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Nelson Mandela et la jeunesse Africaine (un sens de l’histoire)

Par Achille Massoma|Lundi 2 Aout 2010|

Nelson Mandela et la jeunesse Africaine (un sens de l’histoire)

l'appel de Nelson Mandela à la jeunesse Africaine

Nelson Mandela n’a pas encore poussé son dernier souffle, que déjà des voix s’élèvent; celle de la contestation.  Cette  volonté, de banaliser la vie et l’action de Mandela, trouve son origine au sein même de la jeunesse Africaine, ce qui est un signe à la fois, alarmant et regrettable.

Les reproches qui sont généralement tenus à l’égard  de ce dernier sont très souvent d’ordres politico-économiques. Seize ans après son élection à la présidence sud africaine, les lignes n’ont pas énormément bougé. La majorité de la population noire vit toujours dans une pauvreté abjecte.  La corruption gangrène la classe politique, surtout la nouvelle élite noire. La réforme agraire piétine. L’éducation,  principal facteur  de la mobilité sociale, demeure déplorable chez les noirs, en comparaison avec celle reçue par les blancs et la classe moyenne noire. Les problèmes énumérés ci-dessus suffiraient- ils à banaliser cette légende africaine, en le comparant à n’importe quel  chef d’état africain?

Les reproches tenus à l’encontre de Mandela peuvent l’être  également à celle de Martin Luther King aux états unis, ou de Ghandi en  Indes. Pourtant, ces deux personnalités continuent de jouir d’un  écho  particulier au sein de leurs communautés respectives et évidement   sur le plan international. En outre, les intouchables  plus de  40 ans après la mort de Ghandi, demeurent telles qu’elle : Toujours intouchables. Cependant aux états unis, l’ouragan Katrina n’a t- il pas mis à jour la détresse des noirs, pauvres et, abandonnés par leur propre gouvernement. C’est pour dire, l’essentiel chez ces hommes est ailleurs.

S’ attarder sur la vie politique de Mandela serait être superficiel car pour comprendre l’essence, la dimension unique et historique de cet illustre personnage, il faudrait  s’interroger sérieusement, sur l’aspect  métaphysique et historique, -Il ne s’agit pas ici de mysticisme- de la possibilité d’un passage de la négativité à la positivité. Pour saisir la portée incomparable du sens de la vie de Mandela, il faut examiner attentivement le travail, le processus psychologique, mental et intellectuel qui permet à l’être de se libérer des forces qui nous enchainent dans notre fond intérieur, de la peur qui nous paralyse. Il faut, comme dirait Derrida, “entrer, de plein fouet d’ailleurs, dans le domaine de la maitrise et de la souveraineté“. L’acte, ou la succession d’actes, par les quels l’être construit sa liberté. Ce travail par essence, vient de soi, de son tréfonds. L’on construit sa propre liberté en se libérant de soi même, de ses propres imaginations  et de la peur.

Mandela, en mettant sa vie en jeux- et le danger fut reel- en s’élevant au dessus de la vie, en regardant la mort en face, il paye le prix et devient donc le maitre de son propre destin. Il le dit si bien lui même, “I Am the captain of my soul”.  Pour faire triompher l’idéal de justice, Nelson Mandela,  MLK, et  Ghandi ont le courage physique, moral, la force d’endurer l’angoisse de la mort. Car, en effet, il ne s’agit peu ou prou  que d’un acte de la vie et de la mort. Pour vivre pleinement, absolument, il faut se débarrasser de l angoisse de vivre, la peur de mourir. La mise en jeu de la vie est donc, un moment crucial dans la constitution du sens de la vie. C’est une étape incontournable dans la constitution de la conscience de soi. Cette capacité à s’éprouver, ce courage moral, cette intransigeance envers ses propres faiblesses, c’est là que réside la différence qui sépare le sens d’un certain non-sens, la positivité d’une certaine négativité, le maitre de l’esclave.

Une autre attitude consiste a vouloir ruser avec la vie, à raser les murs, à se cacher derrière ses propres illusions et contradictions, à tricher. A la fin de sa vie, bien que ‘plein aux as’, Mobutu, tout comme d’autres d’ailleurs, nous offre l’image d’une vie vide de tout sens. Ceux qui ont choisi de mourir dans la jouissance, furent bien morts avant de périr.

Par quelle magie du verbe pourrait-on nous faire croire que, le spectacle misérable et pathétique offert par Mobutu et autres dictateurs Africains, Durant et, au soir de leur vie, vaut la même chose que celle de Nelson Mandela, le guerrier au repos, le sage qui entre dans la mort les yeux ouverts le devoir bien accompli?

Les lumières furent un ambitieux projet politique, et philosophique. Il s’agissait, ni plus ou moins d’installer l’être dans la modernité. Il fallait libérer les êtres de l’ignorance, de la superstition, de la peur. Malheureusement, il s’acheva dans les ruines. Dans ce sens, l’Europe est un miracle.

Penchée sur ses ruines, l’occident qui pense, s’interroge encore, sur les raisons de l’échec du  projet des lumières. Comment peut on expliquer l’inexplicable, la rupture, dans une tradition culturelle – celle de Kant, Hegel et Marx- totalement imprégnée des idéaux de la rationalité, la liberté, la justice? Comment peut-on, la nuit tombée, écouter Bach, et, dans la journée, torturer son prochain?  Du coup, certains se mettent à rêver. Si au moment ou l’inévitable eut lieu, il y avait un, deux, quatre, dix Mandela pour refuser de se résigner, peut être que le pire eut pu être évité. Peut être que l’occident eut accompli avec succès son projet de modernité…

NELSON MANDELA DAY

C’est parce que Mandela incarne par sa personne, le courage moral et physique, l’idéal de justice, la rationalité face à la folie, la responsabilité individuelle, la possibilité du pardon et autres qualités qu’il est un personnage historique et unique.

En banalisant la vie et l’action de Nelson Mandela, ceux qui veulent verser dans le cynisme ambiant, qui veulent s’affranchir d’une certaine dictature de la pensée unique, exposent tout au contraire leur ignorance de l’histoire récente et plus important, d’un certain sens historique.

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