« Plainte contre Monsieur Ndjitoyap Ndam, directeur général de l’Hgy [Hôptal général de Yaoundé, Ndlr] et Monsieur Bilong Dieudonné, chef du personnel, pour harcèlement, intimidation et menaces sous conditions ». Tel est l’objet d’une correspondance en date du 25 août 2010, adressée par Pierre Simon Seme au ministre du Travail et de la sécurité sociale (MINTTS). Cet agent administratif en poste à l’Hôpital général de Yaoundé se plaint d’être, depuis que ses paires l’ont élu président de la section HGY du Syndicat départemental des personnels de la santé et de la pharmacie du Mfoundi (SDPSPM), victime d’harcèlement, d’intimidations et de menaces sous conditions nuits et jours. « Même chez moi, des gens viennent me demander de laisser le syndicat, si je tiens à rester à l’HGY et à ma vie », souligne Pierre Simon Seme. Selon sa lettre au ministre Robert Nkili, cette cooptation à la tête de cette section syndicale a causé par exemple le non paiement de ses arriérés d’avancement et son non reclassement.
En fait cette situation remet au devant de la scène un malaise latent entre la direction générale de cet hôpital de renom et certains employés. Le 21 juin dernier déjà, le Sdpspm saisissait le chef de l’Etat Paul Biya pour lui présenter ses revendications. Les syndicalistes réclamaient entre autres : les 5% restant des 15% de l’augmentation de salaire décidée en avril 2008 et le rappel ; la prime d’ancienneté de 2% par an qui n’existe pas depuis l’ouverture de cette institution sanitaire et son rappel ; la prime de garde pour le personnel concerné ; la prime de caisse et de recouvrement ; le logement pour tous car « aujourd’hui les agents de la 1ère à la 6e catégorie sont exclus au détriment de ceux de la 7e à la 12e catégorie ». Ils demandaient également des congés payés, la prise en charge médicale à 75% y compris les produits pharmaceutiques tel que stipulé dans les contrats, la régulation de la situation socio professionnelle de certains des employés.
Pas de discussion avec des clandestins
Seulement, le directeur général de l’Hôpital général de Yaoundé semble ne pas vouloir discuter avec la section du Sdpspm créée dans son institution. Dans une correspondance adressée le 21 juillet 2010 au président du Sdpspm, Benoît Enama, le Pr. Ndjitoyap Ndam explique que l’Hôpital général de Yaoundé « ne saurait reconnaître votre bureau de section constitué dans la clandestinité ». Il s’appuie sur le fait que le procès-verbal de l’élection de cette section syndicale révèle qu’il a été constitué dans un autre lieu autre que l’hôpital. « Ensuite, il n’a pas été signé par le prétendu président Seme Pierre (…) Nous sommes à nous demander quelle est la motivation réelle de votre démarche… » S’interroge le Dg de l’Hôpital général de Yaoundé.
Quelques temps plus tard, le 13 août dernier, il revient à la charge en répondant à une autre correspondance du président du syndicat départemental qui lui avait transmis des documents. L’exploitation de ces documents, explique le directeur général, permet de constater l’absence d’une fiche associée au procès-verbal de la rencontre du Sdpspm avec les travailleurs ; la non communication du collège électoral composé de personnels ayant effectivement adhérés au syndicat suite à ladite rencontre ; et enfin, la reconduction « par acclamation » du bureau local constitué « dans la clandestinité et que nous avons dénoncé dans notre correspondance… ». Ces arguments sont battus en brèche par des membres de la section Hgy du Sdpspm (ils sont au total 127) qui estiment que leur directeur général continue dans sa lancée de faire « la peau » à certains de ses employés.
Focal: Accusations graves
Le directeur général de l’Hôpital général de Yaoundé, Pr. Ndjitoyah Ndam, serait-il un homme « sans cœur » ? C’est en tout cas par l’affirmative que certains employés répondent à cette question. Le président de la section Sdpspm de cet hôpital en est d’ailleurs très convaincu. Selon lui, le Dg aurait posé de nombreux actes qui prouvent qu’il est un tyran. « Awono Awono, infirmier en poste dans cette institution sanitaire, a passé huit mois de prison pour un vol de matériel qu’il n’avait pas commis et pour lequel le tribunal avait prononcé un non lieu », raconte Pierre Simon Seme. Le Dg, à la libération de cet infortuné, aurait tenté de lui faire signer une lettre dans laquelle il s’engageait à ne pas poursuivre l’Hgy. L’infirmier a refusé et a plutôt négocié son affectation pour l’Hôpital gynéco-obstétrique de Ngousso afin de fuir les foudres de son patron. Un autre employé, Sébastien Atanga, a également fait de la prison pour un autre vol sur lequel le tribunal a prononcé un non lieu. Réclamant les 15 mois de salaires correspondant à la durée de sa détention, le Dg lui a opposé un refus catégorique. L’inspection du travail vient de trancher en faveur de l’employé. « Des innocents sont malmenés tandis que ses protégés commettent des actes répréhensibles sans être inquiétés », accuse Pierre Simon Seme. Il cite le cas de M. Njoya, neveu du Dg et comptable à la pharmacie, qui aurait accusé un trou de quelque 20 millions Fcfa mais qui n’est pas inquiété. Accusations portées à tort ou à raison, il y a tout de même lieu de s’interroger…
Par alain.noah.awana | Lundi 30 août 2010 | Le Messager
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