C’est sur ces deux éléments que s’est appuyé la présidence de la République pour bloquer la tenue du forum pendant deux jours.
Le Forum économique et commercial avec la diaspora a été préparé depuis près de trois ans par la direction de la Coopération commerciale du ministère du Commerce. Il était prévu qu’il se déroule du 11 au 13 août à Yaoundé.
Jusqu’à hier, il n’avait pas débuté. Et pour cause, la présidence de la République n’a pas donné son quitus. A cela, s’ajoute le conflit de leadership entre le ministère du Commerce et le ministère des Relations extérieures, pour le contrôle de l’évènement. Au ministère du Commerce, l’on estime que le forum avait « un caractère purement économique et ne nécessitait pas obligatoirement la présence du ministre des Relations extérieures ». Pourtant, Henri Eyebe Ayissi juge que « la diplomatie est du domaine réservé du chef de l’Etat ». D’ailleurs, pour indiquer leur bonne foi, des responsables du Mincommerce n’hésitent pas à marteler à qui veut l’entendre que le ministre des Relations extérieures présidait la commission du protocole et de l’accueil. Dans cette affrontement entre Luc Magloire Mbarga Atangana et Henri Eyebe Ayissi, le Premier ministre Philemon Yang n’a pas pu trancher. Le problème se situant au dessus de lui : La présidence de la République.
D’après nos sources, le blocage s’est situé à la présidence de la République où des responsables ont douté du caractère purement économique du forum de Yaoundé. Pour cela, ils s’appuient sur les communications envoyées par des représentants de la diaspora pour le forum. En effet, parmi les différents obstacles à l’investissement des Camerounais de l’étranger, ceux-ci ont indiqué le refus de la double nationalité et le droit de vote aux Camerounais de la diaspora. Ces communications étaient envoyées au préalable, centralisées à la cellule de communication du ministère du Commerce, puis transmises à la présidence. C’est sur ce fait que deux tendances se seraient affrontées à Etoudi. Une qui jugeait totalement neutre la rencontre de Yaoundé et une autre qui y voyait un moyen de mobilisation politique pour la diaspora. C’est finalement aux alentours de 14 h que l’aval de la présidence pour la tenue du forum a été obtenu.
Hier, nombre de Camerounais de l’étranger allaient et venaient dans les couloirs du palais des congrès, sans savoir à qui s’adresser. Une délégation s’est rendue au ministère des Relations extérieures pour s’enquérir de la situation. Dans l’après-midi, le ministère du Commerce, à travers un communiqué a indique que le forum débute ce jour à 09h30.
Boris Bertolt|Vendredi 13 Aout 2010|Le Jour|
Thomas Fozein : Limogé pour s’être prononcé sur la double nationalité
La double nationalité a coûté son poste au chef par intérim de la Division des Camerounais à l’étranger. Les auteurs de la sanction reprochaient à Thomas Fozein d’avoir failli à son obligation de réserve alors qu’il était en mission à l’étranger, et surtout d’avoir fait des déclarations qui n’avaient rien à voir avec la réalité ». Le Jour quotidien qui rapportait cette information dans son édition du 25 mai 2010 a expliqué que les misères de l’ex chef de la Division des Camerounais de l’étranger sont arrivées lorsqu’il s’est exprimé sur la question de la double nationalité au cours d’une opération d’information initiée par le gouvernement camerounais. Au cours de cette mission conduite par Eugène Wonyu, chargé de mission à la présidence de la République, Thomas Fozein aurait affirmé que « des techniciens sont en train de travailler dessus car il est question de revoir notre code de nationalité et que la loi portant code de nationalité camerounaise sera modifiée afin d’introduire la double nationalité au Cameroun. Précisant qu’elle serait prête et qu’il ne restait plus qu’à transmettre le projet de loi à l’Assemblée nationale », rapportait le quotidien Mutations qui citait ainsi les confrères de l’hebdomadaire Jeune Afrique.
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