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Sud-ouest : Limbé aprÚs les exactions des éléments du Bir

Posted by Admin on Mar 1st, 2010 and filed under Featured, Politique. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. Both comments and pings are currently closed.

Écrit par Assongmo Necdem Ă  LimbĂ©| Lundi, 01 Mars 2010| Le Jour |

Des soldats ont blessĂ© 23 civils a Church street dans la nuit de 23 au 24 fĂ©vrier dernier. C’est avec apprĂ©hension que Andrew, vendeur de porc braisĂ©, dĂ©bute cette soirĂ©e du 25 fĂ©vrier 2010 Ă  Church Street, LimbĂ©. La veille, il n’y avait pas grand monde dans cette rue pourtant rĂ©putĂ©e l’une des plus chaudes de la ville,

chef lieu du dĂ©partement du Fako, rĂ©gion du Sud-Ouest. A Church street, les fĂȘtards se donnent rendez-vous dans les nombreux dĂ©bits de boissons. Voila que dans la nuit du 23 au 24 fĂ©vrier dernier, des soldats appartenant au dĂ©tachement Delta du Bataillon d’intervention rapide (Bir), ont mis fin a la joie qui rĂšgne d’habitude dans cette rue. Ils ont perpĂ©trĂ© des exactions sur  l’axe allant de Half mile jusqu’à New town.

« Il était presque minuit lorsque des soldats sont arrivés à pied du cÎté de New Town.  Armés de bùtons et de machettes, ils saccageaient tout sur leur passage. Ils bastonnaient des gens et cassaient les voitures garées », raconte une braiseuse de poisson. « La débandade était totale: les hommes et les femmes couraient dans tous les sens. Ceux qui tombaient étaient piétinés par la foule et les militaires en rajoutaient », poursuit-elle.

« Les assaillants avaient dĂ©jĂ  fait beaucoup de dĂ©gĂąts, mais Ă  Church Street, ils ont Ă©tĂ© trĂšs violents surtout qu’il y avait du monde Ă  bastonner. J’aurai jurĂ© qu’ils Ă©taient des bandits, n’eut Ă©tĂ© leur habillement. Tous vĂȘtus de noir, ils arboraient chacun soit un treillis court soit un treillis long. Certains chaussaient des rangers d’autres des sandales », soutient Valentin, tenancier du cabaret Sea palace.

« Nous Ă©tions Ă  l’intĂ©rieur et il y avait de la musique, poursuit-il. Tout Ă  coup, les portes se sont ouvertes suite Ă  un grand bruit. Des individus cassaient des bouteilles et distribuaient des coups de machette et de bĂąton. Pour se sauver, les gens montaient sur les tables, une s’est d’ailleurs cassĂ©e. D’aucuns se sont ruĂ©s vers la porte mĂ©tallique de derriĂšre qui a cĂ©dĂ© sous la pression. Le musicien Mota show Ă©tait venu prĂ©senter son nouvel album et apprĂ©cier les interprĂ©tations qui en sont faites. Il se serait griĂšvement blessĂ© si on ne l’avait pas secouru».

Issa Tchiroma
limbe_638_2Selon les tĂ©moignages, les militaires en furie sont partis au bout de quinze minutes, poursuivant leur razzia plus loin. DerriĂšre eux, il n’y a plus que de la dĂ©solation et des  blessĂ©s. Une braiseuse de poissons frappĂ©e Ă  la tĂȘte et un vendeur de porc, rouĂ© de coups, n’a toujours pas repris le travail. Dans un communiquĂ© rendu public le 25 fĂ©vrier dernier, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, a fait un dressĂ© un bilan de 23 blessĂ©s chez les civils dont deux griĂšvement atteints. Un soldat Ă©galement a Ă©tĂ© touchĂ©. Le ministre parle d’un incident ayant opposĂ© des Ă©lĂ©ments du Bir aux populations. Or les tĂ©moins et les victimes dĂ©mentent toute rĂ©sistance de leur part. Des sources au sein de l’armĂ©e confient que les Ă©lĂ©ments du Bir n’étaient pas en mission commandĂ©e. Ils ont quittĂ© en catimini leur base de Man O war bay situĂ©e sur les hauteurs Ă  prĂšs de 10 km de Limbe. A Church street, des tĂ©moins affirment que les militaires du Bir sont venus se venger suite a l’agression d’un des leurs il y a quelque temps. « C’était a Down beach, pas ici », s’indigne un jeune homme.

Peu aprĂšs le dĂ©part des assaillants, la gendarmerie et des Ă©lĂ©ments de la base navale sont arrivĂ©s. Les blessĂ©s ont Ă©tĂ© conduits Ă  l’hĂŽpital rĂ©gional de LimbĂ©. Des sources ici soutiennent que  Peter Ajoh, a Ă©tĂ© le seul internĂ©, car ayant reçu un coup de poignard Ă  la bouche. Quelques dents ont sautĂ©. « Le jeune homme devait ĂȘtre transfĂ©rĂ© Ă  Douala. Le Bir l’a emmenĂ© le 25 fĂ©vrier 2010, confie une infirmiĂšre. Elle se souvient qu’a son arrivĂ©e au petit matin du 24 fĂ©vrier, des militaires avaient assiĂ©gĂ© l’hĂŽpital. « ArmĂ©s de fusils, certains Ă©taient postĂ©s sur les toits des bĂątiments », ajoute la jeune  dame.

Une fois le jour levĂ© a Church street, le spectacle Ă©tait dĂ©solant. « Il y avait partout des dĂ©bris des vitres cassĂ©es, des Ă©paves de vĂ©hicules. Le sol Ă©tait macule de sang », soutient un vigile en service dans structure Ă©tablie sur cette rue. Les employĂ©s de la sociĂ©tĂ© Hysacam ont tout nettoyĂ©. Mais l’horreur est restĂ©e dans les mĂ©moires. La deuxiĂšme attaque du genre, car dit-on, Ă  LimbĂ©, les soldats s’étaient une fois dĂ©jĂ  attaquĂ©s Ă  toute la ville.

Témoignages

Emmaculet Bi, braiseuse de poissons : « J’ai vu les militaires renverser tout sur mon comptoir »
J’étais occupĂ©e Ă  disposer les poissons sur le barbecue lorsque tout a coup j’ai vu des gens courir vers moi. Je n’ai pas cherche Ă  savoir ce qui se passait. J`ai pris mes jambes Ă  mon cou, abandonnant toute ma marchandise. Je  me suis refugiĂ©e dans le bar devant lequel je vends. C’est de la que j’ai vu les militaires renverser tout sur mon comptoir. Ma voisine a aussi fui. Mais une autre a voulu sauver sa marchandise, elle a Ă©tĂ© sĂ©rieusement battue. Des clients qui se trouvaient devant sa table ont Ă©tĂ© dĂ©pouillĂ©s de leur argent et de leurs tĂ©lĂ©phones portables. Lorsque les gens du Bir sont partis, j’ai retrouvĂ© mes poissons par terre complĂštement Ă©crasĂ©s.  J’en avais achetĂ©s 30 kg Ă  24.000 F.cfa. Je n’avais vendu que 5.000 F.cfa. J’ai fait venir un photographe qui a filmĂ© les dĂ©gĂąts.

Andrew Kiven, braiseur de porc:
« Les militaires tapaient sur tout le monde »
J’étais en train de dĂ©couper de la viande pour un client lorsque les gars du Bir sont arrivĂ©s du cĂŽtĂ© de New town. Ils Ă©taient environ une dizaine et tapaient sur tout le monde. Sur le champ, je me suis refugiĂ© derriĂšre un bar. Dans ma course, je me suis blessĂ© au poignet. Mais j’avais si peur plus tard que je ne me suis pas dĂ©clarĂ© pour aller Ă  l’hĂŽpital. A cette heure, j’avais dĂ©jĂ  fait une recette de 14.000 F.cfa que j’avais sur moi heureusement. J’ai emportĂ© cet argent. Lorsque je suis revenu Ă  mon comptoir, il Ă©tait couvert, il y avait de la viande par terre. Le peu qui restait, jusqu`a 3h, il n’y avait plus de clients. Je l’ai donc emportĂ© chez moi. Depuis, l’activitĂ© a baissĂ©. Je fais une recette d’à peine 15.000 F.cfa, or en temps normal j’atteint souvent 40.000 F.cfa.

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