Propos recueillis par Cameroon Web News -
9/11/09
Cameroon Web News s’est entretenu avec « Le Combattant » Vendredi 4 Septembre 2009, juste après sa condamnation par le Tribunal de Première Instance de Bonanjo à Douala. Le leader de la Nouvelle Dynamique Africaine revient sur les raisons de ce verdict et promet de continuer le combat. Ensuite, Il passe en revue d’autres aspects de la politique Camerounaise. Lisez plutôt.
Combattant, comment allez-vous?
Comme je vous disais , j’ai été condamné aux dépens à payer une amende de 125.000 F.CFA. (cent vingt cinq mille F.CFA), et non à une peine privative de liberté.
Pourquoi avez-vous été condamné ? De quel procès s’agit-il?
On me reproche d’avoir remis en cause la présence du monument Leclerc situe a Bonanjo. Ce monument n’a plus sa place ici dans notre pays. J’ai estimé qu’il ne méritait plus d’être là car nous avons des compatriotes que nous devons honorer et nous ne pouvons pas le faire dans le cafouillage avec ce genre de monuments qui ne reflètent pas le choix fondamental de nos compatriotes. C’est la remise en cause de ce monument qui m’a été reprochée. Toujours est-il qu’il y a d’autres procès en cours qui concernent les manifestations et qui n’ont pas encore eu d’aboutissement. Comme vous pouvez le constater, le gouvernement cherche à intenter plusieurs procès contre moi.
Penser vous que l’approche des élections présidentielles de 2011 motive les attaques du gouvernement contre vous ?
Je ne sais pas quelles sont les motivations du gouvernement, mais ce qui est sûr c’est que les autorités doivent avoir des difficultés en ce moment avec les approches que nous défendons. Je crois qu’elles cherchent un moyen pour me mettre en prison afin de salir mon casier judiciaire. C’est donc dans cette logique que s’inscrit ce gouvernement.
Allez-vous faire appel de cette condamnation?
Nous allons faire appel dès le début de semaine [Lundi], car tel que le dossier a été présenté, je méritais un mois à deux ans de prison d’après la loi. J’ai été condamné à une amende pécuniaire, ce qui n’était pas prévu par loi. Donc il n’y a rien dans le dossier. De plus, le monument Leclerc ne fait pas partie du patrimoine national Camerounais.
Sur l’opposition et sa crédibilité
Nous approchons des élections présidentielles de 2011, et certains Camerounais disent que l’opposition manque de crédibilité, qu’est ce que vous faites pour restaurer cette image?
L’opposition n’est pas une dynamique établie en tant que telle. Il y a des gens qui posent des actes ou bien des gens qui s’y opposent. De plus, il y a plusieurs groupements dans l’opposition. Nous a NODYNA( La Nouvelle Dynamique Africaine), nous sommes fondamentalement liés à l’action qui nécessite que le système néocolonial qui nous gouverne jusqu’à ce jour et qui ne nous permet pas de prendre des décisions par nous mêmes soit aboli afin que les Camerounais soient autonomes.
Maintenant, Il y en a qui ne sont pas au pouvoir et qui se disent appartenir à l’opposition alors qu’en réalité ils se positionnent en douce dans le but de saisir l’occasion de remplacer ceux qui sont dans ce même pouvoir dès que celui-ci leur fera un appel des pieds et de préserver ainsi ce système néocolonial.
On voit donc qu’il y a plusieurs groupes qui constituent l’opposition.
D’après vous quelle serait la formule idéale pour avoir un candidat unique de l’opposition contre le représentant du RDPC?
Moi je ne crois pas que l’action que nous devons mener en ce moment ait pour objectif la nécessité d’être ensemble; quelle en serait l’importance si nous n’avons pas les mêmes points de vue. Je pense aussi que nous ne devons pas nous unir uniquement pour nous unir. Je pense que l’action que nous [l’opposition] devons mener c’est de faire en sorte que les élections se déroulent à deux tours. Les alliances pourront ainsi se créer sur la base des rapprochements que nous aurons eus.
Si nous nous unissons simplement pour nous unir, nous aurons des difficultés à l’arrivée pour gouverner. En revanche, il faudrait que chacun dans l’opposition propose une vision claire pour le Cameroun afin que le peuple sache qu’il a confié son destin à des gens qui portent ses aspirations à cœur.
Nous devons tout mettre en œuvre pour que la prochaine élection présidentielle soit à deux tours. Ceci doit être fait au plan local. Ce mois-ci, nous nous engagerons dans les revendications pré-électorales parmi lesquelles la nécessité d’une élection à deux tours figurera en bonne place.
Appel à la Diaspora
Combattant, avez-vous des contacts avec la diaspora? Si oui, quel soutien recevez-vous d’elle?
Malheureusement, nous avons des difficultés à avoir du soutien de la diaspora. Je ne sais pas comment elle est organisée. Nous cherchons effectivement à coordonner nos actions. Tout le monde te dit une chose aujourd’hui et l’inverse le lendemain. Il n’y a pas encore une équipe organisée dans la diaspora qui soutient une action totale. J’insiste sur un fait, pour tous nos concitoyens qui pensent qu’ils ont une contribution à apporter, qu’ils sachent que l’action locale est prioritaire et que les relais sont à l’extérieur. Il y a certains qui pensent qu’à l’extérieur il n’y pas une animation politique établie et effective.
Je voudrais à travers Cameroon Web News faire appel à la Diaspora afin quelle sache qu’elle peut prodiguer les moyens et formuler les orientations qui aideraient à la bonne marche de l’action locale.
Vacances coûteuses de Biya à la Baule.
Comme vous le savez déjà, les medias Français ont dévoilé comment le Président Paul Biya dilapide les fonds public Camerounais. Que faire pour mettre un terme à cette destruction de nos richesses?
Je crois que le débat sur ce que Biya fait ne nous intéresse plus. Ce qui nous intéresse c’est que Biya ne doit plus être président. Nous ne devons plus perdre de temps à spéculer sur ce qu’il fait, car il le fait depuis 25 ans. En revanche, comment faire pour que la gouvernance soit entre les mains des patriotes qui pensent à leur pays prioritairement avant de penser à eux-mêmes, c’est ça qui est notre débat.
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