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Des unités de police et de gendarmerie quadrillent la ville depuis dimanche dernier.
Un calme relatif règne à Kyé-ossi ». C’est en ces termes que Franklin François Etapa, le nouveau préfet du département de la Vallée du Ntem, a apprécié l’atmosphère qui prévaut dans la cité des trois frontières depuis le 25 juillet 2010.
En effet, c’est ce dimanche-là que le corps sans vie du Camerounais Hulrich Noumbi a été découvert à Ebebeyin, en Guinée équatoriale. Un meurtre qui a immédiatement suscité un grand mouvement d’humeur à la frontière entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Des Camerounais se sont amassés à la limite territoriale équato-guinéenne pour s’en prendre à leurs ressortissants.
« En sous-effectifs, les forces de maintien de l’ordre ont eu du mal à contenir cette foule de mécontents qui menaçait d’attaquer la Guinée équatoriale. Nous avons été contraints d’appeler les forces de maintien de l’ordre d’Ebolowa en renfort», relate le chef de poste frontière de la Sûreté nationale de Kyé-ossi, Eugène Malouma. Sur les circonstances du décès du jeune Camerounais, le fonctionnaire de police explique que « la victime aurait été assassinée dans la nuit du samedi 24 juillet à dimanche 25 juillet 2010 à Ebebeyin. Rendu en Guinée équatoriale avec les autorités camerounaises, l’on a constaté que le corps présentait des traces de fouet. Il apparaît aussi que le jeune homme a été abattu à bout portant par un fusil de chasse après la bastonnade ».
L’absence de morgue à Ebebeyin a poussé les autorités camerounaises à rapatrier le corps pour le conserver à la morgue de l’hôpital de district d’Ambam. Aux dernières nouvelles, un émissaire de sa famille aurait été dépêché à Ambam pour récupérer la dépouille. Bien que l’enquête policière pour élucider cet assassinat soit encore en cours, c’est surtout l’hypothèse de la justice populaire qui est avancée. Selon Eugène Malouma, le jeune homme était en fait « un bandit qui m’a échappé ici à Kyé-ossi il y a quelque temps. J’ai réussi à faire déférer son complice mais lui il a réussi à fuir. C’est un bandit qui a opéré ici à Kyé-ossi et qui était connu des populations. C’est sûr qu’il a été attrapé en plein braquage à Ebebeyin et la population, comme à Douala au Cameroun, a opté pour une vindicte populaire ». Cet avis n’est toutefois pas totalement partagé par tous les habitants de Kyé-ossi. Moustapha Njikam, un commerçant de la place, trouve que les autorités camerounaises font trop de concessions à la Guinée équatoriale. « Ce n’est pas la première fois que des Camerounais sont assassinés en Guinée équatoriale dans des circonstances obscures », s’est-il indigné.
Lundi dernier, le préfet de la Vallée du Ntem, Franklin François Etapa, a tenu une réunion de crise à Kyé-ossi pour ramener les populations au calme. Un acte renforcé par la présence de plusieurs détachements des policiers du Groupement mobile d’intervention (gmi) et de ceux des Equipes spéciales d’intervention rapides (esir), venus d’Ebolowa.
Jérôme Essian|Mercredi, 28 Juillet 2010|Le Jour|

© 2010, ↑ Cameroonwebnews.com
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