Écrit par François Bambou| Mardi, 27 Avril 2010| La Nouvelle Expression|
Tirant avantage du contexte marqué par les excédents budgétaires et la surliquidité bancaire,
les bourses de la Cemac veulent lancer les organes de placement collectifs pour susciter plus d’activité.
Dix ans après la création des deux bourses de la zone Cemac, les signes d’une redynamisation de l’activité des marchés financiers de la sous région se précisent. En prélude à un développement de nouveaux produits de placements dans la sous région, la Commission de surveillance organise, en Guinée Equatoriale (Bata, les 29 et 30 avril), un atelier régional sur la gestion collective de l’épargne à travers les organismes de placement collectif en valeurs mobilières (Opcvm).
Les deux jours de travaux entre les acteurs bousiers, les banquiers, assureurs et autres experts devraient permettre d’identifier les missions des acteurs de la gestion collective de l’épargne ; de maîtriser les principes de fonctionnement des Opcvm ; et de découvrir les nouveaux produits de la gestion collective de l’épargne pour répondre aux besoins des différents acteurs et investisseurs. Au final, il s’agira d’apporter aux investisseurs de la région une gamme plus large de produits de placement pour étoffer les marchés financiers. Deux instruments, annonce la Commission des marchés financiers, feront l’objet de débats : la société d’investissement à capital variable (Sicav), qui est une société anonyme et le fonds commun de placement (Fcp), qui est une copropriété de valeurs mobilières, dépourvue de la personnalité morale.
Principe de division des risques
Ces nouveaux instruments présentent plusieurs avantages : un petit épargnant peut diversifier les risques en achetant des titres d’un Opcvm, plutôt que les titres d’un émetteur. Ce principe de division des risques pour le petit investisseur en bourse est à la base même du fonctionnement des Sicav. Si, par exemple, un homme d’affaires dispose d’une faible somme à investir, il est généralement réduit à se porter acquéreur d’un seul titre de société. Il court alors un gros risque car, en cas de dégradation de la valeur de ce titre, cet investisseur modeste va perdre l’essentiel de son placement. Par contre, souligne la Commission de surveillance des marchés financiers de l’Afrique centrale (Cosumaf), dans le cas des placements collectifs tels que les Sicav, «plusieurs épargnants mettent en commun leurs investissements dans un portefeuille constitué principalement de valeurs mobilières (actions et obligations). Dans cette forme de placement, les épargnants ne sont plus directement détenteurs de titres de propriété ou de créances de sociétés, mais d’actions ou de part d’Opcvm elles-mêmes investies en valeurs mobilières ».
Portefeuille diversifié et performant
Pour Alexandre Gandou, président de la Cosumaf, ce produit peut aider à faciliter l’accès des ménages ou des investisseurs peu outillés aux produits boursiers : « Si un investisseur particulier ou un ménage dispose des compétences et du temps nécessaires, il peut décider d’acheter en direct ces valeurs sur le marché boursier. En matière d’investissement et de saine gestion, on conseille fortement de diversifier les risques en ne mettant pas tous les œufs dans le même panier. D’où l’invitation faite aux investisseurs particuliers de placer leurs économies dans un fonds ; c’est-à-dire un panier d’actions ou d’obligations ou un mélange des deux. L’avantage d’un fonds est que l’on dispose des compétences d’un professionnel, du gérant qui va régulièrement acheter ou vendre des titres en fonction des opportunités qui se présentent sur le marché afin de constituer un portefeuille diversifié et performant. Bénéficiant d’une formation financière et économique, un gérant est capable d’analyser les bilans et les comptes des entreprises cotées, d’évaluer le potentiel de leur marché et de l’environnement économique et de comprendre comment évolue leur cours de bourse ». La gestion des Opcvm est en général assurée par des sociétés de gestion, qui sont des spécialistes de la gestion financière. Dans cette seconde voie, l’investisseur ou épargnant ne fait pas lui-même le choix d’investissement sur les titres d’un émetteur. En acquérant les titres d’un Opcvm, l’investisseur s’en remet à un gestionnaire, lequel investit à sa place. En acquérant des titres d’Opcvm, l’investisseur accède en fait à un panier de valeurs, véritable portefeuille collectif et diversifié de valeurs qui lui permet de diversifier ses risques et de bénéficier de meilleurs rendements, grâce à l’expertise de la société de gestion.
Pour les autorités régionales de régulation des marchés financiers, le contexte actuel des pays de la Cemac est propice au lancement de ces organes de placement collectif. Car, dans la région, on constate d’importants excédents budgétaires au niveau des Etats, une surliquidité bancaire, un secteur financier justifiant d’un réel potentiel. Pourtant, des besoins de financement et d’investissement non couverts. Surtout que, précise la Cosumaf, l’émergence du marché des titres publics à souscription libre (bons du trésor, obligations du trésor) représente un gisement de produits susceptibles de constituer le panier de valeurs pour les Opcvm.
N.B.
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