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Mgr Tonye Bakot sort de sa réserve

Par lemessager | Lundi 5 avril 2010 | Le Messager|

« Christ est ressuscité, Alléluia ! » C’est par ces propos qui traduisaient le sens de son action de grâce vis-à-vis de Dieu Tout puissant, que l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Monseigneur Victor Tonye Bakot a accueilli les nombreux fidèles venus vivre ce 4 avril 2010, la célébration de la messe de Pâques à la cathédrale Notre Dame des victoires de Yaoundé. Pour cette messe pontificale qui marquait ainsi l’évènement religieux le plus important chez les chrétiens catholiques romains, l’archevêque de Yaoundé avait à ses côtés outre le recteur de la cathédrale, l’abbé Antoine Roger Evouna, le chapelain de sa Sainteté, Mgr Jean Baptiste Amié. Une messe en tout cas très courue, et retransmise en direct sur les ondes de la radio et de la télévision nationales. Trois chorales, à savoir la chorale éwondo Nkukuma David, la chorale Sainte Lucie et le Grand chœur classique de la Cathédrale Notre Dame des victoires animaient la célébration.

Après l’accueil des fidèles par l’archevêque et le chant du gloria exécuté avec ferveur en langue éwondo, la liturgie de la parole s’est ouverte à travers trois textes. Le premier qui a constitué la première lecture, était tiré du Livre des Actes des Apôtres. Il s’agit en fait du premier témoignage public de Pierre, le plus grand des apôtres qui a été rendu à Césarée, s’est exprimé sur le caractère divin de Jésus de Nazareth. Cet homme, fils de Dieu, a vécu parmi les siens, en prêchant, en accomplissant des miracles, en prônant l’amour, avant d’être mis mort par les juifs. « Crucifié, Dieu l’a ressuscité le troisième jour afin que tout homme qui croit en lui reçoive par lui, le pardon de ses péchés », a-t-on entre autres entendu lire. La deuxième lecture était tirée de la lettre de Saint Paul aux Colossiens. Le texte demande à la communauté chrétienne qui croit en la résurrection du Christ de savoir qu’elle doit vivre une vie nouvelle, en cherchant les réalités de l’au-delà. Pour que, quand arrivera le Christ le jour du jugement, les chrétiens ressuscitent avec lui.

Vivre dans la vérité

« Alléluia ! », ont donc répondu en chœur les fidèles au moment où est annoncé l’Evangile. Le texte de Saint Jean qui est lu résume la foi de l’auteur une fois arrivé sur le lieu où la résurrection du Christ s’est opérée. Il n’y avait plus là que le linceul, et la gosse pierre placée à l’entrée de la tombe ne s’y trouvait plus. Un vrai mystère ! Quand Mgr Bakot prend la parole pour prêcher, l’assistance lui accorde l’attention nécessaire. « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il est vivant, il est ressuscité ! » En reprenant ses paroles de l’évangéliste Luc, l’ordinaire de Yaoundé a voulu introduire son exhortation sur le mystère célébré ce jour par l’Eglise. Qui est donc ce Jésus vivant qui vient vivre dans le cœur de l’homme ? La réponse convoquée par Mgr Bakot se trouve dans les Saintes Ecritures: « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père sans passer par moi ». La vérité, a poursuivi l’archevêque métropolitain, « c’est cet autre visage du Christ, souvent éclaboussé par les hommes. Notre société est prise en otage par le mensonge, la corruption, le vol, le clientélisme, le colportage. »

Orientant alors son homélie sur la vie quotidienne des Camerounais, Mgr Bakot a fustigé ces Camerounais qui mettent le grappin sur la fortune publique, volent l’argent qui appartient à tous les Camerounais, ou alors ceux qui trichent en changeant leur âge pour mettre plus longtemps dans la Fonction publique. « On retrouve ainsi des parents qui par des faux actes de naissance sont les cadets de leurs propres enfants. Combien de licenciements y a-t-il dans nos entreprises publiques, parce qu’on s’est rendu compte que les diplômes déclarés sont faux ou alors sont inexistants ? » Il a aussi dénoncé le trafic d’influence. « Dans nos tribunaux, les magistrats sont sous pression. Les pots-de-vin leur sont proposés pour influencer leurs jugements. Ou alors à condamner injustement. Dans le service public, on parle de pots-de-vin de 30% pour rendre service. (…) Ce qui est une véritable honte pour notre pays. L’Eglise ne saurait se taire face à ces fléaux ». Toutefois, l’archevêque a reconnu qu’il existe au Cameroun des magistrats honnêtes qui font leur travail avec dignité et abnégation. « De même qu’il existe des honnêtes citoyens qui ont servi la Fonction publique avec juste leur salaire jusqu’à la retraite ». Et pour conclure, Mgr Victor Tonye Bakot a déclaré : «Tout ce qui est vrai selon notre monde, n’est pas la vérité. Chacun a sa vérité. Il y a donc plusieurs vérités. Jésus n’a pas apporté la vérité au monde : il est la vérité. Célébrer la fête de Pâques, c’est dire non à Satan qui est le père du mensonge. »

Focal L’Esani : au delà d’un rite, une reconnaissance du Christ

Pour l’Eglise, le vendredi saint est un jour important dans la vie d’un chrétien, car le Dieu incarné va connaître le sort de l’humanité : la mort. Et ceci dans des conditions les plus difficiles. Sur la croix, Jésus a tout connu : l’humiliation, la souffrance, la douleur, les injures… Mais c’est par sa mort que les chrétiens ont été tous sauvés. Cette année comme par le passé, la cathédrale Notre Dame des Victoires de Yaoundé a servi de cadre à la traditionnelle cérémonie de l’Esani. L’Esani est en effet un rituel traditionnel et mortuaire du peuple Béti de Yaoundé. Pour l’occasion, les fidèles et les prêtres ont chanté, dansé et pleuré (le deuil) comme cela se fait dans la culture Bétie. Certains prêtres l’expliquent comme étant « un rite propre au peuple Béti qui consiste à célébrer en guise de reconnaissance, les mérites, la bravoure, l’honneur et le courage d’un notable du peuple dont les exploits en faveur dudit peuple ne laissent personne indifférent ».

Etant donné que personne sur terre mieux que Jésus n’a défendu, libéré et sauvé le peuple des croyants, ce rite s’est très vite imposé et ancré dans les us et coutumes des chrétiens de l’Eglise catholique romaine comme pour le Christ. « C’est donc un rite en l’honneur des exploits de notre seigneur et sauveur Jésus Christ. On chante, on danse avec frénésie le tam-tam traditionnel, défiant la mort face aux valeurs dont a été auteur le défunt qui n’est autre que Jésus », souligne un séminariste.

Dans son homélie du jour, le Rev Roger Evouna parlant de la signification de la mort de Jésus dans la vie du chrétien a rappelé aux fidèles que cette mort n’est pas une déchéance mais une élévation car « si le fils de l’homme n’était pas mort pour que nous ayons la vie éternelle, nous ne serions rien aujourd’hui », a t-il précisé. Jésus devient, alors, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel. « Voici, mon serviteur prospérera; Il montera, il s’élèvera, il s’élèvera bien haut. De même qu’il a été pour plusieurs, un sujet d’effroi. Tant son visage était défiguré. Tant son aspect différait de celui des fils de l’homme. De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie. Devant lui des rois fermeront la bouche; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, Ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu ». C’est sur cette méditation tirée du livre d’Isaïe au chapitre 13 que le rite  de dévoilement et de vénération de la croix a commencé.




 

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