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Découverte Bonapriso : une galerie au bord de la route

Avenue de Gaule à Bonapriso. Des tableaux aux couleurs enivrantes et aux multiples dimensions jouxtent le long de cette voie fortement empruntée. Conçus et confectionnés par une dizaine de peintres de renom parmi lesquels Samuel Pensée (Kuédi), Nyame Njackson (Dallan), Landry Messelang (Messelang), Georges Davidson  Merlin Tefolo, ces tableaux exposés en plein air font l’objet de curiosité.

Autant de la part des piétons que des automobilistes. Ici, toute l’Afrique traditionnelle, la civilisation européenne, l’amour, la tristesse, la joie, sont illustrés sur des toiles étincelantes. Ces tableaux d’une beauté inimaginable donnent à première vue l’impression qu’il s’agit d’un chef d’œuvre. Mieux, d’un travail de professionnels rompus à la tâche.
Prostrés des deux cotés de la route, ils embellissent cette rue tout en lui donnant  l’allure d’un musée. Ce  qui frappe beaucoup le visiteur, c’est la qualité du travail. L’agencement des couleurs parle de lui-même. « Plusieurs personnes viennent se balader dans cette rue à cause de la beauté des tableaux.». Selon Gervais Biheng, « nous exposons en plein air parce que la promotion de l’art est moins soutenue  au Cameroun et nous sommes appelés à faire de l’art pour tous. En exposant au bord de la route, on permet à tous de pouvoir accéder à nos produits. ». Le regard lointain, ce marchand d’art assis à l’ombre d’un manguier observe les passants. De temps en autre, il espère qu’un client se pointera. Par ce temps pluvieux, il n’a pas encore vendu le moindre objet d’art depuis le matin mais reste optimiste. « La vente des objets d’art n’est pas un marché comme les autres. On passe parfois des semaines sans vendre et un jour, on réalise de grosses ventes. C’est un commerce aléatoire » tient-il à préciser. Tout près de lui, un collègue presque imperturbable s’atèle à la fabrication d’une chaise à l’aide des lianes de rotin qu’il a pris la peine de nettoyer soigneusement.

La galerie de Bonapriso bien qu’étant à l’air libre est visitée autant par les Camerounais que les étrangers. «  Ce sont les étrangers qui achètent le plus nos tableaux pourtant, les prix ne sont pas élevés comme dans les galeries modernes. A dix milles francs ici on peut avoir un tableau » Affirme Gervais.  Les prix varient en fonction de la qualité et du design. Ainsi on peut avoir un tableau à partir de 10.000 Fcfa, 25000 Fcfa, 50.000 Fcfa  100.000 et 200.000 Fcfa. Même si ceux qui exposent dans cette galerie en plein air disent vivre de cet art, ils reconnaissent rencontrer des difficultés. Notamment au niveau de la manutention et des impôts. « Les agents des impôts nous soumettent à des paiements exorbitants » soutient Gabriel. Durant la saison des pluies, il est difficile d’exposer les tableaux. Et leur transport au quotidien  n’est pas facile

Hervé Villard Njiélé (Cp)| Vendredi 27 août 2010 | Le Messager|


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