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Opération pays mort : l’auteur de « l’Antécode Biya » fait – il les frais ?

Par lemessager | Mercredi 10 mars 2010 | Le Messager

Comme annoncé dans notre édition d’hier, l’auteur du l’ouvrage qui est à l’opposé du livre dithyrambique de François Mattei, le Code Biya a été interpellé par des éléments de la compagnie de la gendarmerie de Douala 1. Bertrand Téyou a été happé par des bérets rouges dimanche 7 mars 2010. Des sources proches du dossier affirment que cette interpellation suivie de bastonnade, est consécutive au lancement d’une « opération Pays mort », prévue pour le lundi 15 mars 2010, qu’il a initiée depuis un mois. En cause, le prix du carburant que le comité qui l’accompagne et lui-même trouvent excessif. Ils le font savoir à travers des tracts diffusés à Yaoundé et Douala depuis une semaine. Dans ce prospectus, le petit comité souligne que « En opérant des investigations auprès des différents opérateurs qui interviennent dans la production des hydrocarbures, on constate des mouvements douteux sans lesquels l’essence par exemple pourrait coûter 395 Fcfa le litre sans nuire à l’économie ». Seulement, les auteurs de ces lignes qui sont au nombre de huit exactement, sont injoignables pour fournir toute information complémentaire sur cette thèse. Même le numéro de téléphone imprimé au bas du document comme contact des instigateurs de la fameuse opération est indisponible. Toute chose qui laisse penser que les compères de Bertrand Teyou auraient été embastillés eux aussi ou tout simplement se seraient-ils résolus au silence, en voyant le sort réservé à leur camarade.

Tout porte ainsi à croire que « l’opération pays mort » n’aura pas lieu lundi prochain comme dit dans le tract qui se ballade dans les grandes villes du Cameroun. Le brûlot qui appelle les citoyens, syndicalistes, travailleurs, débrouillards, chômeurs à sonner la révolte de manière pacifique pour «  la sécurisation du vote pour rendre au citoyen le pouvoir de sanctionner toute mal gouvernance puis mener des actions en vue de ramener le prix de l’essence à 395F, le gasoil à 361F et le pétrole lampant à 243 F le litre » est dénoncé par certains leaders syndicaux. D’abord Jean Paul Noah, secrétaire général de l’organisation patronale et auxiliaires de transport, regrette des attitudes menées de manière cavalière, sans l’avis des syndicats de transport. De même qu’il trouve irréaliste les prix proposés par Bertrand Téyou et sa clique. « Un cadre intégrant les syndicats, avait été créé par le ministre du commerce pour expliquer la structure des prix. Il permet de voir que les prix du carburant ne peuvent pas être revus à la baisse. » Tranche – t-il. Ensuite Levi Ngoulé Ebwelé, secrétaire général du syndicat des transporteurs urbains et inter- urbains du Cameroun qui tance la méthode « peu catholique » des rédacteurs du tract. Il souligne « qu’avant de faire une grève, il faut un préavis puis un avis de grève. M Téyou s’est contenté de réunir quelques responsables syndicaux vendredi dernier (Ndlr, le 5 mars 2010) à la bourse de Messa à Yaoundé pour expliquer sans convaincre les raisons de cette opération ». Ces leaders en appellent à la remise en marche des travaux de la plate forme entre le gouvernement et les syndicats. Il pointe du doigt le non-respect de la périodicité de ces rencontres prévues pour se tenir par trimestre. Au lieu de cela, le ministre du Commerce s’est contenté des actions par coups qui favorisent des travers comme « la récupération politique » de l’auteur de l’Antécode Biya. Dénoncent-ils.

Rodrigue N. TONGUE




 

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