Des sources internes à la section régionale des douanes pour le sud-Ouest ont affirmé à cette période que les propriétaires de ces colis n’ont pas encore été identifiés parce que “les marchandises” ne figurent pas sur le manifeste du voyage. Du fait de ses vastes étendues de forêt et de savane, le Cameroun se présente comme une plaque tournante du trafic des pointes d’ivoire en Afrique. De ce fait, la chasse, l’abattage et le commerce des défenses d’éléphant y sont interdits, cette espèce animale étant classée parmi les espèces à protéger. Ce d’autant que l’éléphant est une espèce menacée “d’extinction” dans le bassin du Congo du fait du braconnage, selon plusieurs organisations de protection des animaux. La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) a prohibé le commerce international de l’ivoire en 1989.
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