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Rdpc : 25 ans après

Écrit par Paskal| Mercredi, 24 Mars 2010| Le Jour |

Les organes du nouveau parti sont mis en place et la devise est Unité – Progrès – Démocratie.
La naissance du Rdpc a lieu trois ans après l’arrivée du président Paul Biya au pouvoir et quelques mois seulement après la tentative de coup d’Etat du 6 avril 1984. Autant dire qu’en ce mois de mars, l’atmosphère est lourde à Bamenda pendant ce congrès. L’ombre de l’ancien président de la République et ancien président de l’Unc, Ahmadou Ahidjo, plane. Lui qui est soupçonné d’être l’instigateur de ce coup de force manqué.

Paul Biya, dans son discours aux militants de l’Unc, regrette qu’en ces «circonstances particulièrement graves », le parti n’ait pas pu se mobiliser. « Notre parti [l’Unc, Ndlr], dit-il, aura davantage révélé, en ces occasions, les faiblesses de ses structures et de son fonctionnement, telles quelles se sont manifestées dans l’impression de flottement qu’il a laissé apparaître et dans son attentisme qui a pu être perçu comme traduisant, de sa part, sinon de l’irrésolution, du moins un manque notoire d’organisation.» On sent, dans ces mots du président de la République, sonner le glas de l’Unc.
Quelques mois auparavant, les militants de l’Unc, au cours d’un congrès extraordinaire avaient porté Paul Biya à la présidence de leur parti, en remplacement d’Ahmadou Ahidjo. Par cet acte, Paul Biya mettait fin à un conflit – réel ou supposé – entre la présidence de la République et la présidence du parti unique, encore fermement tenu par Ahmadou Ahidjo. Paul Biya récupérait ainsi, petit à petit les leviers du pouvoir.

Pour définitivement rompre avec l’ancien régime, le Rdpc remplace l’Unc, après une critique sans complaisance des organes de l’ancien parti, de son fonctionnement et de ses élites par Paul Biya, lui-même. Il constate que l’administration camerounaise est vampirisée par des fonctionnaires, militants de l’Unc qui s’illustrent par un absentéisme chronique, les fraudes fiscales, les détournements de fonds publics, l’enrichissement illicite, etc. Il dénonce aussi les militants du parti qui ont emprunté aux banques et qui ne croient pas devoir s’acquitter de leurs dettes.
Et le président de la République de constater que l’Unc a vécu et n’est plus capable de répondre aux aspirations du peuples camerounais. Il prêche alors pour plus de démocratie et surtout, de liberté « Il n’est plus nécessaire, pour exprimer ses opinions, de prendre le maquis, de vivre en exil ou de quitter sa famille ». Seul le Rdpc, selon lui, peut incarner ces nouvelles valeurs.

Cinq ans après sa création, le Rdpc est obligé de faire proclame-t-il face à la concurrence. Une conjugaison d’événements oblige Paul Biya à libéraliser l’espace politique : la chute du mur de Berlin en novembre 1989, le discours de François Mitterrand à la Baule en 1990 et, surtout, la marche sanglante de Bamenda. L’Assemblée nationale vote les lois sur les libertés en décembre 1990, ce qui permet la création des partis politiques.
25 ans après sa naissance, le Rdpc se dispute l’espace politique avec de plus de 200 partis politiques.

Rdpc : Dans l’attente du congrès

Querelles de leadership, « délinquants à col blancs », militantisme d’opportunité, sont quelques problèmes qui minent le Rdpc.

Au Rdpc, le ver est-il dans le fruit ? C’est la question que l’on est en droit de se poser lorsqu’on fait le décompte des cadres de ce parti politique, membres du gouvernement, qui ont été rattrapés par l’Opération Epervier : Pierre Désiré Engo, Gérard Ondo Ndong, Edouard Etondè Ekoto, Polycarpe Abah Abah, Urbain Olanguena Awono, Zacchaeus Forjindam, Jean-Marie Atangana Mebara, Roger Ntongo Onguene, Cathérine Abena, Haman Adama, la liste est loin d’être exhaustive.

Mais les « délinquants à col blancs » ne sont pas les seuls problèmes que rencontre ce parti. Les militants attendant toujours la tenue du congrès ordinaire annoncé depuis plusieurs années. Ce congrès, prévu pour se tenir tous les cinq ans, a pour but de définir l’orientation politique, économique, sociale et culturelle du parti. Pourtant, Charles Messanga Nyamding, politologue et militant du Rdpc, soutient que le congrès peut être le signe d’une reprise en main des choses. Mais « comment l’envisager lorsque les membres du bureau politique sont en prison ? » Il répondait ainsi au cours de la cérémonie de dédicace du livre de Charles Ateba Eyene, intitulé « Rdpc, la reprise en main du parti par le président national : les faits et gestes qui le prouvent », hier à Yaoundé.

Charles Ateba Eyene, qui se présente comme un spécialiste de ce parti qui est le sien dénombre une multitude de problèmes qui miment le Rdpc : « trafic d’influence, réseaux constitués, dérapages, non maîtrise des textes fondateurs du parti par les militants, militantisme moutonnier, militantisme d’opportunité, querelles de positionnement, conflits de leadership, indiscipline ». Tous mots qui fragilisent la cohésion au sein du Rdpc. Au point que, poursuit Ateba Eyene, Paul Biya lui-même, tout puissant président de parti qu’il est, en est quelque fois victime. Les motions de soutien à la sincérité douteuse n’étant pas pour l’aider à y voir plus clair. « Un parti politique où il n’y a pas de discipline est un parti mort. A ce niveau, le Rdpc a un peu failli à un moment donné », soutient-il.




 

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