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Cinquantenaires de l’Indépendance: Guerres de réseaux autour d’un évènement

Par marlyse.sibatcheu | Mercredi 14 avril 2010 | Le Messager

Au commencement était la volonté de délocaliser le site du défilé du 20 mai. Au premier rang des penseurs de ce projet, il y avait le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, Gilbert Tsimi Evouna, motivé par le souci d’innover. Son idée consistait à offrir un dépaysement pour marquer d’une pierre blanche ces festivités. Le premier magistrat de Yaoundé aurait également, selon certains de ses collaborateurs, voulu en profiter pour désengorger le centre ville de Yaoundé qui souffre de bouchons, avant, pendant et après des évènements qui nécessitent un défilé. Ces cadres de l’Hôtel de ville de Yaoundé soulignent que le site idéal pour leur patron était un endroit à emménager vers Olembé, une bourgade de Yaoundé. Ce n’est que confronté à un délai très court qu’un projet monté à la va-vite, sera proposé au Comité national d’organisation des Cinquantenaires, présidé par le directeur du cabinet civil (DCC), Martin Belinga Eboutou. Le projet visait à construire un boulevard pour accueillir le défilé du 20 mai devant le stade omnisport de Yaoundé. Le DCC aurait alors défendu le projet devant Paul Biya avant de l’annoncer en grand pompe à la presse nationale sans le recul nécessaire. Selon nos sources, ce qui aurait le plus fait mal au sein de l’establishment du sérail, c’est le coût de ces travaux et ses dépenses connexes. Pour construire le nouveau site et embellir d’autres lieux de la ville de Yaoundé en prélude à la fête, le Comité national d’organisation des Cinquantenaires aurait promis 9 milliards de F Cfa à la ville de Yaoundé.

Les travaux vont démarrer en trombe sur le site suscité, jusqu’au premier coup de tonnerre. Le président de la République se rétracte devant le projet de délocalisation. Des sources proches du Palais de l’Unité indiquent que cela est consécutif aux appréhensions exprimées par certains dignitaires de l’armée concernant les conditions de sécurités sur le site de l’Omnisport. Du coup, le chantier est relancé sur le Boulevard du 20 mai. L’ancienne tribune faite de matériau provisoire est ainsi rasée. Un autre chantier est aussitôt entamé pour une tribune en matériau définitif. Seulement, au sein du sérail, plusieurs personnalités ont commencé à formuler des dénonciations. En cause, l’entreprise adjudicataire du marché qui appartiendrait au fond, à l’épouse du ministre délégué à la présidence, en charge de la Défense (MINDEF), Edgard Alain Mebé Ngo’o. Si dans l’entourage direct du MINDEF, on nie cet état de chose mettant en avant le nom du propriétaire officiel de l’entreprise de Bâtiment et travaux public (BTP), de nombreuses hauts responsables de la Délégation générale à la sûreté nationale, où l’actuel MINDEF à séjourné pendant 5 ans, affirment que c’est l’épouse de ce dernier qui y tire en réalité les marrons du feu. Toutes choses qui irriteraient d’autres membres du gouvernement qui sont présidents de certaines commissions, toujours en attente de fonds pour les faire fonctionner. Au secrétariat général du ministère des finances, des responsables affirment qu’il n’y a pas lieu de s’en émouvoir. Car des instructions venues de la Présidence de la République indiquent que les 650 millions de Fcfa engloutis par ce chantier seront supportés par le budget du Mindef.

Cette nouvelle qui serait déjà parvenue au quartier général des armées, aurait suscité un vif étonnement. Ceci parce que ses responsables l’auraient pré financé en attentant que les fonds alloués au Cinquantenaire arrivent. Au MINDEF, on soupçonnerait déjà la main invisible du comité national d’organisation des Cinquantenaires, qui ne contrôlerait rien sur le marché de l’aménagement du site du Boulevard du 20 mai, gardé à plein temps par l’Armée. Toute chose qui fait dire à un observateur de la scène politique du Cameroun que c’est le Secrétaire général de la présidence de la République (SGPR), Laurent Esso qui se frotterait les mains. Lui qui avait été mis à l’écart au profit de Martin Belinga Eboutou, pour l’organisation des Cinquantenaires. Alors même que ce type de projet est généralement confié au SGPR.




 

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