Widgetized Section

Go to Admin » Appearance » Widgets » and move Gabfire Widget: Social into that MastheadOverlay zone

Bandjoun–Nkongsamba : Des vacanciers installent la fibre optique

Levés tôt chaque matin, femmes, hommes et enfants prennent la direction du chantier. Ils mesurent, creusent et posent la fibre optique. Plus de 200 personnes opèrent ainsi chaque jour. Avec les vacances scolaires, les élèves sont les plus nombreux. Des enfants de moins de 10 ans, coachés par les parents ou les aînés, trouvent à faire dans ce chantier où l’ambiance est plutôt enjouée, du fait que les patrons chinois ne parlent pas français et s’expriment par des grimaces.

Une première équipe nettoie et mesure des espaces de 5m. Les enfants qui la composent sont payés 2500 Fcfa la journée. La seconde, composée de plus robustes, creuse. Un trou profond de 1,20m est payé à 500 Fcfa. Aucune exigence n’est faite sur la largeur mais il faut être capable d’y entrer. Depuis le début de l’opération, quelques fossoyeurs ont déjà creusé 25m en une journée, et avouent que cela rend malade. « Si tu ne fais pas attention, tu souffriras de courbatures», confie Louis-Paul Chendjou. La dernière équipe aide à poser le tuyau et à remblayer le trou. A 100 Fcfa le mètre de remblai, c’est la chasse gardée des enfants et des femmes, qui travaillent avec des houes. Des familles et des amis, surtout originaires de la région du Nord-Ouest, travaillent à la chaîne. Certains constituent également des équipes de 15 personnes au moins, et sont payés à part.

Franklin Kamtche | Mardi, 03 Août 2010|Le Jour |

Héraclès fomi  : L’ami des Chinois

Chaque jour, le petit ouvrier gagne 2 500 Fcfa dans ce chantier.

Sur le chantier de la pose de la fibre optique, Héraclès Fomi, 13 ans, apparaît comme un privilégié. Elève en classe de 3ème année électricité au lycée technique de Bafang, il est très proche des contremaîtres chinois. Il fait partie, avec deux autres jeunes un peu plus âgés, de l’équipe qui définit les mesures des espaces qui vont être creusés. Une position privilégiée, parce qu’ils renseignent les “creuseurs” sur la qualité du sol.

Fomi travaille directement sous les ordres d’un Chinois, qui le paie chaque soir, contrairement aux autres, qui doivent attendre le passage des sous-chefs camerounais. Sa proximité avec le patron est d’ailleurs visible à travers les multiples blagues qu’il adresse, entre deux coups de machette, à ce dernier, qu’il appelle affectueusement “Chinois”. Sur leur passage, d’autres jeunes les suivent et imitent des gestes de karaté ou de kung-fu à l’adresse de cet étranger venu d’Orient.

Sa rencontre avec les Chinois, Fomi la doit à la proximité de sa maison familiale avec la base de ceux-ci, au quartier Ketcho, à Bafang. Depuis le mois de mai, il embarque chaque matin dans la voiture de ramassage pour le chantier. Même les dimanches. «Nous coupons les herbes sur l’espace que le Chinois nous montre et il mesure les cinq mètres à creuser», nous apprend-t-il. « Il ne parle pas français. Nous communiquons seulement par des signes », précise l’enfant.

Septième fils d’un père de 10 enfants qui vend occasionnellement de l’huile de palme, il pense que la prochaine rentrée scolaire sera exceptionnelle. « Depuis le début du chantier, je gagne chaque jour 2500 Fcfa. Je dépense très peu parce que je rentre avec les Chinois. Mon père ne va pas souffrir cette année ». A côté des livres neufs, des habits et chaussures à la mode, l’enfant pense également à ses cadets, qui pourront bénéficier du fruit de son « stage de vacances ». Encore que les travaux s’étendront les prochains jours sur plus de 25 km, entre Kékem et Nkongsamba.

F.K.




 

You must be logged in to post a comment Login