Blaise Djouokep|15 Juillet 2010|Mutations|
Des clients s’opposent de plus en plus au phénomène dans les taxis contre le gré des conducteurs.
Carrefour Bonakouamouang, il est 19 heures. Des passagers, alignés en file indienne, attendent impatiemment les taxis afin de regagner leur domicile après une journée de travail. Dans la foulée, un taxi avec à son bord une femme assise à l’avant, aux cotés du chauffeur, s’immobilise. Les passagers à destination de Terminus Saint Michel se bousculent pour monter à bord. Trois personnes prennent place à l’arrière du véhicule. La quatrième personne s’apprête à surcharger à l’avant du taxi quand elle fait face au refus catégorique de la femme présente à bord.
Même les injonctions du chauffeur ne lui feront pas changer d’avis. «Je ne me recule pas. On ne me surcharge pas. Si vous saviez que vous deviez surcharger, il fallait me dire pour que je m’asseye à l’arrière du taxi», lance la femme. Le ton monte. La femme refuse de descendre du taxi tel que lui intime le chauffeur. Elle s’oppose aussi à la proposition qui lui est faite de d’asseoir à la banquette arrière du véhicule. Il a fallu l’intervention des autres passagers pour que le chauffeur s’en aille. «C’est de son droit. Si elle ne veut pas être surchargée, il faut la laisser tranquille. Le taxi prend cinq places et non six», pouvait-on entendre.
La surcharge est devenue monnaie courante. De plus en plus, les chauffeurs de taxis prennent six, voire sept personnes (trois à l’avant et quatre à l’arrière) à bord malgré l’avis des passagers. Une attitude qui est justifiée par la conjoncture actuelle et qui n’est pas toujours du goût des passagers. C’est ainsi que certains passagers s’opposent de plus en plus à la surcharge, surtout sans leur accord. «Si le chauffeur veut surcharger, il doit d’abord demander mon avis car la surcharge est une infraction car le taxi a été conçu pour cinq places et pas une de plus. Donc toute surcharge doit se faire de commun accord», indique Martin Tchenkep qui déplore par ailleurs le silence complice de la police.
Pourtant, du côté des forces du maintien de l’ordre, on se veut plutôt rassurant. «Cela n’est pas encore notre priorité. Nous recevons des instructions et nous agissons au moment opportun. Nous ne pouvons pas agir en marge de la hiérarchie», indique, sous anonymat, un officier de police. Le passager a-t-il le droit de refuser de descendre du véhicule? «Le client a le droit de refuser de se faire surcharger. Dans ce cas, si le chauffeur tient absolument à la surcharge, il fait descendre le client qui ne paie pas, car le contrat liant le chauffeur et le passager veut que ce dernier soit déposé à destination n’étant pas rempli», indique Me Levy Deffo. L’avocat indique par ailleurs que le client ne peut avoir le droit de refuser de descendre du véhicule. La seule option qui se pose à lui est de descendre du taxi sans payer, car le contrat n’étant pas rempli.
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