Marchés : Bamenda, ville la plus chère du Cameroun

L’Ins révèle une augmentation globale de l’inflation de 2,8% dans le pays, au cours du 1er semestre 2011.

«Après une accalmie observée en 2010, les tensions inflationnistes renaissent depuis le début de l’année 2011. En effet, les prix à la consommation finale des ménages sont en hausse de 2,8% en glissement au cours du premier semestre, contre 0,4% au cours de la même période en 2010. En moyenne sur les douze derniers mois, l’augmentation se situe à 2,5%, soit plus du double (1,1%) par rapport à l’année précédente», commence le rapport de l’Institut national de la Statistique (Ins). Qui poursuit, explicatif : «L’évolution ainsi observée s’explique principalement par la hausse de 5% des prix des produits alimentaires, et ce, malgré les multiples actions de lutte mises en oeuvre par le gouvernement visant un meilleur approvisionnement des marchés à moindres coûts».

De façon générale, indique le rapport, cette poussée inflationniste s’observe sur toute l’étendue du territoire avec, cependant, une certaine mollesse dans la ville de Garoua, qui enregistre une progression de 1,1%. En tête du hit-parade des villes les plus inflationnistes, caracole la ville de Bamenda, avec un indice de 5,9%. Suivent ensuite les villes de Bafoussam (3,4%), Yaoundé (3,1%) et Douala (3,0%). Ce classement, qui met en lumière une distribution spatiale plus qu’aléatoire, suggère déjà que les causes de cette montée des prix ne sont guère spécifiques à une région donnée.

Deux facteurs, le «renchérissement des produits alimentaires» et «l’accroissement des dépenses de maison», tiennent lieu, selon le rapport de l’Ins, de ressorts de cette hausse de l’inflation. «La hausse de l’indice des prix au premier semestre 2011 est principalement due au renchérissement des produits alimentaires (5,0%), et à un accroissement des dépenses de maison (3,3%).» diagnostique précisément l’Ins. Plus concrètement, les prix du manioc, de la patate douce, du macabo, des légumes, des légumineuses, des grains, du poisson, des huiles, des graisses…ont tous connus des hausses dans les marchés. Pour certains cas comme celui du poisson, il s’agit de véritables «envolées» entretenues par la rareté de cette denrée de grande consommation. L’Ins parle par exemple d’une «escalade» des prix du poisson maquereau de l’ordre de 17,6% sur le marché camerounais.

Ventes promotionnelles
Quant à l’accroissement des dépenses de maison, elle résulte, selon l’Ins, «d’une part de l’augmentation des prix d’entretien de logement tel que le savon en morceau, et d’autre part de l’augmentation du tarif de la seconde tranche de consommation électrique qui est passé de 70 Fcfa à 77 Fcfa à partir de janvier 2011». Ce que l’on constate donc, c’est qu’il s’agit d’une inflation par les coûts. Faute d’indications précises à cet égard de la part du rapport de l’Institut national de la statistique, l’on subodore que cette hausse des prix est consécutive à celle des charges ou des intrants de production de ces bien et services.

Certes jusqu’ici, il n’y a pas encore péril en la demeure, le taux d’inflation camerounais à l’aune de l’Ins étant encore en dessous du seuil de 3% admis dans la zone Cemac. D’ailleurs, s’agissant des taux d’inflation, le Cameroun a connu bien pire. Mais la situation mérite déjà une grande attention.
Dans son rapport, l’Ins préconise un renforcement des mesures gouvernementales visant à contenir l’inflation telles que les campagnes de ventes promotionnelles des produits de grande consommation. Mais les données révélées par le même rapport montrent à suffisance qu’il faudra aller au-delà de ces mesures, et s’attaquer aux causes structurelles de cette inflation, notamment cette tendance chronique à la hausse des prix des intrants de production des biens et services au Cameroun.

Serge D. Bontsebe | 29 Aout 2011 | Mutations |

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LE SILENCE COUPABLE DE L’OPPOSITION GUINEENNE

« Le silence devient un péché lorsqu’il prend la place qui revient à la protestation ; et, d’un homme, il fait alors un lâche ».

Abraham Lincoln

Après l’attaque contre la résidence du président de la République, le Professeur Alpha Condé, les Guinéens, dans leur immense majorité, ont apporté un soutien unanime au chef de l’État et condamné avec énergie les auteurs de la tentative d’assassinat. Les États-Unis et l’Union Européenne ont, par la voix de leurs représentants, condamné l’attaque de la résidence et exprimé leur attachement à la poursuite de la paix et de la stabilité en Guinée. De nombreux chefs d’État et de gouvernement étrangers ont téléphoné au président Alpha Condé pour lui exprimer leur soutien.

          Mais à ce jour, les leaders de l’opposition guinéenne ont choisi d’observer le silence. Ni Cellou Dalein ni Sidiya Touré ne se sont exprimés sur ce qui s’est qui passé le 19 juillet dernier. Ce silence calculé des leaders de l’opposition est à tout le moins troublant et inexcusable. Il est révélateur de leur degré de patriotisme et de l’idée qu’ils se font de nos institutions et de la Nation. Chercheraient-ils à tirer de l’événement des dividendes indus, et lesquels ? Je n’ose pas y croire. Mais ici, le mutisme équivaut à un consentement tacite, à une approbation de la méthode utilisée et des fins poursuivies par les criminels. Calcul politique insensé, machiavélisme outrancier, attitude inhumaine et franchement destructrice. Il est des moments où l’intérêt général et l’avenir de la nation doivent l’emporter sur les ambitions personnelles. De surcroît, il me semble qu’un leader qui aspire à un destin national doit avoir un sens de l’honneur, c’est-à-dire la volonté de mettre son action au service de valeurs morales : refus de pactiser avec le diable, renonciation aux compromis douteux, sens du tragique de la destinée et aussi de la dignité. Il s’agit de valeurs de fidélité que l’homme ne peut nier sans se condamner à la perdition.

          Répétons-le clairement pour ceux qui l’auraient oublié : la tentative d’assassinat d’un chef d’État démocratiquement élu n’est pas un épiphénomène. C’est une remise en cause de nos institutions, une transgression de la volonté populaire exprimée par voie électorale. Sous d’autres cieux, quelles qu’aient été les circonstances, une telle tentative a toujours suscité un sursaut national. Le peuple, tout le peuple, y compris les leaders politiques, s’est dressé comme un seul homme pour défendre l’unité et l’unicité de la nation.

D’où vient donc que, depuis les événements du 19 juillet, les dirigeants de l’opposition guinéenne aient choisi de rester silencieux ? Généralement très enclins à solliciter des interviews sur les stations de radio et les chaînes de télévision étrangères, ils ont tous opté aujourd’hui pour l’hibernation. Ni Cellou Dalein, ni Sidia Touré, ne sont allés à la télévision pour flétrir la tentative d’assassinat et exprimer ouvertement leur soutien au Président de la République. Ils savent cultiver l’ambiguïté, la contradiction et l’énigme. A l’heure où j’écris, ils préfèrent déléguer leurs pouvoirs à leurs lieutenants qui amusent la galerie en se barricadant chez l’un d’eux à Dixinn. Opération médiatique et piètre tentative de diversion Le peuple guinéen n’est pas dupe. Viendra un moment où il faudra s’expliquer.

           Le pire en politique est de cultiver l’art du cynisme, cette attitude par laquelle l’homme politique se coupe de ses racines et se prive de toute morale concrète. Pour moi, il n’y a pas de différence entre ceux qui commettent l’acte criminel et ceux qui le soutiennent, tacitement ou ouvertement. Les aventuriers de l’armée guinéenne, l’opposition silencieuse et les auteurs de textes haineux sur les sites, sont unis dans une même entreprise : détruire notre expérience démocratique. Quant au dernier groupe de la trinité, le but qu’il se propose réellement est de participer au projet de destruction de la Guinée par la propagation du mensonge, la falsification des faits, l’exaltation du sentiment ethnique. On aurait tort de les sous-estimer. Véritables agents de la déconstruction nationale, ils sont tout aussi dangereux que les autres dans la mesure où ils s’attaquent directement à l’esprit et à l’intelligence. Un exemple. En dépit de toutes les preuves et de toutes les réactions nationales et internationales, certains Guinéens de la diaspora soutiennent mordicus que la tentative d’assassinat a été orchestrée par Alpha Condé pour se débarrasser de ses opposants. Il est à peine besoin d’insister sur le caractère ridicule et totalement irresponsable d’une telle déclaration. Elle vise tout simplement à créer la confusion pour banaliser un acte criminel.

          En tout cas, les événements du 19 juillet ont montré jusqu’où certains Guinéens sont prêts à aller dans leur entreprise de déstabilisation du pays. Ils se sont parfaitement bien répartis la tâche. Pendant que leurs leaders feignent l’indifférence à Conakry ou sont dans l’avion en quête de notoriété internationale, les gribouilleurs des sites sont chargés de distiller des textes haineux dans les médias étrangers. Ils ne craignent ni le désordre ni la violence. L’essentiel pour eux est de mettre la Guinée à feu et à sang. Et après, on verra.

L’objectif immédiat, pensent ces ennemis irréductibles, est de se débarrasser d’Alpha Condé. Il est devenu l’obstacle à la conquête du pouvoir. Aucune initiative, aucune réalisation concrète de son gouvernement ne mérite d’être citée. Pour ces nihilistes assermentés, reconnaître une seule réalisation du gouvernement du premier ministre Mohamed Saïd Fofana, c’est faire une faveur à Alpha Condé. Il faut à tout prix noircir le tableau aux yeux de l’opinion publique internationale. Pour cela, ils parlent d’arrestations arbitraires, de pouvoir dictatorial, de domination du pouvoir par l’ethnie malinké, etc. Et comme si tout cela ne suffisait pas, ils s’évertuent à nier les évidences, les réalités constatées et certifiées par l’opinion internationale. D’ailleurs, disent-ils, cette tentative d’assassinat est un « vrai faux » complot ? Elle est sortie de l’imagination fertile d’Alpha Condé. On sait que c’est au nom d’arguments fallacieux de ce genre qu’ils avaient nié le débarquement du 22 novembre 1970. Malgré toutes les évidences, ils avaient prétendu que l’attaque de la Guinée par les mercenaires portugais et des exilés guinéens n’était qu’une fabrication pure et simple du régime de Sékou Touré.

           C’est étrange comment la mauvaise foi peut obscurcir le jugement des hommes. Rien ne saurait convaincre les professionnels de la désinformation. Mais si l’opposition guinéenne veut devenir une force crédible pour une alternance démocratique en Guinée, à elle a intérêt à adopter une attitude responsable. Ici et maintenant.

 29 Aout 2011

Mamadi Keita Babila dit 31

Washington, DC

États-Unis d’Amérique

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Opération Epervier : Me Alice Kom et Lapiro pour la libération d’Yves Michel Fotso

Les deux membres du comité pour la libération de l’homme d’affaires dénoncent par ailleurs l’attitude du Premier ministre à vouloir museler la presse.

«Le communiqué du Premier ministre (Pm) est une menace à peine voilée dirigée contre la presse dans le but de la museler en interdisant les couvertures des procès liés à l’Opération Epervier dont l’initiateur est le président de la République du Cameroun. Si le Pm vient à le faire, cela veut dire que l’Opération Epervier (qui était une action pour lutter contre les détournements de deniers publics) est devenue une opération de règlement des comptes. C’est une vraie mafia tropicale. Comment peut-on retirer le passeport à un homme d’affaires moderne ?». Tels sont les propos de Me Alice Kom, avocate au barreau du Cameroun, prononcés au cours de la conférence de presse qu’elle a donné samedi 27 août 2011 à Douala.
A ses cotés, Pierre Roger Lambo Sandjo alias Lapiro de Mbanga.
L’avocate et l’artiste parlent au nom du comité de soutient à Yves Michel Fotso, ex-administrateur directeur général de la Cameroon Airlines (Camair) détenu à la prison centrale de Yaoundé dans le cadre de l’Opération Epervier. Me Nkom a profité de cete rencontre avec la presse pour dénoncer les «tares» de cette opération de lutte contre les détournements de deniers publics.
Non sans préciser que le comité de soutient à Yves Michel Fotso, auquel Lapiro de Mbanga vient nouvellement d’adhérer, est une Ong née sous l’initiative du Réseau international de soutien aux juges intègres (Risji), afin de défendre les droits des personnes injustement condamnées à, l’instar de l’ancien Adg de la Camair.

«Il est question pour nous d’informer le président de la République de ce qu’est devenue l’Opération épervier», informe l’avocate, qui a longuement expliqué les contours de l’affaire relative à l’achat de l’avion présidentiel pour lequel Yves Michel Fotso est incarcéré. Selon elle, les poursuites commencent en Suisse. «Yves Michel Fotso était poursuivi en Suisse pour 4 infractions. Il y avait entre autre le délit de complicité de blanchiment d’argent, celui de détournement de 31 millions de dollars et deux autres faits liées à la gestion de la Camair. Les juges camerounais ne le poursuivaient que pour le détournement de 31 millions de dollars». Pendant l’affaire qui se déroule en 2006 en Suisse, l’accusé est inculpé et laissé en liberté.
L’avocat, qui n’est pourtant pas le conseil d’Yves-Michel Fotso, dit donc ne pas comprendre pourquoi ce dernier a été incarcéré par l’Etat du Cameroun à la prison centrale de Yaoundé, alors qu’il présente toutes les garanties de représentation de justice. Avant de conclure que le seul tort de l’ex-Adg de la Camair est d’avoir écrit au Premier ministre.
Cette action est soutenue par Lapiro de Mbanga sortie de prison il y a trois mois. «J’ai été détenu pendant trois ans dans trois prisons camerounaises (Mbanga, Nkongsamba et Douala, Ndlr). Au moins les 2/3 des détenus m’ont approché parce que je suis Lapiro. D’après ce qu’ils m’ont dit, la majorité d’entre eux ne savent pas pourquoi ils sont emprisonnés», affirme celui qui dit poursuivre le combat qu’il a commencé depuis 1991.

Blaise Djouokep | 29 août 2011 | Mutations |

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