“If you have something to say, say it here on cameroonwebnews”

“Si vous avez quelque chose à dire, dites le sur cameroonwebnews”

Liberté de la presse: Le calvaire de NadÚge Christelle Bowa

Posted by Admin on Jan 18th, 2010 and filed under Featured. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

Par lemessager | Lundi 18 janvier 2010 | Le Messager


En quittant sa petite famille hier dimanche pour s’affairer Ă  son travail quotidien au journal Le Messager qui l’emploie, NadĂšge Christelle Bowa ne savait pas qu’elle passerait toute sa journĂ©e dans les mailles des Ă©lĂ©ments de gendarmerie du service central des recherches judiciaires de la gendarmerie nationale (SED). Tout commence dans les environs de 12 heures lorsqu’elle se prĂ©sente Ă  l’entrĂ©e principale de la gendarmerie nationale. Les procĂ©dures d’usage parmi lesquelles, son identification et le but de sa visite qui indique qu’elle va Ă  la rencontre de Michel Thierry Atangana sont dĂ©clinĂ©s. DĂ©tentrice d’un badge, un Ă©lĂ©ment de la gendarmerie en civil l’accompagne vers l’espace (une sorte de vĂ©randa) amĂ©nagĂ© et servant de lieu oĂč Michel Thierry Atangana (en dĂ©tention depuis bientĂŽt treize ans) reçoit ses visiteurs et un bain de soleil. Pendant les soixante minutes qui suivent, les Ă©changes sont cordiaux et sans heurts avec le dĂ©tenu.

« Nous avons discutĂ© de tout et de rien, il m’a fait part de ses conditions de dĂ©tention, de ses difficultĂ©s Ă  accĂ©der Ă  un traitement dĂ©cent malgrĂ© toutes les dolĂ©ances qu’il a formulĂ©es par Ă©crit et envoyĂ©es Ă  qui de droit (les personnes qui se sont succĂ©dĂ©es au poste de SED et celles envoyĂ©es au procureur de la RĂ©publique. Nous avons Ă©galement Ă©changĂ© sur les avancĂ©es de la procĂ©dure judiciaire, mais davantage sur cette autre audience (une nouvelle affaire qu’on lui colle sur la peau) prĂ©vue mercredi prochain et qui risque conduire vers une autre condamnation », explique NadĂšge Christelle Bowa. Elle affirme par dĂ©formation professionnelle, avoir sorti son calepin pour mentionner quelques notes. C’est lorsqu’elle prend congĂ© de celui-ci, en franchissant l’entrĂ©e qui mĂšne chez Michel Thierry Atangana, qu’elle fait face Ă  ses premiĂšres difficultĂ©s.

Il est 13 heures lorsque le gendarme qui assurait la garde, cĂšde son poste de service Ă  son collĂšgue. « Attendez qu’il revienne », lance ce dernier en direction de la journaliste. De retour aprĂšs ĂȘtre allĂ© s’enquĂ©rir du traitement qu’il fallait rĂ©server Ă  « l’impertinente » journaliste, le gendarme ouvre les hostilitĂ©s d’un interrogatoire doublĂ© de menaces qui vont durer un peu plus de deux heures d’horloge.  NadĂšge Christelle est interrogĂ©e sur ses attaches avec le dĂ©tenu, depuis quand ils se connaissent, ce qu’elle est venue faire, qui l’a envoyĂ©e, pourquoi n’a-t-elle pas dit qu’elle Ă©tait journaliste, ne sait-elle pas qu’il est interdit de communiquer avec un prisonnier sans disposer d’un permis de communiquer, que va-t-elle faire avec le fruit de sa collecte, etc. ? Devant le mutisme de NadĂšge Christelle Bowa, les gendarmes passent Ă  la mĂ©thode forte. Sous l’instigation de l’Adjudant Mvogo Damien, le sac Ă  main de la journaliste est fouillĂ© jusqu’au plus petit colifichet. Les cartes de visite sont explorĂ©es une par une, son appareil d’enregistrement est passĂ© Ă  l’écoute pour savoir ce qu’il en est du contenu ; les derniers appels de son tĂ©lĂ©phone portable sont passĂ©s au crible. Le calepin lui servant de bloc-notes est confisquĂ© et lui sera remis plus tard, dĂ©pouillĂ© de toutes les feuilles contenant sa collecte. AprĂšs avoir passĂ© au peigne fin le contenu de son sac, les gendarmes procĂšdent Ă  la rĂ©tention de tous les documents concernant de prĂšs ou de loin Michel Thierry Atangana.

« Il faut bien noter le calendrier des prises de garde, la prochaine fois que tu vas t’amuser Ă  venir ici lorsque c’est mon Ă©quipe qui est de garde, je prendrais mes responsabilitĂ©s de façon trĂšs musclĂ©e. Tu sauras de quel bois je me chauffe », fulmine l’Adjudant Ă  l’adresse de la journaliste. Des menaces de mort ou de torture qui en disent long sur l’animositĂ© et la rage qui animent les gendarmes. Le Lieutenant Colonel Ahmadou Bahagoibiri Ă  qui elle est prĂ©sentĂ©e, sans doute le chef du service, ne se montre guĂšre  plus coopĂ©ratif que ses Ă©lĂ©ments. AprĂšs avoir expressĂ©ment demandĂ© que la journaliste soit impĂ©rativement entendue sur procĂšs verbal, il va la libĂ©rer plus tard. Bien avant, il aura exigĂ© une confrontation entre la journaliste et  Thierry Michel Atangana. Ce dernier va subir un harcĂšlement des gendarmes sur le rĂŽle qu’il a jouĂ© pour que les documents, objets du dĂ©lit se retrouvent entre les mains de la journaliste. A quinze heures lorsque NadĂšge Christelle Bowa sĂ©rieusement « amochĂ©e », se libĂšre des griffes de ses cerbĂšres, elle est visiblement extenuĂ©e, mais plus que jamais engagĂ©e et dĂ©terminĂ©e Ă  ne pas accĂ©der au dĂ©couragement, ni Ă  lĂącher prise, Ă  cause de l’épreuve de feu qu’elle vient de subir.

Related posts:

  1. LibertĂ© de la presse – Le pays amĂ©liore son classement Georges Alain Boyomo | 27 Octobre 2009 | Mutations |...
  2. Presse: Le Prix Norbert Zongo va au Ghana Roger Niouga Sawadogo | 11/9/09 | AllAfrica.com Le prix Norbert...
  3. Laurent Gbagbo devant la presse : “Nous allons dĂ©sarmer par les armes” «Je vous ai dit que la pĂ©riode que nous connaissons...
  4. Visite de DĂ©by La presse Ă  capitaux privĂ©s tenue Ă  l’écart Par Alain Noah Awana  | Jeudi 29 octobre 2009 |Le...
  5. Le dĂ©partement d’Etat publie son rapport annuel sur la libertĂ© de culte Ă  travers le monde 10/27/09 | VOA | Le rapport 2009 critique les efforts...

Related posts brought to you by Yet Another Related Posts Plugin.

Comments are closed

Advertisement