Jean Francis Belibi| 6 Mai 2010 | Mutations |
Entre 6000 et 9000 femmes meurent chaque année au Cameroun en donnant la vie, selon ministre de la Santé publique.
Plus de 500 000 femmes meurent chaque année dans le monde à cause des complications de grossesse ou des difficultés liées à l’accouchement, alors que dans le même espace de temps, près de 2 millions de nouveaux nés meurent dès la première semaine de naissance en raison des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. 98% de ces chiffres sont enregistrés dans les pays en voie de développement. Dans le cas du Cameroun, le taux de mortalité est passé de 430 à 669 décès pour 100 000 naissances entre 1998 et 2004, selon les résultats de l’enquête démographique et de santé réalisée en 2004.
L’année dernière, le ratio de mortalité maternelle est estimé à 1 000 pour 100 000 naissances vivantes. Ce sont là des chiffres sur le phénomène de la mortalité maternelle, communiqués à la presse hier par André Mama Fouda. Le ministre de la Santé publique s’exprimait en prélude à la commémoration de la 4ème journée africaine de réduction de la mortalité néonatale et maternelle qui se célèbre samedi prochain sur le continent. Pour le ministre de la Santé publique, ” Quand on sait que nous avons plus de 900 000 naissances par an, ce sont donc près de 6 000 à 9 000 Camerounaises qui meurent chaque année en donnant la vie… “. Au rang des régions les plus touchées par le phénomène, l’Extrême Nord et l’Est
Sensibilisation
Au rang des causes de ce qui apparaît selon le ministre de la Santé publique comme une préoccupation importante, ” les hémorragies, les infections, les avortements clandestins… ” A cela, il faut ajouter le fait que selon André Mama Fouda, seules 39% des femmes enceintes effectuent des visites prénatales, la prise en charge inadéquate de la femme lors de l’accouchement, les grossesses précoces, les grossesses non désirées, les avortements clandestins, les grossesses tardives, le mauvais suivi médical durant la grossesse…Les nouveaux nés pour leur part n’échappent pas à cette “saignée”, puisqu’ils sont souvent victimes d’étouffement à la naissance et des infections comme le tétanos et la méningite pour ne citer que les plus courantes.
Il est donc question selon le ministre de la Santé publique, de procéder à la sensibilisation sur le bien fondé des consultations prénatales, le planning familial pour l’espacement des naissances et les risques de la transmissions des Ist et du Vih-Sida. A travers la Campagne accélérée pour la réduction de la mortalité maternelle (Carma) qui sera lancée dans les prochains jours, conformément aux prescriptions des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine réunis à Addis Abeba en janvier 2009, il sera question pour les gouvernements africains de lutter pour réduire l’impact de la mortalité maternelle et néonatale.
Autre préoccupation de André Mama Fouda, qui était assisté pour la circonstance de son collègue de la Communication Issa Tchiroma et du secrétaire d’Etat à la Santé Alim Hayatou, la lutte contre la bilharziose et les vers intestinaux pour laquelle il procédera ce jour, en compagnie de la ministre de l’Education de base à l’Ecole publique de Nkolbisson, au lancement officiel de la campagne 2010 de déparasitage gratuit des enfants d’âge scolaire, qui s’étendra sur tout le territoire jusqu’au 19 mai prochain. Une campagne qui se déroulera dans toutes les écoles primaires publiques et privées du Cameroun, alors que les enfants non scolarisés seront déparasités dans les formations sanitaires. Ici, 4 millions d’enfants sont visés.
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