Ce mardi 17 août 2010, le directeur de publication (Dp) de Le Devoir devrait être extrait pour la deuxième fois en 6 jours de la maison d’arrêt de Kondengui pour l’hôpital Central de Yaoundé. Comme lors de la première extraction, il va y subir un scanner du crâne après deux jours de coma consécutif à un coup de gourdin reçu à la tête dans la nuit du 9 au 10 août 2010. Après un internement dans un état comateux à l’infirmerie de la prison, Robert Harris Mintya Meka revenu à ses esprits jeudi 12 août 2010 a été transféré à l’hôpital Central de Yaoundé pour subir un premier scanner. Retourné à la prison, il a montré des signes de fébrilité qui ont poussé son médecin soignant à opter pour un deuxième examen prévu pour ce jour.
Sur les circonstances de cette raclée qu’il a subie, une de ses sœurs confie qu’ « alors qu’il participait à une partie de Songho cette nuit-là, il a reçu sur le crâne un coup de gourdin d’un codétenu ». Son bourreau est identifié par la brigade de la prison Centrale de Kondengui comme Raoul T., redoutable gangster condamné pour braquage. De sources de la même brigade croient également savoir que tout est parti d’une altercation verbale entre la victime et son bourreau. Une version que conteste la famille du Dp qui voit plutôt dans cette agression, une volonté d’éliminer physiquement le camarade d’infortune de feu Bibi Ngota -décédé lui-même dans des conditions troubles dans la nuit du 22 au 23 avril 2010- pour le faire taire après ses multiples sorties médiatiques.
En effet, une lettre dite d’excuse adressée le 12 avril 2010 au secrétaire général de la présidence de la République circulait dans les rédactions. Sa paternité étant attribuée à Robert Harris Mintya qui, revendiquant sa collusion avec le régime de Yaoundé, priait Laurent Esso de le faire libérer. Le Messager l’interrogera pour savoir s’il en était l’auteur ou non. Le Dp avouait tout en bloc et signalait au passage, sa relation avec des parents proches du président de la République et des ministres en fonction. Dans la foulée de cet aveu, il faisait d’autres sorties dans plusieurs journaux pour préciser sa pensée et crier pour la énième fois, son innocence sur les faits qui lui sont reprochés.
Depuis que Robert Harris Mintya a été inculpé pour faux et usage de faux et falsification des imprimés de l’Etat, en compagnie des journalistes Bibi Ngota et Serges Sabouang, il a introduit une demande de liberté provisoire auprès du cabinet d’instruction près des tribunaux du Mfoundi – centre administratif. Ladite demande n’a jamais prospéré. Après cet autre rebondissement de l’affaire, la question de savoir à qui profiterait la mort de Robert Harris Mintya mérite d’être posée.
Par rodrigue.n.tongue | Mardi 17 août 2010 | Le Messager|
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