Justin Blaise Akono, à Kyé-Ossi| 24 Décembre 2009 | Mutations
Le Minpostel a procédé à la pose de la pierre pour la construction de cet instrument à Kyé-Ossi.
“Il y a cinq ou six ans lorsque je suis venu ici en tant que secrétaire général de ce ministère, il fallait composer le 00237 pour joindre les autres localités du Cameroun”, évoquait mardi dernier à Kyé-Ossi, ville frontalière, porte d’entrée et de sortie pour la Guinée-Equatoriale, le ministre des Postes et Télécommunications (Minpostel). Jean-Pierre Biyiti bi Essam y est allé, avec le ministre de l’Economie Louis Paul Motaze et celui de l’Enseignement supérieur Jacques Fame Ndongo, procéder au lancement de la fibre optique, axe Yaoundé-Mbalmayo-Kyé-Ossi. Pour le ministre, cette opération participe du désenclavement de cette zone. “Nous suivrons désormais le poste nationale [de la Crtv] et la télévision nationale et des établissements bancaires pourront ouvrir”, espère le maire de la localité, qui compte, selon lui, quelque 30.000 habitants.
La pose de la fibre optique à Kyé-Ossi, symbolique pour l’occasion, car les responsables de Camtel (Cameroon télécommunications), société chargée de la gestion de cette fibre, il s’agit de l’une des étapes du projet “Backbone national”, consistant à installer 3.200 km de fibre optique sur toute l’étendue du territoire, à la faveur d’une convention signée avec la Cotco (Cameroon oil transportation company) le 26 novembre 2005, a rappelé le directeur général de Camtel, David Nkotto Emane. Même comme le Minpostel trouve en cette fibre optique à Kyé-Ossi, ” un facteur d’intégration sous-régionale. Kyé-Ossi étant au carrefour de trois pays que sont la Guinée-Equatoriale, le Gabon et le Cameroun “. Quant à l’intérêt pour les populations de Kyé-Ossi d’avoir la fibre comme l’a relevé le Minpostel, il a dit: ” Les gens pourront téléphoner, aller sur le Net, envoyer des mails, et même créer des sites Web pour héberger des contenus de leur choix “.
Sur le plan national, six axes allant de Kousseri à l’Extrême-Nord à Campo au Sud en passant par Limbe, Buea au Sud-Ouest et Bertoua à l’Est. ” Les travaux vont durer 18 mois. La capacité sera de 10 gigabits, ceci permettant 125.000 communications simultanées entre deux villes sans interférence “, a promis le Dg de Camtel. Le coût des travaux est estimé à près de 24 milliards Fcfa : un prêt de la Chine dont l’une des sociétés, Huawei, est chargée de poser la fibre optique. Le remboursement est étalé sur cinq ans, avec un différé de deux ans.
” La fibre optique sera à la disposition de tous les opérateurs. Elle contribuera à la baisse des coûts de communication “, a précisé David Nkotto Emane, qui venait ainsi préciser le monopole que détient son entreprise dans cette mission. Car, il y a quelques mois, un conflit presque ouvert avait opposé Camtel à l’opérateur de téléphonie mobile Mtn (mobile telephony network) à Douala. Cette dernière avait commencé à poser la fibre optique, dans l’objectif d’améliorer la qualité de son service. A l’issue de plusieurs réunions, Mtn selon l’un de ses responsables, avait alors décidé d’arrêter les travaux. Comme pour reprendre un humoriste : ” Camtel est le propriétaire et les autres sont des locataires “.
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