Léger Ntiga |8 mars 2010| Mutations |
Abba Aboubakar entendu
Le président de la Révolution camerounaise du peuple uni (Rcpu) a été auditionné à son domicile à Yaoundé par des hommes en tenue civile.
Depuis le mercredi 03 mars 2010, les téléphones du président du parti politique dénommé; Révolution camerounaise du peuple uni (Rcpu), ne répondent pas. “J’ai arrêté mes téléphones depuis leur passage [les hommes en tenue civile] ici à mon domicile. Ils n’arrêtaient pas de m’appeler. J’ai fait le choix de couper”, a-t-il expliqué au reporter de Mutations venu aux informations. A la question de savoir pendant combien de temps Abba Aboubakar compte-t-il ainsi rester couper du monde? L’intéressé, d’un ton laconique fait savoir que “cela mettra le temps qu’il faudra”.
Interrogé sur la nouvelle de son interpellation, le président du Rcpu, l’air serein répond qu’ils “ne sont pas encore à ce niveau là. Des individus qui n’ont pas souhaité décliner leur identité sont venus me voir”.
A la question, étaient-ils de la Dgre? Abba Aboubakar répond qu’il ne saurait le dire dans la mesure où “ils n’étaient pas en uniforme. Pas la moindre possibilité donc de savoir de quelle unité ils provenaient. Toujours est-il qu’ils se sont présentés comme des agents des services spéciaux venus savoir quelles sont mes intentions. Les questions ont tourné autour de mon initiative, de sa finalité, des causes qui me déterminent et surtout, de mes intentions au cas où la Cour suprême ne donne pas de suite à ma saisine”. Et à propos d’une éventuelle organisation du pouvoir pour ne pas faire examiner avec sérieux sa requête, il répond : “Je ne peux pas le dire. Mais il y a quelques faits curieux qui poussent à le croire. Mes interrogateurs semblent préoccupés par la paix civile. Ils m’ont demandé si je suis prêt à mobiliser des gens pour descendre dans la rue. Je leur ai dit que j’ai saisi la justice parce que je crois qu’elle doit dire le droit. Le Cameroun se voulant un Etat de droit, après on verra. Mais j’irai jusqu’au bout. Ma démarche est citoyenne”, conclut Abba Aboubakar qui continue de penser qu’il est urgent qu’on “commence à respecter les lois de notre pays”.
Le président de la Révolution camerounaise du peuple uni (Rcpu) a assigné le président de la République en justice le 1er mars 2010. Cette saisine est relative à la non organisation des élections partielles suite aux décès de six élus du peuple depuis le début de leur mandat au sein de la représentation nationale en 2007. Abba Aboubakar ne comprend en effet pas que le seul élu de la circonscription de Kumba Centre Urbain (le seul plénipotentiaire du Social Democratic Front -Sdf- dans le Sud-Ouest), Nkellé Palmy Mboé William n’ait par exemple pas été remplacé.
Comme lui, cinq (05) autres élus ont quitté la scène.
Il s’agit des députés Rdpc Abdoul Kadri Bello du Djerem (décédé en avril 2008), Emmanuel Makembe Bebey du Wouri centre décédé en septembre 2008, Mohamadou Gassimou du Mayo Rey, Emama Marius du Lom et Djerem (décédé en janvier 2008) et Ibrahim Antoine Désiré du même Lom et Djerem décédé l’année dernière. Les dispositions légales en la matière est: L’article 10 de la loi n°91/20 du 16 décembre 1991 fixant les conditions d’élection des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi n°97/13 du 19 mars 1997 et par celle n°2006/009 du 29 décembre 2006. Cet article indique notamment que “lorsqu’il se produit une ou plusieurs vacances définitives par suite de décès, démission du titulaire ou du suppléant ou pour toute autre cause dans une circonscription électorale, il est procédé à des élections partielles dans tous les douze mois qui suivent la vacance… Les élections partielles se déroulent à l’échelon de la circonscription électorale”. L’alinéa 3 du même article se veut plus précis: “Il n’y a pas lieu à l’élection partielle si la vacance se produit moins d’un an avant la fin de la législature”. Dans les différents cas cités, l’on est loin de cette situation.
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