Submitted by Raju Jan Singh on Mon, 2010-03-30|
Durant les annĂ©es 1980s et les dĂ©buts 1990s, beaucoup de pays africains ont entrepris des rĂ©formes afin de dĂ©velopper leur secteur financier. Les secteurs financiers dans les pays africains demeurent toutefois parmi les moins dĂ©veloppĂ©s de la planĂšte. En Afrique, le dĂ©veloppement financier dans la zone CFA est encore plus limitĂ©. Pourquoi ? Dhaneshwar Ghura, Kangni Kpodar et moi-mĂȘme examinons prĂ©cisĂ©ment cette question.
Les institutions financiĂšres opĂšrent avec une information incomplĂšte. Les entrepreneurs cherchant un financement ont plus dâinformations sur leur projet que les banques. Des projets qui diffĂšrent quant Ă leur chance de succĂšs ne peuvent ĂȘtre diffĂ©renciĂ©s par les banques. Les banques doivent collecter plus dâinformation ou exiger des garanties pour ne financer que les projets les plus prometteurs. Dans un tel environnement, la gouvernance, les droits de propriĂ©tĂ©, ou lâinformation sur les risques bancaires peuvent jouer un rĂŽle de premier plan.
Nous considĂ©rons un Ă©chantillon de 40 pays sur la pĂ©riode 1992 Ă 2006 et trouvons que lâĂ©cart de dĂ©veloppement financier entre la zone CFA et les autres pays dâAfrique peut sâexpliquer par des diffĂ©rences dans la qualitĂ© des institutions, notamment la disponibilitĂ© des informations sur les risques crĂ©diteurs et la protection et une bonne dĂ©finition des droits de propriĂ©tĂ©, facteurs sur lesquels les dĂ©cideurs peuvent avoir une influence. Si la libĂ©ralisation du secteur financier et la stabilitĂ© macroĂ©conomique sont certes nĂ©cessaires, elles ne sont pas pour autant des conditions suffisantes.
Que peuvent donc faire les pays de la zone franc ? Ils peuvent dĂ©velopper lâinformation sur les risques crĂ©diteurs et renforcer les droits des crĂ©anciers.
Ces efforts sont nĂ©anmoins complexes. La couverture des centrales de risques existantes devrait ĂȘtre Ă©largie et inclure autant dâinformation que possible sur le profile des crĂ©diteurs. Ce dĂ©veloppement devrait se rĂ©aliser cependant tout en respectant la sphĂšre privĂ©e et en protĂ©geant dâune maniĂšre appropriĂ©e la confidentialitĂ© des informations. Renforcer le droit des crĂ©anciers requiert des changements lĂ©gislatifs relatifs au remboursement des prĂȘts et Ă la rĂ©alisation des garanties.
La rĂ©alisation des garanties dĂ©pend Ă son tour sur un enregistrement appropriĂ© des droits de propriĂ©tĂ© et du dĂ©veloppement dâun cadastre dans les villes ainsi que dans les campagnes. Finalement, une rĂ©forme des cours de justice est nĂ©cessaire pour amĂ©liorer lâapplication du cadre lĂ©gal.
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