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Abandon de la jeunesse: Un inspecteur d’Etat épingle le gouvernement

C’était dans la salle de conférence du programme d’appui à la structuration de la société civile, (PASOC) à Yaoundé. Au cours d’une conférence organisée, mercredi 11 août 2010, par l’association Enfants sans frontières (ESAF). Invité en tant que jeune journaliste, Rodrigue Tongue en service au quotidien privé Le Messager a esquissé une réponse relative à son milieu professionnel.

Constamment au contact des faits et des gens, il livre l’approche d’un métier qui ne peut se passer de dialogue et de compréhension mutuelle, ne serait-ce que pour un épanouissement professionnel. « Le travail d’un bon journaliste d’une presse indépendante comme Le Messager, soutient-il, c’est d’entretenir de bons rapports (d’amitié, de confiance…) avec les sources d’information (qu’il s’agisse d’un homme d’affaire ou d’un pousseur), les collègues de travail et le grand public. Ce n’est pas tout d’avoir « le scoop », il faut préserver à la base ces rapports permanents ».

Le débat s’enflamme dès qu’il s’agit de poser les véritables problèmes que soulèvent ces notions au Cameroun. Intransigeant, Henry Tsafack, Inspecteur d’Etat au Contrôle supérieur de l’Etat (CONSUPE) dénonce les attitudes du gouvernement, des bailleurs de fond et de la société civile qui négligent la jeunesse camerounaise. « Nous sommes entrain de vivre une période où les gens sont chargés non seulement d’anesthésier mais aussi d’euthanasier la jeunesse », décrie-t-il. L’inspecteur d’Etat relève que depuis sa création en 2004, le ministère de la Jeunesse « fait semblant de converser avec la jeunesse ». Et constate que les résultats des organes mis en place par le gouvernement pour combattre la pauvreté en milieu jeune dont le Programme d’appui à la jeunesse rurale et urbaine, Pajer-U, sont toujours attendus.

Une jeunesse divisée

Les hommes chargés de leurs mises en œuvre déplore-t-il « ont des pensées machiavéliques, tribalistes et tournées vers les élections ». Pour lui il est anormal d’anesthésier chez les jeunes les nerfs de l’ambition. Et d’indexer ces hauts fonctionnaires qui ne pensent qu’au fameux article 2 (relatif aux avantages acquis avec un poste à responsabilité). Avant de les inviter à dialoguer avec les jeunes. Si le problème réside selon cet inspecteur d’Etat dans un gouvernement fermé au dialogue, Au sein des jeunes présents à ce débat, les avis sont partagés. Certains estiment que les jeunes sont responsables de leur propre turpitude. Pour cette tranche, les jeunes devraient commencer par cultiver le dialogue dans leur milieu avant de s’ouvrir.

Pour d’autres, rien n’est fait pour les intéresser. « Si les jeunes se sentent intéressés par la cause que vous défendez, ils vont vous suivre », garantie-t-on ici. Concernant la stratégie à adopter pour mettre en œuvre les thèmes de l’AIJ efficacement, les jeunes semblent encore divisés. Selon les uns, il faut attendre des propositions cohérentes du gouvernement à leur égard avant de lancer le dialogue. Tandis que pour d’autres, il faut commencer à s’organiser entre jeunes (par un premier dialogue) avant de se présenter aux autorités publiques avec un projet cohérent qu’un second dialogue pourra faire aboutir ?

Anaïs TANKAM (stagiaire)| Vendredi 13 août 2010 | Le Messager|


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