La Cour d’appel de Paris a annoncĂ© le 17 september qu’elle rendrait le 29 octobre prochain son verdict sur l’autorisation au juge d’instruction d’enquĂȘter sur les «Biens mal acquis» de chefs d’Etats d’Afrique centrale en France. Cette dĂ©cision doit trancher sur l’appel du parquet de Paris suite au feu vert du doyen des juges d’insctruction pour ouvrir une information judiciaire sur cette affaire qui butte depuis plusieurs annĂ©es sur l’immunitĂ© diplomatique des personnes visĂ©es.
Paris enquĂȘtera ou n’enquĂȘtera pas ? C’est la dĂ©cision que rendra le 29 octobre prochain la Cour d’appel de Paris, aprĂšs l’appel introduit par le parquet suite Ă la dĂ©cision en mai dernier du doyen des juges d’instruction de Paris, Françoise Desset, d’autoriser l’ouverture d’une information judiciaire sur le financement des biens immobiliers et mobiliers de trois chefs d’Etats d’Afrique centrale.
Le verdict qui devait ĂȘtre rendu ce 17 septembre a Ă©tĂ© renvoyĂ© Ă la fin du mois prochain par la Cour d’appel, alors que certains paramĂštres du dossier ont changĂ©, avec notamment le dĂ©cĂšs le 8 juin dernier du prĂ©sident gabonais, Omar Bongo. Selon certaines sources judiciaire, cela ne change rien au dossier.
Le parquet s’Ă©tait opposĂ© Ă l’ouverture d’une information judiciaire, estimant que les plaignants ne pouvaient arguer d’un prĂ©judice dans ce dossier. Si la Cour d’appel reçoit la saisine du parquet, la plainte sera classĂ©e sans suite. Sinon, le parquet pourra encore saisir la Cour de cassation.
Le parquet de Paris avait dĂ©jĂ classĂ© sans suite Ă deux reprises, en novembre 2007 et septembre 2008, des plaintes simples visant les trois chefs d’Etat africains. A l’issue d’une enquĂȘte prĂ©liminaire dĂ©taillant leurs biens en France, il avait estimĂ© que les investigations policiĂšres n’avaient «pas permis de mettre en Ă©vidence des infractions pĂ©nales».
Une dizaine de membres de la famille Bongo ont Ă©tĂ© citĂ©s en 2007 comme Ă©tant les dĂ©tenteurs de comptes bancaires ou de propriĂ©tĂ©s en France, que les plaignants accusent d’avoir Ă©tĂ© financĂ©s par de l’argent public dĂ©tournĂ©.
Le prĂ©sident congolais Sassou Nguesso possĂšderait lui un hĂŽtel particulier de 700 m2 dans les Yvelines et un appartement dans le VIIe arrondissement de Paris, selon cette mĂȘme enquĂȘte policiĂšre. Plusieurs biens en rĂ©gion parisienne sont attribuĂ©s Ă ses proches. Aucune action publique n’est cependant envisageable contre les chefs d’Etat, qui disposent d’une immunitĂ© liĂ©e Ă leur fonction.
«Les chefs d’Etat en exercice bĂ©nĂ©ficient d’une inviolabilitĂ© et d’une immunitĂ© de juridiction pĂ©nale absolue», explique le ministĂšre français des Affaires Ă©trangĂšres, prĂ©cisant toutefois que les membres de leur famille ne bĂ©nĂ©ficient pas de cette immunitĂ© Ă l’Ă©tranger sauf «s’ils accomplissent pour le compte de l’Etat Ă©tranger une mission officielle».
Les prĂ©sident Sassou Nguesso, et l’Ă©quato guinĂ©en Obiang Nguema, Ă©galement mis en cause dans cette affaire, ont rĂ©cemment dĂ©cidĂ© d’ester en justice contre les plaignants pour diffamation. D’aprĂšs l’ONG plaignante, le patrimoine immobilier des trois chefs d’Etat en France s’Ă©lĂšverait Ă 160 millions d’euros.
«Nous ne demandons pas d’acrobatie juridique Ă la cour d’appel. L’ordonnance de la juge est en ligne avec la jurisprudence de la Cour de cassation et de la Cour europĂ©enne des droits de l’Homme», explique Didier Bourdon, de Transparency International, un des plaignants.
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