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Affaire Olanguena : 260 millions Fcfa de subvention en faveur de l’Acms dĂ©tournĂ©s

Posted by Admin on Jul 29th, 2010 and filed under Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

L’ex-MinsantĂ© nie toute responsabilitĂ© et  dĂ©clare que trois  de ses prĂ©dĂ©cesseurs, dont Laurent Esso, ont  traitĂ© ce dossier d’octroie de fonds Ppte.

Le chef de la mission du ContrĂŽle supĂ©rieur de l’Etat au minsantĂ©, coauteur du rapport du Consupe  et tĂ©moin de l’accusation, Gilbert BayoĂŻ, dĂ©posait hier, mercredi 28 juillet 2010, devant la barre du Tgi.

Dans le face Ă  face qui l’a opposĂ© Ă  l’ex-MinsantĂ©, l’inspecteur d’Etat a Ă©clairĂ© le tribunal sur les 260 millions Fcfa de subvention, sur les accords de crĂ©dits et dons de la Banque mondiale et du Fonds mondial de lutte contre le sida, sur la gestion des moustiquaires et sur le financement de l’ouvrage « Sida en terre d’Afrique » de Olanguena Awono.

« Quels sont les Ă©lĂ©ments dont vous disposez, s’enquiert l’ex-ministre, pour prouver que le ministre s’est introduit dans le circuit informatique du ministĂšre pour effacer des donnĂ©es concernant les 260 millions Fcfa de subvention ? » RĂ©ponse  de l’inspecteur d’Etat : « En votre qualitĂ© d’ordonnateur du budget du ministĂšre de la SantĂ©, vous avez signĂ© un bon d’engagement de 260 millions Fcfa reprĂ©sentant une subvention en faveur de l’Association camerounaise de marketing social (Acms), il vous appartient de dire ce qu’il est advenu de ce bon qui n’a pas Ă©tĂ© effacĂ© du circuit informatique du ministĂšre. Aucune trace de ce bon n’apparaĂźt dans le listing des opĂ©rations effectuĂ©es : c’est la preuve que ce bon qui n’a pas Ă©tĂ© rĂ©glĂ© devait ĂȘtre annulĂ©. Dans notre observation n038 du rapport, nous notons que Olanguena et Dr Fezeu n’ont pu transmettre Ă  la mission du Consupe le bon de commande annulĂ©. Nous avons demandĂ© verbalement  et par Ă©crit les documents aux gestionnaires des archives. Il vous revenait, accuse l’expert, de les produire et c’est difficilement que nous avons obtenu des rĂ©ponses Ă  notre demande.

L’ordonnateur que vous ĂȘtes aurait du produire le bon annulĂ© : c’était notre demande. Lorsque le ministre engage une dĂ©pense, il engage  par le fait mĂȘme sa propre responsabilitĂ©. Il lui appartient d’apporter l’éclairage demandĂ©. M. Olanguena, accuse-t-il encore, ne voulait pas nous remettre les documents, notamment sur la gestion des fonds Ppte. Ce n’est pas de notre faute s’il ne l’a pas fait. Qu’il les remette devant votre tribunal ».  Et Olanguena de tenter d’engager la responsabilitĂ© de ses prĂ©dĂ©cesseurs : « trois ministres ont, rĂ©vĂšle-t-il, traitĂ© ce dossier de 260 millions Fcfa avant moi. Laurent Esso a Ă©tĂ© le premier à  monter et Ă  prĂ©senter ledit dossier Ppte ».  « La mission, rĂ©torque le tĂ©moin, ne devait pas rentrer en arriĂšre. Que Laurent Esso l’est montĂ© ou pas, c’est Olanguena qui a signĂ© le bon ».

Quitus du Fonds mondial

Sur les accords de crĂ©dits et les dons de la Banque mondiale et du Fonds mondial prĂ©voyant le transfert des ressources aux associations, transfert effectuĂ© en violation de la rĂ©glementation sur les marchĂ©s publics, Gilbert BayoĂŻ dĂ©clare que l’accusĂ© Ă©tait libre de transfĂ©rer mais cela devait se faire dans la rĂ©gularitĂ© : « nous faisons un contrĂŽle de rĂ©gularitĂ© et de l’effectivitĂ© de la prestation ». Sur le quitus donnĂ© par le Fonds mondial Ă  l’ex-ministre pour sa gestion des fonds allouĂ©s aux programmes de lutte, le tĂ©moin dĂ©clare qu’il n’a pas de jugement par rapport Ă  ce quitus donnĂ© sur la gestion de l’accusĂ©. « La mission a relevĂ©, selon lui, la pertinence des mesures prises par les bailleurs de fonds pour sĂ©curiser la gestion des fonds. Le fonds avait fait des observations sur maniĂšre dont fonds Ă©taient gĂ©rĂ©s, mais toutes n’étaient pas favorables au Cameroun »

Sur la fraude de l’accusĂ© concernant les 16 174 moustiquaires payĂ©es Ă  hauteur de 80,86 millions Fcfa, le tĂ©moin accuse : « M. Olanguena a Ă©tĂ© signataire de ce marchĂ©. C’est lui qui a engagĂ© l’Etat dans des transactions, c’est Ă  lui d’en justifier l’effectivitĂ©. ElĂ©ment probant ou pas, c’est le ministre qui a Ă©tĂ© signataire du marchĂ© et du bon d’engagement qui a donnĂ© lieu au paiement, mais nous n’avons pas eu la preuve de l’effectivitĂ© de la prestation. Il s’agit, relĂšve le tĂ©moin, d’un marchĂ© fictif. Nous avions demandĂ©, en vain, des justificatifs, mĂȘme par Ă©crit sur l’effectivitĂ© de la prestation au niveau de la comptabilitĂ© matiĂšres ». Et pourtant, dĂ©nonce Olanguena, « vous vous ĂȘtes fondĂ©s sur un faux Pv de rĂ©ception pour accuser le MinsantĂ© et ses collaborateurs, alors qu’ils n’ont rien rĂ©ceptionnĂ© ». Pour l’accusĂ©, « la dĂ©pense a Ă©tĂ© engagĂ©e et les fonds sont sortis. Nous mettons en cause tous les intervenants de la chaĂźne. C’est vos services qui ont fourni le faux Pv et c’est la preuve que nous avons demandĂ© les documents. Vous avez signĂ© le marchĂ© et le bon d’engagement et on nous a prĂ©sentĂ© un Pv qui s’avĂšre ĂȘtre un faux, ce n’est pas notre faux ».

« Ultime prĂ©occupation de l’accusĂ©, le chef de l’Etat a pourtant dĂ©clarĂ© le 31 dĂ©cembre 2005 que dans le domaine de la santĂ©, les rĂ©sultats sont incontestables ». Les lettres de fĂ©licitations, rĂ©torquent le tĂ©moin,  ne signifient pas que le gestionnaire n’a pas commis de faute de gestion. « Nous n’en n’avons pas d’ailleurs eu connaissance et nous aurions fait notre travail en dĂ©pit de ces fĂ©licitations ».
La cause a Ă©tĂ© renvoyĂ©e au 25 aoĂ»t 2010 Ă  la demande du Dr Feuzeu pris soudainement d’un malaise alors qu’il engageait l’interrogatoire du tĂ©moin Gilbert BayoĂŻ.

Financement de l’ouvrage « Sida en terre d’Afrique » par les Ă©ditions Priva

Sur l’accusation de production du livre « Sida en terre d’Afrique » par Olanguena avec les fonds du Cnls, Olanguena fait valoir le contrat d’édition le liant Ă  son Ă©diteur français Priva. « Savez-vous que les auteurs d’ouvrages sur le Sida avaient reçu des fonds pour encourager la production des documents comme moyen de lutte et avez-vous, par ailleurs pris connaissance du contrat d’édition me liant Ă  l’éditeur Priva et qui stipulait que tous les risques financiers reviennent Ă  l’éditeur ? »  RĂ©ponse de Gilbert BayoĂŻ : « apportez la preuve que vous avez donnĂ© ces documents, nous n’avons pas eu ces documents, nous ne pouvions pas nous substituer aux gestionnaires d’archives. Le contrat d’édition ne nous a pas Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©. C’est le marchĂ© de 540 millions Fcfa qui nous a intĂ©ressĂ©s  et le livre « Sida en terre d’Afrique ». C’est  sur l’aspect rĂ©gularitĂ© et effectivitĂ© de la dĂ©pense que nous nous sommes focalisĂ©s. Nous n’avons pas regardĂ© les subventions. Pour nous, la production du livre a Ă©tĂ© supportĂ©e par le Cnls alors que vous devriez le produire avec des fonds personnels : d’oĂč l’irrĂ©gularitĂ© relevĂ©e ». Revenant Ă  la charge, Olanguena rĂ©itĂšre, « retenez que l’impression du livre a Ă©tĂ© supportĂ©e par les Ă©ditions Priva qui s’est achevĂ©e en 2006 et c’est en janvier 2007 que le Cnls s’en est appropriĂ© par l’acquisition des exemplaires de l’ouvrage ».

Le Jour|29 Juillet 2010|Le Jour|


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