Son Vice-président -Dieudonné Massi Gams – a dirigé hier à Yaoundé deux cérémonies ayant toutes pour objectif d’éradiquer le fléau au Cameroun.
«Il existe une réelle distance entre l’engagement du Cameroun à signer et/ou à ratifier les Conventions et traités internationaux, et une réelle volonté de les mettre en application. Ce qui fait dire aux observateurs que le pays joue le jeu des relations internationales pour soigner son image sans pour autant démontrer une réelle volonté de lutte effective contre l’impunité». Le constat figure en tête des conclusions de l’étude sur la consolidation de la Coalition nationale de lutte contre la corruption (Cnlc) dont la restitution a eu lieu hier au Palais des congrès de Yaoundé.
Cette étude a été menée auprès des représentants des organisations de la société civile, des responsables des administrations publiques, des autorités administratives et des représentants des partenaires techniques et financiers, sur six des dix régions du pays (Adamaoua, Centre Littoral, Nord-Ouest, Ouest et Sud-Ouest).
Elle pose par ailleurs que «l’éradication ou tout au moins la réduction de l’intensité de la corruption au Cameroun doit être recherchée ailleurs que dans les seules réformes institutionnelles et structurelles qui ont démontré leurs limites».
«Nos résultats prouvent qu’on ne peut plus se contenter de sensibiliser. Il faut vraiment sévir et punir les personnes reconnues de pratique de corruption», soutenait Raymond Onana, l’un des experts de la Conac qui ont conduit la présente étude. «Sinon, renchérit Dieudonné Massi Gams, le Vice-président de la Conac, nous ne pourrons pas nous défaire de cette honteuse réputation de pays corrompu que nous traînons sur le plan international».
La Cnlc compte une cinquantaine de membres. Ils se recrutent dans les associations, les Organisations non gouvernementales, les syndicats, les médias, les confessions religieuses. La Cnlc a bénéficié d’un financement du Programme de renforcement des capacités des structures de contrôle du Cameroun dans le cadre de cette étude, qui avait aussi pour mission d’harmoniser, les rapports entre la Conac et les autres membres de la Cnlc et de consolider leurs rapports.
Propositions
Cette cérémonie s’est tenue après l’atelier sectoriel qui s’est ouvert au Mansel Hôtel de Yaoundé; Ledit atelier vise à «procéder au diagnostic de la corruption dans le secteur des finances, principalement, aux Douanes, aux Impôts et au Trésor, dont vous connaissez l’importance dans l’économie de notre pays», a relevé Dieudonné Massi Gams, l’actuel Vice-président de la Conac. Ce diagnostic devra aboutir à une somme de recommandations à même de juguler, ou au moins, de diminuer significativement le fléau dans le secteur des régies financières. «Il ne s’agit pas de jeter l’anathème sur qui que ce soit. Mais d’œuvrer en synergie pour dégager des propositions communes et efficaces», a tenu à rappeler Dieudonné Massi Gams.
En 2009, la Conac avait déjà anticipé sur ces propositions dans le cadre du forum sur la corruption en milieu d’affaire, en recommandant, entre autres, l’adoption d’un statut particulier des fonctionnaires des régies financières et la simplification des procédures administratives en vigueur dans ce secteur.
Serge D. Bontsebe |27 Juillet 2010|Mutations|
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